Une vision subjective de la guerre d’Algérie par le FLN au lendemain de l’indépendance

« Pendant sept ans et demi d’une guerre cruelle, le peuple algérien a tenu tête à l’une des plus fortes puissances coloniales du siècle : plus d’un million de soldats français ont été mobilisés à cet effet avec tout leur armement moderne : aviation, artillerie, blindé, marine.

La France est arrivée à dépenser jusqu’à trois milliards de francs par jour. Elle a tenté, avec l’aide d’une grande partie du peuplement européen en Algérie, de lutter désespérément pour le maintien de l’Algérie française. Face à cette puissance, qu’avait à opposer le peuple algérien ? D’abord sa foi en la justesse de sa cause, la confiance en lui-même et en ses destinées et la volonté inébranlable de briser les chaînes du colonialisme : ensuite et surtout, son unanimité dans la lutte. Les Algériens – hommes et femmes, jeunes et vieux, d’Alger à Tamanrasset et de Tébessa à Mamia – se sont dressés dans leur totalité dans la guerre de libération. […]

Cette lutte a été d’un précieux enseignement pour les peuples subjugués par l’impérialisme. Elle a détruit le mythe de l’invincibilité de l’impérialisme. Tout en conduisant à la libération de l’Afrique, elle a démontré qu’un peuple, aussi petit soit-il, et avec des moyens réduits, peut tenir tête à un impérialisme même très puissant et arracher sa liberté. »

 

Proclamation de Benyoucef BENKHEDDA (président du Gouvernement provisoire de la République algérienne) au nom du Front de libération nationale (FLN), 19 mars 1962

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