La vision gaulliste de la France résistante persiste sous POMPIDOU (1973)

« Je parle au nom des associations de Résistants […], du général DE GAULLE, pour les survivants et pour les enfants des morts. […]

L’histoire des Glières* est une grande et simple histoire […]. Le premier écho des Glières ne fut pas celui des explosions [mais celui de] l’un des plus vieux langages des hommes, celui de la volonté, du sacrifice et du sang. […]

Passant, va dire à la France que ceux qui sont tombés ici sont morts selon son cœur. Comme tous nos volontaires […], comme tous les combattants de la France en armes et de la France en haillons, nos camarades vous parlent par leur première défaite comme par leur dernière victoire, parce qu’ils ont été vos témoins. […]

Les gens des villages sans lesquels le maquis n’aurait pu ni se former ni se reformer ; ceux qui ont sonné le glas pour lui ; ceux que les hitlériens ont déporté, ceux qu’ils ont fait courir pour rigoler, pendant la répression, devant leurs mitrailleuses qui les descendirent tous. […]

Peu importent les noms, que nul ne saura jamais. Ici, nous nous appelions la France. […] La mort connaît le murmure des siècles. Il y a longtemps qu’elle voit ensevelir les tués et les vieilles. Il y a longtemps qu’elle entend les oiseaux sur l’agonie des combattants de la forêt ; ils chantaient sur les corps des soldats de l’An II. »

 

*Le maquis des Glières est le premier maquis de la Résistance à affronter directement la Milice de Vichy et l’armée allemande en mars 1944. Toutes les composantes de la Résistance y sont unies dans le combat.

 

Discours d’André MALRAUX à l’occasion de l’inauguration du monument du plateau des Glières, 2 septembre 1973

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