Georges POMPIDOU souhaite oublier les « années sombres » (1972)

Le chef de la Milice de Lyon, Paul TOUVIER, est condamné à mort par contumace après la guerre. Le président de la République, Georges POMPIDOU, le gracie partiellement en 1971. Face aux réactions et interrogations, il tente de clarifier les choses au cours d’une conférence de presse.

 

« Notre pays, depuis un peu plus de trente ans a été de drame national en drame national. Ce fut la guerre ; la défaite et ses humiliations ; l’Occupation et ses horreurs ; la libération, par contrecoup l’épuration et ses excès, reconnaissons-le ; et puis la guerre d’Indochine ; et puis l’affreux conflit d’Algérie et ses horreurs des deux côtés ; et l’exode d’un million de Français chassés de leurs foyers ; et du coup l’OAS et ses attentats, ses violences, et par contrecoup la répression.

Alors, ayant été, figurez-vous, dénoncé par les agents de Vichy à la police allemande, ayant échappé deux fois à un attentat de l’OAS […] – une fois au côté du général DE GAULLE et l’autre fois à moi destiné, je me sens le droit de dire : allons-nous éternellement entretenir saignantes les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entredéchiraient et même s’entretuaient ?

Et je ne dis pas ça, même s’il y a des esprits forts, par calcul politique, je le dis par respect de la France. »

 

Conférence de presse du président Georges POMPIDOU, 21 septembre 1972.

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