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Discours de B. OBAMA justifiant le rapprochement avec Cuba (mars 2016)

« Comme tant de gens dans nos deux pays, au cours de ma vie, je n’ai connu que cette période d’isolement entre nous. La Révolution cubaine a eu lieu l’année où mon père est venu aux États-Unis en provenance du Kenya. L’invasion de la « baie des Cochons » a eu lieu l’année où je suis né. Et l’année suivante, en regardant nos deux pays, le monde entier retenait son souffle : l’humanité s’est approchée plus près que jamais de l’horreur de la guerre nucléaire. Au fil des décennies suivantes, nos gouvernements se sont installés dans une confrontation sans fin, à travers des conflits par tiers interposés. Dans un monde qui se transformait à maintes reprises, une chose demeurait constante, le conflit entre les États-Unis et Cuba. Je suis venu ici pour enterrer le dernier vestige de la Guerre froide dans les Amériques. Je suis venu ici pour tendre la main de l’amitié au peuple cubain.

Je veux être clair. Les différences entre nos gouvernements au cours de ces nombreuses années sont réelles et sont importantes. […] Cuba a un système de parti unique ; les Etats-Unis sont une démocratie multipartite. Cuba a un modèle économique socialiste ; les Etats-Unis pratiquent l’économie de marché. Cuba a mis l’accent sur le rôle et les pouvoirs de l’État ; les Etats-Unis sont fondés sur les droits de l’individu.

Malgré ces différences, le 17 Décembre 2014, le président CASTRO et moi avons annoncé que les Etats-Unis et Cuba devraient entamer un processus de normalisation des relations entre nos pays. […] Pourquoi maintenant ? La réponse est simple : ce que faisaient les États-Unis ne fonctionnait pas. Nous devons avoir le courage de reconnaître la vérité. Une politique d’isolement conçu à l’époque de la Guerre froide n’a guère de sens au XXIe siècle. L’embargo n’a fait du tort qu’au peuple cubain au lieu de l’aider. […] En tant que président des États-Unis, j’ai demandé à notre Congrès de lever l’embargo. C’est un fardeau obsolète pour le peuple cubain. C’est un fardeau pour les Américains qui veulent travailler et faire des affaires ou investir ici à Cuba. Il est temps de lever l’embargo. […]
L’histoire des États-Unis et de Cuba a connu la révolution et le conflit ; la lutte et le sacrifice ; la rétribution et, maintenant, la réconciliation. Il est temps, maintenant, pour nous de laisser derrière le passé. »

 

Discours du président des Etats-Unis Barack OBAMA à La Havane (Cuba) le 22 mars 2016 (discours en intégralité)

Les grandes sources de tension au Moyen-Orient selon B. OBAMA (2009)

« Dans un passé relativement récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s’est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l’Occident un élément hostile aux traditions de l’islam. […]
Permettez-moi de m’exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.
La première est celle de l’extrémisme violent sous toutes ses formes. À Ankara, j’ai fait clairement savoir que l’Amérique n’est pas – et ne sera jamais – en guerre contre l’islam. (Applaudissements) […] Voilà maintenant plus de sept ans, forts d’un large appui de la communauté internationale, les Etats-Unis ont donné la chasse à Al Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. […]
Je voudrais aussi aborder le dossier de l’Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des désaccords marqués dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. […]
La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe. […] Depuis des dizaines d’années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l’attention sur la dislocation consécutive à la fondation d’Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l’hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l’objet à l’intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l’une ou l’autre partie, nos œillères nous cacheront la vérité : la seule solution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. […]
La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l’égard des droits et des responsabilités des Etats concernant les armes nucléaires. Cette question a constitué une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Pendant de nombreuses années, l’Iran s’est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. […] Chaque pays, y compris l’Iran, devrait avoir le droit d’avoir accès à l’énergie nucléaire pacifique s’il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. »

 

Discours du président américain Barack OBAMA au Caire (Egypte) le 4 juin 2009 (discours en intégralité)

« L’Amérique est de retour » (discours de B. OBAMA, 2012)

« Nous nous réunissons ce soir bien conscients que cette génération de héros a fait des États-Unis un pays plus sûr et plus respecté à travers le monde. Pour la première fois en neuf ans, il n’y a pas d’Américains qui combattent en Irak. Pour la première fois en deux décennies, Oussama BEN LADEN n’est plus une menace pour ce pays. La plupart des hauts responsables d’al-Qaïda ont été vaincus. L’élan des talibans a été brisé, et une partie de nos soldats déployés en Afghanistan commencent à rentrer aux États-Unis. […]

En outre, nous facilitons la tâche aux entreprises pour qu’elles puissent vendre leurs produits dans le monde entier. […] Il n’y a pas un endroit au monde que je négligerai pour ouvrir de nouveaux marchés pour les produits américains. Et je ne resterai pas les bas croisés quand nos concurrents ne respectent pas les règles du jeu. Nous avons déposé des plaintes contre la Chine à un rythme près de deux fois supérieur à celui du gouvernement précédent – et cet effort a porté ses fruits. Plus d’un millier d’Américains ont un emploi aujourd’hui parce que nous avons stoppé une flambée d’importations de pneus chinois. Mais nous devons faire plus encore. Il n’est pas normal qu’un pays laisse pirater nos films, notre musique, nos logiciels. Il n’est pas juste que des industriels étrangers aient l’avantage sur nous uniquement parce qu’ils sont lourdement subventionnés. […]

En mettant fin à la guerre en Irak, nous avons pu infliger des coups décisifs à nos ennemis. Du Pakistan au Yémen, les agents d’al-Qaïda qui demeurent sont en fuite, et ils savent qu’ils ne peuvent pas se soustraire aux États-Unis d’Amérique.

Grâce à cette position de force, nous avons commencé à mener la guerre en Afghanistan à sa fin. Dix milliers de nos soldats sont revenus au pays. Vingt-trois mille de plus seront rapatriés d’ici la fin de l’été. La passation de la responsabilité aux Afghans se poursuivra et nous forgerons un partenariat durable avec l’Afghanistan pour que ce pays ne soit plus jamais une source d’attaques contre l’Amérique.

Au moment où le flux de la guerre se retire, une vague de changement déferle sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, de Tunis au Caire, de Sanaa à Tripoli. Il y a un an, KADHAFI était l’un des dictateurs les plus anciens de la planète – un assassin avec du sang d’Américains sur les mains. Aujourd’hui, il n’est plus. Et en Syrie, il ne fait pour moi pas de doute que le régime d’ASSAD découvrira bientôt que la force du changement est irrésistible et qu’on ne peut écraser la dignité des gens.

Nous ne savons pas exactement comment s’achèvera cette transformation extraordinaire. Mais nous sommes intéressés au premier chef par son issue. Et bien qu’il revienne au bout du compte aux peuples de la région de décider de leur destin, nous encouragerons les valeurs qui ont été si avantageuses à notre pays. Nous nous dresserons contre la violence et l’intimidation. Nous défendrons les droits et la dignité de toutes les personnes humaines – hommes et femmes ; chrétiens, musulmans et juifs. Nous soutiendrons les politiques qui favorisent l’émergence de démocraties solides et stables et de marchés ouverts, car la tyrannie ne fait pas le poids face à la liberté.

En outre, nous protégerons la sécurité des États-Unis contre ceux qui menacent nos citoyens, nos amis et nos intérêts. Regardez l’Iran. Grâce à la force de notre diplomatie, un monde naguère divisé sur la façon de gérer le dossier nucléaire iranien ne fait maintenant plus qu’un. Le régime est plus isolé que jamais ; ses dirigeants font face à des sanctions paralysantes, et tant qu’ils se déroberont à leurs responsabilités, cette pression ne fléchira pas. Qu’il n’y ait aucun doute à ce sujet : les États-Unis sont déterminés à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, et je garde toutes les options sur la table pour atteindre cet objectif. Mais une résolution pacifique de cette question reste possible, cette option étant nettement la meilleure, et si l’Iran change de direction et s’acquitte de ses obligations, il pourra rejoindre la communauté des nations.

Le renouvellement du leadership américain se fait sentir sur toute la planète. Nos plus anciennes alliances en Europe et en Asie sont plus fortes que jamais. Nos liens avec les Amériques sont plus profonds. Notre attachement absolu – et je dis bien absolu – à la sécurité d’Israël se traduit par la coopération militaire la plus étroite de l’histoire entre nos deux pays. Nous avons fait clairement comprendre que les États-Unis sont une puissance dans le Pacifique […]. Des coalitions que nous avons forgées pour sécuriser le matériel nucléaire aux missions que nous avons menées contre la faim et la maladie, des coups que nous avons assenés à nos ennemis à la force immuable de notre exemple moral, l’Amérique est de retour.

Quiconque vous dirait autrement, quiconque vous dirait que les États-Unis sont en déclin ou que notre influence s’est érodée, ne sait pas de quoi il parle. Ce n’est pas le message que nous entendons de la part de dirigeants du monde entier, qui sont tous impatients de collaborer avec nous. Ce n’est pas le sentiment des gens de Tokyo à Berlin ou du Cap à Rio, où l’opinion que l’on a des États-Unis n’a jamais été aussi bonne depuis de nombreuses années. Oui, le monde est en train de changer ; non, nous ne pouvons pas contrôler chaque événement. Mais l’Amérique reste la nation qui est indispensable aux affaires mondiales – et tant que je serai président, j’ai l’intention qu’il en soit toujours ainsi. […]

Chaque fois que je regarde ce drapeau, il me rappelle que les fils de notre destin sont cousus ensemble comme ses cinquante étoiles et ses treize bandes. Cette Nation est grande car nous l’avons bâtie ensemble. Cette Nation est grande car nous travaillons en équipe. Cette Nation est grande car nous nous défendons les uns les autres. Et si nous restons fidèles à cette vérité, en ce moment d’épreuve, il ne saurait y avoir de défi trop grand ou de mission trop difficile. Tant que nous sommes unis dans un but commun, tant que nous maintenons notre détermination commune, nous allons de l’avant, notre avenir est plein d’espoir et l’état de notre Union sera toujours solide.

Je vous remercie, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique. »

 

Discours du président Barack OBAMA sur l’état de l’Union prononcé devant le Congrès (Chambre des représentants et Sénat) réuni au Capitole (Washington) le 24 janvier 2012 à Washington.

Partager le « fardeau » de la sécurité mondiale (OBAMA, 2012)

Nous recherchons la sécurité de notre Nation, de nos alliés et de nos partenaires.

Nous recherchons la prospérité qui découle d’un système économique international ouvert et libre.

Et nous recherchons un ordre international juste et durable, où les droits et les responsabilités des nations et des personnes sont respectés, notamment les droits fondamentaux de tout être humain. […]

Par opposition à la vision meurtrière des extrémistes violents, nous nous joignons, dans le monde entier, à nos alliés et partenaires, pour bâtir leur capacité à promouvoir la sécurité, la prospérité et la dignité humaine. Les capacités croissantes de nos alliés et partenaires, qui viennent d’être démontrées par la mission réussie de protection du peuple libyen1, nous offrent de nouvelles occasions de partager le fardeau.

Faire face à ces défis ne relève pas seulement de l’armée, et c’est pourquoi nous avons renforcé tous les outils de la puissance américaine, y compris la diplomatie et l’aide au développement, le renseignement et la sécurité intérieure. […] Alors que nous terminons les guerres actuelles et que nous reformatons2 notre armée, nous allons conserver des forces militaires agiles, flexibles et prêtes à réagir à toutes les situations. […]

Les choix fiscaux auxquels nous sommes confrontés sont difficiles, mais cela ne doit faire aucun doute – ni ici aux États-Unis, ni dans le monde –, nous conserverons une armée qui est la force de combat la mieux entraînée, la mieux dirigée et la mieux équipée de l’histoire. Et dans un monde changeant qui réclame notre leadership, les États-Unis d’Amérique resteront la plus grande force pour la liberté et la sécurité que le monde ait jamais connue. »

1 – Intervention contre le colonel KHADAFI initiée en 2011 par la France et le Royaume-Uni.

2 – Les effectifs de l’armée américaine sont diminués.

 

Barack OBAMA, préface au rapport Maintenir le leadership mondial des États-Unis : les priorités de la défense pour le XXIe siècle, présenté à Washington le 3 janvier 2012.

États-Unis et Chine : un accord de principe pour le climat (2014)

« En tant que [représentants] des deux plus grandes économies de la planète, grands consommateurs d’énergie et émetteurs de gaz à effet de serre, nous avons une responsabilité particulière dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Voilà pourquoi, aujourd’hui, je suis fier de pouvoir vous annoncer un accord historique. Je félicite le président XI [Jinping] et le gouvernement chinois de l’engagement qu’ils prennent de ralentir les émissions de carbone de la Chine, de les limiter puis d’en inverser la courbe.
Aujourd’hui, je peux également annoncer que les États-Unis se sont fixés un nouvel objectif de réduction de leurs émissions nettes de gaz à effet de serre : d’ici l’année 2025, elles devront être inférieures de 26 à 28 % par rapport au niveau atteint en 2005. Cet objectif est ambitieux, mais il est réalisable. […]
Ce moment marque une étape importante dans les relations sino-américaines ; il montre que, face à un défi mondial de première importance, il nous est possible de travailler ensemble. En outre, en faisant cette annonce aujourd’hui, ensemble, nous espérons encourager toutes les grandes économies à être ambitieuses – tous les pays, développés et en développement – et à transcender les vieux clivages, afin que nous puissions conclure un accord climatique mondial constructif l’année prochaine1. »

 

1 – Allusion à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Allocution prononcée par le président américain Barack OBAMA et le président chinois XI Jinping lors d’une conférence de presse conjointe, Palais de l’Assemblée du peuple, Pékin, 12 novembre 2014.