III. 1. Les États-Unis et le monde depuis les « 14 points » du Président Wilson

  • I] 1918-1941 : LES ÉTATS-UNIS SONT DÉJÀ UNE PUISSANCE QUI HÉSITE A S’INVESTIR DANS LES AFFAIRES DU MONDE

    A) La première guerre mondiale : une entorse à la tradition isolationniste des États-Unis
    -Un isolationnisme relatif

    -L’entrée en guerre en 1917 : une guerre pour la paix
    -Les 14 points de WILSON : les États-Unis souhaitent organiser la sécurité mondiale (1918)

    B) A partir de 1919, un retour théorique à l’isolationnisme
    -Le Sénat américain refuse de signer le traité de Versailles (mars 1920)

    -Les États-Unis sortent de la guerre grandis et plus puissants
    -Un rayonnement mondial : les débuts du « modèle américain »

    C) Une puissance en reconstruction et en repli (1929-1941)
    -Une lutte individualiste contre la Grande dépression

    -Les lois de neutralité face à la guerre imminente (1935-1939)
    -Un engagement progressif dans la Seconde Guerre mondiale

    II] 1941-1990 : UNE PUISSANCE CLAIREMENT AFFIRMÉE AUX AMBITIONS MONDIALES

    A) Le grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale à tous les niveaux
    -Une puissance indispensable à la victoire des Alliés

    -Une puissance totale engagée dans la guerre
    -Les États-Unis, architectes d’un monde nouveau

    B) Durant la guerre froide, les États-Unis deviennent la puissance dominante du monde libre
    -L’URSS, rival pour la domination du monde

    -Le leader incontestable du Bloc ouest
    -Une puissance qui intervient dans l’ensemble du monde

    C) Le hard et le soft power américains se développent intensément depuis la Seconde Guerre mondiale
    -Une puissance économique confrontée aux perturbations du second XXe siècle

    -Un pays engagé dans une compétition technologique
    -Une puissance à l’influence culturelle à son apogée

    III] DOMINATION ET REJET : LES ÉTATS-UNIS D’UN MONDE UNIPOLAIRE A UN MONDE MULTIPOLAIRE DEPUIS 1990

    A) Dans les années 1990, les États-Unis sont les « gendarmes du monde » : hyperpuissance et multilatéralisme
    -Les États-Unis ont gagné la guerre froide

    -Les États-Unis à la tête d’un nouvel ordre mondial (George BUSH)
    -CLINTON et les limites du multilatéralisme

    B) La tentation de l’unilatéralisme dans les années 2000 face aux nouvelles menaces
    -Une nation touchée sur son sol : les attentats du 11 septembre 2001

    -La doctrine Georges W. BUSH : les États-Unis contre « l’Axe du Mal »
    -La guerre en Irak (2003) et le développement de l’anti-américanisme

    C) Depuis 2008, un retour au multilatéralisme dans un monde multipolaire ?
    -Une puissance touchée par la crise et dépassée par la Chine

    -Sur le plan international, OBAMA amorce un relatif désengagement et un certain retour à l’isolationnisme
    -L’élection de D. TRUMP (2016) et les contradictions de la puissance américaine

  • CITATIONS

     « Le devoir des grands États est de servir et non de dominer le monde. » (Harry TRUMAN, discours du 16 avril 1945)

    « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. » (John F. KENNEDY, adresse au premier anniversaire de l’Alliance pour le Progrès le 13 mars 1962)

    « L’histoire a lancé aux États-Unis et à leurs alliés un appel à l’action, et c’est tout autant notre responsabilité que notre privilège que de mener ce combat pour la liberté. » (George W. BUSH, discours sur l’état de l’Union, 29 janvier 2002)

    « Je ne suis pas contre toutes les guerres ; je suis seulement contre les guerres idiotes. » (Barack OBAMA, discours de 2002 prononcé en tant que sénateur)

    « Nous allons rendre à notre pays sa grandeur. […] Je serai le meilleur président pour l’emploi que Dieu ait mis sur Terre. Je récupérerai les emplois pris par la Chine, le Mexique, le Japon et je rapatrierai notre argent. » (Donald TRUMP, annonçant sa candidature aux primaires républicaines, 16 juin 2015)

    LEXIQUE

    Containment/Endiguement (doctrine Truman) :

    Doctrine appliquée à partir de 1947 visant à « endiguer » par tous les moyens (militaires, économiques, culturels) toute nouvelle extension du communisme dans le monde. Elle est lancée par le président Harry TRUMAN dans son célèbre discours au Congrès du 12 mars 1947. C’est l’ambassadeur George KENNAN (qui fut en poste en URSS) qui l’aurait théorisé le premier. En effet, dans un télégramme diplomatique de quelque 8 000 mots (le « long télégramme ») envoyé de Moscou en février 1946, il affirme que l’alliance américano-soviétique des années de guerre est caduque ; les États-Unis doivent désormais faire face à la menace soviétique, qu’il propose non pas de combattre frontalement par la guerre, mais d’endiguer patiemment et fermement par la diplomatie, l’action secrète et les jeux d’influence.

    Destinée manifeste :

    Idéologie selon laquelle les États-Unis ont reçu la mission divine d’étendre la civilisation et le progrès dans le monde. Initialement, cette idée ne concerne que le territoire américain. Ainsi, l’expression est utilisée pour la première fois en 1845 par le journaliste new-yorkais John O’SULLIVAN (United States Magazine and Democratic Review) pour inviter le gouvernement à annexer le Texas : « C’est notre destinée manifeste de nous déployer sur le continent confié par la Providence pour le libre développement de notre grandissante multitude ». A la fin du XIXe siècle, alors que la Frontière a disparu et que les États-Unis s’étendent de l’Atlantique au Pacifique, l’idée de « destinée manifeste » est reprise pour justifier l’interventionnisme américain hors des frontières. C’est aussi bien le cas avec le réaliste Theodore ROOSEVELT (interventions dans les Caraïbes) qu’avec l’idéaliste Woodrow WILSON, lequel déclare : « Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté ».

    Doctrine des représailles massives :

    Doctrine nucléaire extrêmement rigide mise au point par le secrétaire d’État d’EISENHOWER, John Foster DULLES, qui repose sur un principe simple : toute attaque contre un pays membre de l’OTAN par l’URSS l’exposerait à des représailles nucléaires massives, sans préavis, sans retenue et quelle que soit l’arme utilisée par les Soviétiques. Adoptée dans le cadre de la politique de « New Look » et de « roll back » d’EISENHOWER (et acceptée par l’OTAN en 1954), elle permet de réduire l’expansion du budget militaire dans la mesure où les dépenses se concentrent essentiellement sur l’armement nucléaire et non sur la multitude d’armes conventionnelles.

    Doctrine de la riposte graduée :

    Stratégie élaborée par Robert McNAMARA (secrétaire à la Défense sous KENNEDY) dans le contexte de la crise des missiles de Cuba (octobre 1962) et en rupture par rapport à la doctrine des représailles massives. Inspirée par le mathématicien Herman KAHN (penseur de la guerre nucléaire), elle considère que pour être crédible et éviter l’apocalypse nucléaire, il faut graduer l’escalade des tensions et des armes utilisées : à une attaque par arme conventionnelle, on répond par des armes conventionnelles par exemple. Dans la mesure où il faut donc disposer d’un éventail d’armes très important pour répondre à une variété presque infinie d’attaque, les budgets militaires vont s’envoler sous KENNEDY (on était descendu à 40 milliards de dollars en 1956) et la course à l’armement va connaître un nouvel essor.

    Doctrine Monroe :

    Ensemble de principes énoncés par le président américain James MONROE (1817-1825) au cours de son septième message annuel au Congrès, le 2 décembre 1823. Alors que la Russie semble, en ce premier tiers du XIXe siècle, avoir des ambitions sur l’Amérique du Nord et que les puissances absolutistes européennes s’inquiètent de la libération des colonies espagnoles d’Amérique latine, le président prononce quelques phrases à l’encontre des Européens qui constitueront plus ou moins la ligne directrice de la politique étrangère américaine future. MONROE s’oppose d’abord à toute tentative de colonisation des Européens sur le continent américain. De même, il avance que toute intervention européenne dans les affaires du continent serait perçue comme une menace pour la sécurité et la paix. En contrepartie, les États-Unis n’interviendraient pas dans les affaires européennes. En fait, il s’agit d’un discours qui est érigé en doctrine (c’est-à-dire un ensemble de principes à suivre) au cours du XIXe siècle.

    En effet, l’expression « doctrine de Monroe » en tant que telle semble avoir été utilisée pour la première fois en 1854, dans une dépêche diplomatique américaine. Auparavant, les présidents américains n’ont pas forcément obéi aux principes de MONROE. Ainsi, les interventions de la France et de l’Angleterre en Amérique du Sud, dans les années 1830, ne suscitèrent aucune réaction de la part des États-Unis. Les premières applications vinrent du secrétaire d’État d’Abraham LINCOLN, William H. SEWARD, au moment de la guerre de Sécession (1861-1865) : il invoqua la doctrine de Monroe contre l’Espagne, qui venait de réoccuper la république Dominicaine, son ancienne colonie, et contre la France du Second Empire, qui cherchait à placer MAXIMILIEN à la tête du Mexique.

    Les idées de MONROE, que l’on a résumé rapidement par « l’Amérique aux Américains, l’Europe aux Européens », ne sont pas neuves, elles s’inscrivent en fait dans les règles générales de diplomatie définies par George WASHINGTON (message d’adieu du 19 septembre 1796) ou encore Thomas JEFFERSON (adresse inaugurale du 4 mars 1801). Elles s’imposent en fait à Washington à mesure que se construit la puissance américaine. Devenus un grand pôle industriel, un État étendu, maîtrisé et ouvert, les États-Unis cherchent à s’imposer sur leur continent à la fin du XIXe siècle, au-delà des seuls espaces limitrophes. Ainsi, ils acquièrent une place prépondérante dans les Caraïbes à la suite du conflit hispano-américain de 1898 au terme duquel ils obtiennent Cuba et Porto Rico (mais aussi les Philippines et Guam ; traité de Paris du 10 décembre 1898). C’est dans ce contexte que le président Theodore ROOSEVELT dresse un « corollaire à la doctrine Monroe » (message du 6 décembre 1904) en affirmant que la défense de ces principes pouvait obliger les États-Unis à intervenir dans les affaires des autres États américains (politique du « Big Stick », contre la République dominicaine par exemple). En d’autres termes, la défense des intérêts américains et de l’intégrité des États-Unis peut légitimer toutes les interventions. Ce corollaire sera élargi et mobilisé pour justifier l’intervention dans les deux guerres mondiales, puis les multiples ingérences de la guerre froide. En novembre 2013, le secrétaire d’État de Barack OBAMA, John KERRY, a annoncé au cours de l’assemblée générale de l’Organisation des États américains que « la doctrine Monroe est désormais dépassée ».

    Doctrine Nixon/doctrine de Guam :

    Ensemble de principes élaborés par le président Richard NIXON et son conseiller Henry KISSINGER et exposés lors d’une conférence de presse à Guam le 25 juillet 1969. Pour le président, la guerre du Vietnam a rendu nécessaire de diminuer l’engagement militaire américain dans le monde, au profit d’un soutien financier et matériel aux pays victimes d’une agression. Dans ses Mémoires, KISSINGER développera en quatre points les modalités de cette doctrine : 1. réalisme (Realpolitik : admettre que l’URSS existe et dialoguer avec elle) ; 2. retenue (éviter de toujours chercher à prendre l’avantage) ; 3. « la carotte et le bâton » (sanctionner les abus et féliciter les progrès) ; 4. le linkage (tout geste doit être accompagné d’une contrepartie dans un autre domaine).

    Enlargement :

    Politique suivie par Bill CLINTON dans les années 1990 qui consiste à conditionner l’interventionnisme américain à la promotion, dans le monde, de l’économie de marché, de la démocratie et du respect des droits de l’homme.

    Hyperpuissance :

    Ce terme (qui utilise le préfixe grec « hyper », lequel a le même sens que le préfixe latin « super »…), popularisé par le ministre des Affaires étrangères français Hubert VEDRINE (1998 ; le mot est déjà utilisé par des journalistes, le premier étant probablement le britannique du Sunday Telegraph Peregrine WORSTHORNE dans un article du 3 mars 1991), désigne une situation dans laquelle un État règne sans concurrent ou adversaire à l’échelle mondiale dans au moins quatre domaines (politique, militaire, économique, culturel, soit les quatre domaines-clés de la suprématie américaine dégagés par le politologue Zbigniew BRZEZINSKI dans Le Grand Échiquier : l’Amérique et le reste du monde, 1997).

    Impérialisme :

    Domination multiforme (politique, économique, culturelle…) d’un État sur un ou plusieurs pays. Cette domination peut être le fruit d’une politique, d’une stratégie ou d’une volonté consciente visant à constituer, par expansion territoriale ou non (l’empire britannique était par exemple bien plus qu’un ensemble territorial), un empire.

    Dans la mesure où les États-Unis tiennent le premier rôle mondial depuis le début du XXe siècle, et alors même que ce pays s’est construit contre le despotisme et le colonialisme européen, les débats sur un éventuel « empire » ou « impérialisme américain » sont récurrents. Déjà en 1973, en analysant dans un ouvrage la politique étrangère américaine, le politologue français Raymond ARON assimilait les États-Unis à une « république impériale ». En 2004, l’historien britannique Niall FERGUSON (conservateur, il a soutenu l’intervention américaine en Irak) considérait lui aussi que les États-Unis sont « un empire qui n’ose pas dire son nom » (Colossus. The Rise and Fall of the American Empire). Cependant, comme l’avancent l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert VEDRINE ou encore l’historien Pierre MELANDRI, s’il existe un impérialisme américain, celui-ci est d’une intensité variable dans le temps (affirmé sous George W. BUSH par exemple) et il ne coïncide pas vraiment avec une volonté d’organiser réellement ce potentiel empire. Plus que l’idée d’empire, c’est l’idée de sécurité nationale qui oriente la politique américaine, quitte à verser ensuite dans une politique impérialiste.

    Isolationnisme :

    Attitude consistant, autant que possible, à ne pas intervenir dans les affaires internationales et à se fermer aux influences étrangères.

    Multilatéralisme :

    Dans les relations internationales, le multilatéralisme correspond à une politique de concertation voire de coopération entre plusieurs États afin de régler des problèmes communs ou non. Une telle attitude a généralement pour but de développer la paix et a fait l’objet de multiples réflexions philosophiques depuis le XVIe siècle.

    Nouvel ordre mondial :

    Politique énoncée par George BUSH lors d’un discours devant le Congrès le 11 septembre 1990 et appelant au développement de la coopération internationale (sous l’égide de la puissance américaine avec l’aval de l’ONU) dans le but de résoudre les conflits et de maintenir la paix : « Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare pour s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. »

    Nouvelle frontière :

    Politique défendue par John Fitzgerald KENNEDY dès 1960 (lors d’un discours à la Convention du Parti démocrate de Los Angeles, le 15 juillet 1960) qui consiste à dépasser les horizons des États-Unis en rompant définitivement avec l’isolationnisme et l’attentisme pour régler un ensemble de problèmes internationaux (guerres, pauvreté), nationaux (ségrégation) et amorcer la conquête de l’espace.

    Politique « des bons sentiments » :

    Politique suivie par le président Jimmy CARTER dans les années 1970 dont le but est de relever la légitimité des États-Unis en cherchant l’exemplarité par le respect strict des droits de l’homme et du droit international.

    Puissance/Hard Power/Soft Power/Smart Power :

    Décliné sous de multiples appellations (superpuissance, hyperpuissance, puissance régionale, etc.), le concept de puissance n’est pas facile à définir. Pour Raymond ARON, « peu de concepts ont été aussi couramment employés et sont aussi équivoques que celui de puissance […]. J’appelle puissance sur la scène internationale la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités » (Paix et guerre entre les nations, 1962). La puissance décrit, certes, un rapport de domination (pour l’Américain Robert DAHL, c’est la « capacité d’obliger l’autre à faire ce dont il se serait autrement abstenu ») mais traduit également à la fois une propension à influencer autrui et à disposer d’une liberté étendue pour agir (on touche ici au concept de souveraineté et d’indépendance nationale).

    A la fin de la guerre froide, plusieurs analystes (comme Paul KENNEDY et son ouvrage The Rise and Fall of Great Powers en 1987) considéraient que les États-Unis s’engageaient sur la voie du déclin, comme toutes les puissances dans l’histoire. A cette thèse, le politologue libéral Joseph NYE (qui fit partie de l’équipe dirigeante de Jimmy CARTER, puis de Bill CLINTON) répondit par l’ouvrage Bound to Lead (1990). Dans celui-ci, il expliquait que les États-Unis demeuraient une puissance militaire incontournable, mais aussi qu’ils disposaient d’un pouvoir majeur, celui de séduire, influencer ou persuader d’autres États sans recourir à la force (soft power). Dans le cas américain, le cinéma hollywoodien exerce par exemple un pouvoir d’attraction, de diffusion d’idées à grande échelle valorisant parfois les États-Unis, souvent représentés comme une force militaire et scientifique. Le concept de soft power traduit en réalité les mutations des relations internationales depuis les années 1990, passant d’une logique de conflit à une certaine logique d’influence. Dans un entretien sur France culture en 2012, NYE reconnaissait que « la réalité du soft power est bien loin d’être nouvelle ». On en trouve en effet déjà la logique chez Gustave LE BON en 1895 (« Les phénomènes du monde visible ont leur racine dans un monde invisible où s’élaborent les sentiments et les croyances qui les mènent », Enseignements psychologiques de la guerre européenne) ou encore chez le politiste britannique Edward Hallett CARR (idée de « power over opinion » avancée dans les années 1920).

    Le modèle classique de puissance, fondé sur le hard power (« puissance dure » soit la capacité de contraindre par des moyens coercitifs voire violents dans le domaine militaire, mais aussi économique par la détention de ressources, la pression financière, etc.), a laissé place à un schéma plus adapté à l’évolution du monde dans lequel l’État parvient à amener les autres acteurs à agir en conformité avec ses points de vue et intérêts par des moyens indirects.

    Sous la présidence OBAMA, un dernier concept, combinaison des deux précédents, s’est imposé dans la sphère diplomatique, employé entre autres par Hillary CLINTON. Nommé « smart power » (« pouvoir de l’intelligence »), il a été formulé en 2004 par l’intellectuelle Suzanne NOSSEL (responsable de l’ONG Human Rights Watch) pour appeler à un retour à des relations diplomatiques traditionnelles fondées sur l’examen intelligent des potentialités d’une situation afin de déterminer la réaction la plus pertinente, de l’intervention armée unilatérale à une stratégie d’influence culturelle douce. En février 2009, Hillary CLINTON (alors responsable des Affaires étrangères américaines) expliquait que pour faire face à un monde où les crises s’accumulent, « nous devons avoir recours à ce qui a été appelé ‘le pouvoir de l’intelligence’, l’ensemble des outils à notre disposition : diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux, et culturels – il faut choisir le bon outil, ou la bonne combinaison d’outils, la mieux adaptée à chaque situation. »

    Realpolitik :

    Gestion de la politique étrangère fondée, selon son principal représentant, Henry KISSINGER (conseiller de Richard NIXON), « sur le calcul des forces et l’intérêt national », c’est-à-dire sur le pragmatisme et une forte réactivité face aux options possibles dans le but de maximiser ses intérêts.

    Rollback :

    Doctrine évoquée en 1952 par le président Dwight Eisenhower et son secrétaire d’État aux affaires étrangères, John Foster Dulles (probablement influencés par le stratège républicain James BURNHAM), qui, contrairement à la politique de TRUMAN, ne cherche pas à contenir la progression du communisme, mais à la refouler, la combattre.

    Unilatéralisme :

    Politique extérieure d’un État qui cherche à suivre ses propres intérêts sans tenir compte de la position des autres États, sans passer par la négociation.

    CHRONOLOGIE

    14 juillet 1776 :

    Les treize colonies britanniques d’Amérique du Nord font sécession de la Grande-Bretagne pour former les « États-Unis d’Amérique » : c’est la déclaration d’indépendance. La date du 4 juillet est devenue la fête nationale américaine, jour férié depuis 1870.

    17 septembre 1787 :

    Une convention réunie à Philadelphie approuve la Constitution des Etats-Unis, qui s’applique à partir du 4 mars de la même année. Modifiée par vingt-sept amendements, elle est l’une des plus anciennes constitutions écrites encore appliquées.

    2 décembre 1823 :

    Au cours de son septième message annuel au Congrès, le président américain James MONROE (1817-1825) énonce plusieurs principes visant à préserver l’Amérique des interventions européennes. Ces principes seront ensuite plusieurs fois mobilisés sous le nom de « doctrine Monroe ».

    Janvier 1861 :

    Début de la guerre de Sécession. Une dizaine d’États du Sud, esclavagistes (d’abord la Caroline du Sud, puis le Mississippi, la Floride, l’Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l’Arkansas, la Caroline du Nord et le Tennessee), font sécession, sortant de l’Union (c’est-à-dire des Etats-Unis) pour s’organiser en confédération (on parle des « confédérés »). Le conflit se termine par la victoire des Etats du nord, abolitionnistes. Les Etats vaincus ne seront réintégrés dans l’Union qu’en 1870.

    1890 :

    Fin de la « Frontière » : le Bureau du recensement des États-Unis déclare que l’ensemble du territoire dévolu aux États-Unis est dorénavant suffisamment maîtrisé pour qu’il puisse se dispenser d’étudier le mouvement vers l’ouest de la population.

    10 décembre 1898 :

    Traité de Paris au terme duquel les Etats-Unis obtiennent Cuba et Porto Rico, mais aussi les Philippines et Guam, territoires espagnols. En avril 1898, le président américain William McKINLEY avait déclaré la guerre à l’Espagne (royaume très faible à la fin du XIXe siècle), prétextant la défense des indépendantistes cubains pour déloger l’Espagne de ses dernières colonies du continent américain.

    6 décembre 1904 :

    Le président Theodore ROOSEVELT dresse un « corollaire à la doctrine Monroe » en affirmant que la défense de ces principes pouvait obliger les États-Unis à intervenir dans les affaires des autres Etats américains (politique du « Big Stick », contre la République dominicaine par exemple).

    14 février 1912 :

    Par l’intégration de l’Arizona, les Etats-Unis comptent désormais 48 Etats.

    15 août 1914 :

    Ouverture du canal de Panama dont le creusement et la réalisation, commencés par les Européens, a été achevé par les États-Unis.

    5 novembre 1912 :

    Élection du démocrate Woodrow WILSON dont le programme isolationniste semble avoir convaincu les Américains. En août 1914, Washington affirme sa neutralité dans le conflit à venir en Europe.

    1913 :

    Le Royaume-Uni perd son statut de première puissance industrielle en 1913. Dès cette époque, les États-Unis le dépassent dans les domaines du commerce et des investissements financiers (ils possèdent 45% du stock d’or mondial en 1919).

    7 mai 1915 :

    Le paquebot transatlantique britannique RMS Lusitania est torpillé par les sous-marins allemands. Cet acte d’agression causa la mort de 1 198 civils, dont 128 Américains. Le naufrage de ce grand navire de passagers, désarmé, mais aussi les histoires d’atrocités commises en Belgique, Etat neutre, par les Allemands, font évoluer l’opinion publique américaine sur la guerre.

    2 avril 1917 :

    Alors que cinq navires marchands américains furent par l’Allemagne en mars, le président WILSON demande au Congrès de déclarer la guerre à l’Empire allemand. Les Etats-Unis entreront en guerre sans adhérer à la Triple-Entente.

    8 janvier 1918 :

    Woodrow WILSON énonce ses « 14 points » devant le Congrès américain.

    28 juin 1919 :

    Signature du traité de Versailles. Le président WILSON se rend à Paris pour la conférence de paix et devient le premier président américain à fouler le continent européen.

    19 mars 1920 :

    Le Sénat américain rejette le traité de Versailles (refusant l’entrée des États-Unis dans la SDN), malgré l’effort de pédagogie de WILSON (qui effectue une tournée dans le pays pour expliquer l’intérêt de la ratification).

    Novembre 1920 :

    Le républicain Warren HARDING est élu président sur le thème du « retour à la normale », soit l’isolationnisme. Des lois restreignant l’immigration seront même votées en 1921 et 1924.

    27 août 1928 :

    Pacte Briand-Kellogg (Frank KELLOGG est alors secrétaire d’État), signé par 63 pays condamnant « le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux ». Ce pacte n’est pas contraignant : aucune sanction n’était prévue en cas d’infraction.

    18 novembre 1928 :

    Première apparition de Mickey MOUSE, personnage créé par Walt DISNEY (dont la compagnie est fondée en 1923) dans le court-métrage Steamboat Willie.

    24 octobre 1929 :

    Krach boursier à New York dont les conséquences sont importantes, aussi bien pour les Etats-Unis que pour les pays industrialisés.

    9 mars 1933 :

    Début des « 100 jours », phase durant laquelle le président Franklin D. ROOSEVELT prend un grand nombre de mesures en faveur de la monnaie et du système bancaire en général, de l’agriculture, de l’industrie et de la lutte contre le chômage : c’est le New Deal.

    31 août 1935 :

    Première loi de neutralité américaine imposant un embargo général sur le commerce des armes et des matériels de guerre avec tous les pays en guerre. La loi sur la neutralité du 29 février 1936 renouvela les dispositions de la loi de 1935 pour les 14 mois suivants et interdit de plus tout prêt ou crédit aux belligérants.

    1er mai 1937 :

    Autorisation de vente de produits non-militaires à des pays en guerre si ceux-ci paient immédiatement et assurent le transport (clause « cash and carry »).

    5 octobre 1937 :

    Discours de la quarantaine de ROOSEVELT dans lequel le principe de neutralité est abandonné au profit de celui de « quarantaine » : les États-Unis peuvent commercer avec les belligérants mais ne doivent pas entrer en guerre (l’opinion publique est alors à 95 % contre toute entrée en guerre).

    4 novembre 1939 :

    A la suite des invasions hitlériennes (Tchécoslovaquie, Pologne), ROOSEVELT parvient à imposer une dernière loi de « neutralité » : autorisation de vente d’armes à des pays en guerre avec la clause cash and carry.

    16 septembre 1940 :

    La conscription (service militaire) est rétablie aux États-Unis, pour la première fois en temps de paix.

    Décembre 1940 :

    ROOSEVELT annonce que les États-Unis doivent être « l’arsenal des démocraties ».

    11 mars 1941 :

    Loi prêt-bail (lend lease) qui autorise le président à prêter des armements à tout pays dont la défense est nécessaire à la sécurité des États-Unis (les armements doivent être rendus ou payés après le conflit).

    14 août 1941 :

    Charte de l’Atlantique. Au large de Terre-Neuve, à bord du navire de guerre Prince of Wales, ROOSEVELT rencontre CHURCHILL (Premier ministre britannique) pour dresser une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix.

    11 septembre 1941 :

    ROOSEVELT autorise la Navy à attaquer les navires de guerre allemands et italiens dans les « eaux que nous jugeons nécessaire pour notre défense ».

    7 décembre 1941 :

    Les États-Unis sont attaqués à Pearl Harbor, à Hawaï (île rattachée aux États-Unis en 1896). Ils déclarent la guerre au Japon le lendemain. Le 11 décembre 1941, l’Italie et l’Allemagne déclarèrent la guerre aux États-Unis, et le gouvernement américain répond par une déclaration de guerre contre les puissances de l’Axe.

    14 janvier 1942 :

    Signature du décret permettant l’internement des Américains d’origine japonaise dans des camps.

    7 août 1942 :

    Débarquement des soldats américains à Guadalcanal pour stopper la progression japonaise dans le Pacifique sud-ouest (opération Watchtower). Il s’agit de la première offensive majeure des forces américaines contre l’empire japonais. Achevée en février 1943, l’opération coûtera la vie à plus de 7 000 Américains et 31 000 Japonais.

    8 novembre 1942 :

    Opération Torch : les troupes américaines et britanniques débarquent en Afrique du Nord.

    10 juillet 1943 :

    Opération Husky : les troupes américaines, britanniques et canadiennes débarquent en Sicile.

    28 novembre 1943 :

    Début de la conférence de Téhéran : quelques jours après la conférence du Caire portant sur l’avenir de l’Asie, CHURCHILL, ROOSEVELT et STALINE préparent l’après-guerre en Europe et planifient un débarquement en France.

    6 juin 1944 :

    Opération Overlord : débarquement des troupes américaines, britanniques et canadiennes en Normandie (Utah Beach, Omaha Beach, Sword Beach, Gold Beach, Juno Beach). 1 000 soldats américains périront à Omaha Beach (2 000 blessés et disparus).

    22 juillet 1944 :

    Signature des accords de Bretton Woods (nord-est des Etats-Unis) visant à réorganiser le système économique mondial en insistant sur la nécessité du libre-échange. Sont ainsi créés le FMI ou encore la Banque mondiale, tandis que le dollar devient le pivot monétaire mondial (Gold-Exchange Standard).

    21 août 1944 :

    Début de la conférence de Dumbarton Oaks, à Washington portant sur la création des Nations unies (ONU).

    4 – 11 février 1945 :

    Conférence de Yalta entre W. CHURCHILL, F. ROOSEVELT et J. STALINE. Des projets pour l’Europe d’après-guerre sont formulés, tandis que les États-Unis cherchent à obtenir l’entrée de l’URSS dans la guerre contre le Japon.

    14 février 1945 :

    Revenant de Yalta, le président ROOSEVELT s’arrête en Arabie Saoudite où il scelle avec le IBN SAOUD une alliance portant notamment sur l’approvisionnement en pétrole.

    16 février – 26 mars 1946 :

    Début de la bataille d’Iwo Jima, dans le Pacifique (près de 7 000 morts dans les rangs américains).

    26 juin 1945 :

    Conférence de San Francisco créant les Nations unies (charte signée par 50 États).

    17 juillet – 2 août 1945 :

    Conférence de Potsdam entre W. CHURCHILL (puis Clement ATTLEE), H. TRUMAN et J. STALINE. Les conditions de reddition des États vaincus sont discutées.

    6 et 9 août 1945 :

    Bombardement atomique d’Hiroshima et Nagasaki (Japon) par les États-Unis, deux ans après les débuts du « projet Manhattan ».

    2 septembre 1945 :

    Le Japon signe sa reddition à bord du cuirassé américain USS Missouri, dans la baie de Tokyo, en présence du général Douglas MacARTHUR.

    28 mai 1946 :

    Signature des accord Blum-Byrnes par le secrétaire d’État des États-Unis James F. BYRNES et les représentants du gouvernement français, Léon BLUM et Jean MONNET, après de longues négociations. Il liquide une partie de la dette française envers les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale (2 milliards de dollars). Une des contreparties de l’accord est la fin du régime des quotas, imposé aux films américains en 1936 et resté en place après la Libération. En réaction, les autorités françaises créent, le 25 octobre 1946, le CNC (Centre national de la cinématographie) avec pour mission de protéger la création cinématographique française.

    12 mars 1947 :

    Doctrine Truman (aide militaire à la Grèce et à la Turquie).

    5 juin 1947 :

    Annonce du plan Marshall.

    18 septembre 1947 :

    Création de la Central Intelligence Agency (CIA) par le National Security Act.

    26 juin 1948 :

    Début du pont aérien américain destiné à ravitailler Berlin-ouest bloqué par les autorités soviétiques.

    4 avril 1949 :

    Signature du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Washington par 12 États.

    1er juillet 1950 :

    Début de l’intervention américaine en Corée pour aider les troupes du sud face aux communistes.

    1er novembre 1952 :

    Explosion de la première bombe thermonucléaire américaine (bombe H).

    Décembre 1952 :

    Adoption de la doctrine Dulles (du nom de John Foster DULLES, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères sous D. EISENHOWER) dite « des représailles massives » prévoyant une riposte nucléaire automatique en cas d’attaque contre un pays membre de l’OTAN par l’URSS.

    15-19 août 1953 :

    Opération « Ajax » en Iran menée par la CIA : le premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh est renvoyé et le pouvoir du Shah renforcé.

    29 juillet 1958 :

    Création de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) pour rattraper le retard américain dans la course à l’espace (les Soviétiques ont mis le satellite Spoutnik en orbite en octobre 1957).

    17 janvier 1961 :

    Assassinat du premier ministre congolais Patrice LUMUMBA par les services secrets belges soutenus par la CIA.

    21 janvier 1961 :

    Robert McNAMARA devient secrétaire à la Défense du président KENNEDY et prône une nouvelle doctrine dite « de la riposte graduée », stipulant que l’utilisation de l’arme nucléaire devra dépendre du niveau de menace réel.

    19 avril 1961 :

    Échec du débarquement dans la « Baie des cochons » (Cuba) de 1 400 exilés cubains opposés à Fidel CASTRO et entraînés aux États-Unis par la CIA.

    22-28 octobre 1962 :

    Crise des missiles de Cuba.

    26 juin 1963 :

    John F. KENNEDY prononce son discours « Ich bin ein Berliner » à l’occasion d’une visite éclair à Berlin-Ouest.

    2 novembre 1963 :

    Le président sud-vietnamien DIEM est renversé avec le soutien des États-Unis. Après l’assassinat de KENNEDY (22 novembre), son successeur, Lyndon B. JOHNSON poursuit l’aide militaire au Sud-Vietnam.

    2-4 août 1964 :

    Incidents du golfe du Tonkin qui servent de justificatif aux Américains pour intensifier leur implication dans la guerre du Viêt Nam. Le 2 mars 1965, les bombardements aériens sur le Nord-Vietnam débutent, tandis que l’intervention au sol commence le 8 mars. NIXON décidera de retirer les troupes américaines en juillet 1969 (« vietnamisation du conflit »).

    21 juillet 1969 :

    L’astronaute américain Neil ARMSTRONG devient le premier homme à poser le pied sur la Lune (mission Apollo 11).

    15 aout 1970 :

    NIXON suspend la convertibilité en or du dollar pour faire face aux dépenses militaires liées à la guerre du Vietnam, contribuant à désorganiser l’équilibre monétaire mondial.

    21 février 1971 :

    Visite de Richard NIXON en Chine communiste. C’est la première visite d’un président américain sur le sol chinois.

    26 mai 1971 :

    Signature des traités SALT I sur l’armement entre les États-Unis et l’URSS.

    30 juin 1972 :

    Implantation du premier Mc Donald’s en France (Créteil). Le premier restaurant Mc Donald’s a vu le jour aux Etats-Unis en 1937. Hors des Etats-Unis, il s’implante d’abord au Panama (1er septembre 1970) puis au Costa Rica (28 décembre 1970). En 1971, la chaîne apparaît au Japon et la même année en Europe, aux Pays-Bas (Zaandam, près d’Amsterdam, 20 août). Un Mc Do’ ouvre en Hongrie et en Yougoslavie en 1987.

    11 septembre 1973 :

    Coup d’État au Chili avalisé par les États-Unis. Le président socialiste Salvador ALLENDE est renversé par le général Augusto PINOCHET.

    5-17 septembre 1978 :

    Négociations de Camp David sous l’égide du président américain Jimmy CARTER permettant de normaliser les rapports entre Israël et l’Égypte.

    9 mai 1979 :

    Guerre civile au Salvador entre les insurgés marxistes et le gouvernement pro-américain.

    4 novembre 1979 :

    Prise de l’ambassade américaine à Téhéran, plusieurs dizaines de diplomates américains sont retenus en otage.

    Décembre 1979 :

    Invasion de l’Afghanistan par l’URSS : les États-Unis décrètent alors l’embargo sur les céréales à destination de l’URSS, l’arrêt des négociations SALT II et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou.

    23 janvier 1980 :

    En réponse à l’invasion de l’Afghanistan, lancement de la doctrine Carter (du nom du président Jimmy CARTER) qui prévoit, comme le faisait D. EISENHOWER plus tôt, des représailles américaines contre tout Etat cherchant prendre le contrôle de la région du Golfe persique.

    23 mars 1983 :

    Ronald REAGAN lance l’Initiative de défense stratégique (IDS : projet de bouclier spatial anti-missiles) dans le cadre d’un programme de réarmement important.

    3 novembre 1986 :

    Début du scandale de « l’Irangate » ou « affaire Iran-Contra » (vente illégale d’armes à l’Iran pour financer les Contras, groupes contre-révolutionnaires nicaraguayens).

    27 juin 1986 :

    La Cour internationale de justice (CIJ) juge illégales plusieurs interventions des Etats-Unis au Nicaragua.

    20 décembre 1989 – 31 janvier 1990 :

    Intervention américaine au Panama (opération « Just Cause ») visant à arrêter le dirigeant panaméen Manuel NORIEGA, pourtant installé au pouvoir par la CIA.

    30 mai 1990 :

    A Camp David, George BUSH et Mikhaïl GORBATCHEV dessinent les contours du désarmement mutuel de leur puissance (réduction de moitié des armements stratégiques par exemple).

    17 janvier 1991 :

    Début de l’intervention en Irak (guerre du Golfe) de la coalition internationale menée par les États-Unis (opération « Tempête du désert »).

    25 décembre 1991 :

    Discours du président George BUSH annonçant la fin de la guerre froide ; Mikhaïl GORBATCHEV démissionne.

    23 octobre 1992 :

    Cuban Democracy Act (ou loi Toricelli) qui renforce le blocus de Cuba ; il sera complété en 1996 de le Helms-Burton Act durcissant notamment les sanctions contre Cuba et ses partenaires commerciaux.

    9 décembre 1992 :

    Début de l’opération « Restore Hope » visant à pacifier la Somalie (touchée par la guerre civile) : 28 000 soldats américains participent à la mission de l’ONU ; les troupes se retireront en octobre 1993 (échec).

    17 décembre 1992 :

    Naissance de la zone de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALENA) entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

    26 février 1993 :

    Attentat terroriste à la voiture piégée au World Trade Center de New York attribué au réseau Al-Qaïda (six morts).

    13 septembre 1993 :

    Accords d’Oslo entre Yitzhak RABIN et Yasser ARAFAT sous la médiation américaine prévoyant l’autonomie palestinienne.

    31 juillet 1994 :

    L’ONU autorise le recours à la force afin de restaurer la démocratie en Haïti face à la junte militaire. Les Etats-Unis interviennent à partir de septembre 1994.

    6 janvier 1995 :

    Arrestation de terroristes qui planifiaient le détournement de onze avions sur des cibles civiles américaines (opération Bojinka).

    21 novembre 1995 :

    Accords de Dayton (Etats-Unis) mettant fin, pour un temps, à la guerre en Yougoslavie et au siège de Sarajevo. Les Etats-Unis envoient alors 20 000 hommes sur place pour veiller au bon respect des accords

    5 août 1996 :

    Adoption de la loi d’Amato-Kennedy sanctionnant les « Etats voyous » (Rogue states) soutenant le terrorisme international.

    25 juillet 1999 :

    Accords commerciaux entre les Etats-Unis et le Vietnam marquant la normalisation des relations entre les deux pays.

    15 novembre 1999 :

    Accord avec la Chine sur son entrée à l’OMC.

    13 mars 2001 :

    Les Etats-Unis rejettent le protocole de Kyoto (accord international relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre).

    11 septembre 2001 :

    Attentats-suicide perpétrés par Al-Qaïda sur le sol américain, touchant les deux tours du World Trade Center (New York) et le Pentagone (Washington) : 2 977 morts.

    15 septembre 2001 :

    En réponse aux attentats, le président américain George W. BUSH annonce la « guerre contre le terrorisme ».

    7 octobre 2001 :

    Début de la guerre d’Afghanistan engageant une coalition internationale contre le régime taliban (en place depuis 1996) accusé de soutenir le terrorisme.

    20 mars 2003 :

    Les Etats-Unis et leurs alliés entrent en guerre contre l’Irak malgré l’opposition de l’ONU (en septembre 2004, l’ONU déclare cette guerre « illégale »). Le régime de Saddam HUSSEIN tombe le 9 avril tandis que son chef est capturé le 14 décembre.

    29 février 2004 :

    Des soldats américains interviennent en Haïti et écartent le Président ARISTIDE du pouvoir.

    15 septembre 2008 :

    La banque américaine Lehman Brothers fait faillite, marquant le début de la crise financière.

    4 novembre 2008 :

    L’élection du démocrate Barack OBAMA à la présidence des Etats-Unis suscite un engouement international.

    31 août 2010 :

    Fin du retrait des troupes américaines d’Irak, amorcé le 30 juin 2009.

    19 mars 2011 :

    Début de l’intervention internationale en Libye à l’initiative de la France : les Etats-Unis suivent la coalition.

    2 mai 2011 :

    Oussama BEN LADEN est tué par un raid des forces spéciales américaines au Pakistan (opération « Neptune’s Spear »).

    18 novembre 2013 :

    John KERRY, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, annonce la fin de la doctrine Monroe à la conférence de l’Organisation des Etats américains (OEA).

    3 mars 2014 :

    John KERRY condamne l’annexion de la Crimée (en Ukraine) par la Russie, menaçant de la sanctionner et de l’isoler. En octobre 2016, les tensions entre les deux pays s’accroissent lorsque KERRY évoque des « crimes de guerre » perpétrés par les Russes en Syrie (Alep).

    17 décembre 2014 :

    Reprise des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba, 52 ans après la crise des missiles.

    12 juin 2016 :

    Une fusillade dans une boîte de nuit LGBT à Orlando (Floride) fait 49 victimes ; l’attaque est revendiquée par Daech.

    8 novembre 2016 :

    Le candidat républicain controversé Donald TRUMP, favorable à l’isolationnisme et au dialogue avec la Russie, devient le 45e président des États-Unis.

    7 avril 2017 :

    En guise de représailles contre l’attaque chimique lancée par Bachar EL-ASSAD contre les rebelles syriens, les Etats-Unis du nouveau Président TRUMP bombardent unilatéralement une base militaire du régime syrien.

    1er juin 2017 :

    En poste depuis six mois, Donald TRUMP annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le climat scellé dans le cadre de la COP 21 (décembre 2015). En octobre 2017, il annonce que les Etats-Unis se retireront de l’UNESCO d’ici la fin 2018.

    12 juin 2018 :

    Alors qu’il l’insultait encore quelques mois auparavant, Donald TRUMP rencontre le dictateur nord-coréen KIM Jong-un dans le cadre du sommet de Singapour. KIM Jong-un s’est engagé notamment à « une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » en échange de « garanties de sécurité » de la part de Donald TRUMP.

    PERSONNAGES-CLÉ

    James MONROE (1758-1831)

    Cinquième président des Etats-Unis (il effectuera deux mandats, de 1817 à 1825), James MONROE naît dans une famille de riches fermiers mais s’oriente vers le droit. Partisan de Thomas JEFFERSON, il deviendra sénateur puis ambassadeur de France – il sera d’ailleurs, après, l’un des négociateurs de l’achat de la Louisiane. Son mandat est surtout connu pour la « doctrine Monroe » qu’il énonce au Congrès en 1823. Alors que les deux Floride ont été cédées par l’Espagne en 1821 (traité d’Adams-Onis) et que l’influence espagnole en Amérique se réduit la même année avec l’indépendance du Mexique, MONROE cherche à empêcher toute ingérence européenne sur le continent. En outre, la doctrine lui permet de s’attirer la sympathie des nouvelles nations sud-américaines libérées des colonisateurs européens.

    Theodore ROOSEVELT (1858-1919)

    Descendant d’une famille aristocratique hollandaise (le président Franklin Delano ROOSEVELT sera lui aussi issu de cette même « branche » européenne), Theodore ROOSEVELT se lance véritablement en politique après s’être retiré deux années dans le Dakota suite aux morts de sa femme et de sa mère (1884). Membre du Parti républicain, il sera successivement chef de la police de New York (1895-97), adjoint du secrétaire à la Marine, engagé volontaire dans la guerre hispano-américaine de 1898 puis gouverneur de l’État de New York (1899-1900). Prônant une politique offensive face à l’influence espagnole, il s’affirme comme un leader charismatique et autoritaire (il devient d’ailleurs l’un des premiers judokas américains à obtenir la ceinture marron), maniant la communication de façon stratégique (fort recours à la presse). Vice-président des États-Unis sous le mandat de William McKinley, il lui succède après son assassinat par un anarchiste (1901) et termine son mandat avant d’être réélu en 1905. Il avance dès 1902 l’expression de « Big Stick » qu’il utilise à nouveau en 1904 pour compléter la doctrine Monroe (on parle de « corollaire » à la doctrine Monroe) : les Etats-Unis disposeraient d’un pouvoir de « police internationale » ou tout du moins « continental » pour défendre leurs intérêts. Il leur serait alors possible de mener des interventions préventives en cas de « méfait ou défaillance » en Amérique latine. Dans le même temps, il mène une politique d’apaisement à l’échelle internationale (il s’impose comme médiateur dans plusieurs conférences et conflits, ce qui lui vaudra un prix Nobel). Sur le plan intérieur, il lutte contre la corruption et cherche à réglementer l’activité économique. Néanmoins, il approuve des pratiques de stérilisation forcée dans plusieurs Etats (« Je souhaiterais beaucoup que l’on empêchât entièrement les mauvaises personnes de se reproduire ») et dédaigne les populations amérindiennes (« Je n’irais pas jusqu’à penser que les seuls bons Amérindiens sont les Indiens morts, mais je crois que c’est valable pour les neuf dixièmes et je ne souhaite pas trop me soucier du dixième »). Mécontent de la politique de son successeur républicain (William H. TAFT), il se représente aux élections présidentielles de 1912 dans le Parti progressiste, polarisant une partie des voix des Républicains qu’il a ainsi contribué à faire perdre au profit du démocrate Woodrow WILSON. Il est le quatrième et dernier président à donner son effigie sur le mont Rushmore (taillé à partir de 1925).

    Woodrow WILSON (1856-1924)

    Élevé dans les valeurs presbytériennes par un père pasteur, Thomas Woodrow WILSON étudie le droit, l’histoire et la science politique et devient un intellectuel reconnu qui dirige l’université de Princeton en 1902. Proche du Parti démocrate qu’il côtoie dès les années 1890, il devient gouverneur du New-Jersey en 1910. Son dynamisme dans la fonction (tendance à l’autocratisme) lui permet d’être nommé candidat démocrate aux élections présidentielles de 1912 qu’il remporte, grâce notamment à la division des voix républicaines (Theodore ROOSEVELT vient perturber la campagne de William TAFT). Sur le plan intérieur, il combat les conglomérats industriels, accorde le droit de vote aux femmes (1920), met en place la prohibition de la vente d’alcool et se montre peu enclin à supprimer la ségrégation. En politique étrangère, il soutient une vision idéaliste des relations internationales, considérant le modèle américain comme exportable du fait de l’aspiration des peuples à la démocratie : « Il n’est de nation encore capable de se refermer sur elle-même et l’Ouest finirait nécessairement par dominer l’Est. L’Est doit être ouvert et transformé, qu’on le veuille ou non ; les standards de l’Ouest ont à être imposés à celui-ci » (1901). Il poursuit la doctrine Monroe en intervenant à plusieurs reprises en Amérique latine (Haïti, Nicaragua) mais il rompt néanmoins avec les principes isolationnistes américains en s’impliquant dans la Première Guerre mondiale (1917). Il expose ses principes de reconstruction du système international avec ses « quatorze points » en janvier 1918. Si on lui doit la paternité de la Société des nations (SDN) – pour laquelle il recevra le prix Nobel (1919), les États-Unis n’y adhéreront jamais.

    Warren G. HARDING (1865-1923)

    Warren HARDING succède à WILSON et permet aux Républicains de faire basculer à nouveau les Etats-Unis dans l’isolationnisme. Dépressif, passionné par les femmes et le poker, HARDING embrasse une carrière d’éditeur de presse influent qui lui permet de briguer plusieurs mandats politiques puis d’être nommé candidat des Républicains, grâce à ses relations et quelques manœuvres corruptrices, en 1920. Pourtant presque inconnu hors de son Etat (Ohio), il est élu et cumule jusque 1921 la fonction de président et son mandat de sénateur, tout en nommant ses amis influents (le « gang de l’Ohio ») à des postes clés. Il décèdera durant son mandat (août 1923), ayant contracté une pneumonie au cours d’un voyage autour des Etats-Unis. Sa politique étrangère consiste à refermer les Etats-Unis : restriction de l’immigration, protectionnisme économique, refus de suivre les 14 points de WILSON.

    Herbert HOOVER (1874-1964)

    Né dans une modeste famille quaker, Herbert HOOVER incarne en quelque sorte le self-made man américain. En effet, orphelin dès l’âge de 10 ans, il parvient à suivre des études de géologie qu’il finance par divers emplois. Ingénieur des mines, hommes d’affaires, il s’engage dans l’humanitaire au cours de la Première Guerre mondiale : il s’emploie alors à ravitailler les zones occupées. Son expérience lui permet d’entrer dans l’administration WILSON (ministère de l’Agriculture). Il prend ensuite la tête, pendant sept ans (sous la présidence de Warren HARDING et de Calvin COOLIDGE), du secrétariat d’Etat au Commerce. Après avoir dirigé les secours à la suite des inondations du Mississippi en 1927, il devient le candidat du Parti républicain le 14 juin 1928 et remporte les élections grâce au vote populaire. Défenseur des intérêts américains à l’étranger, il sera critiqué pour sa passivité face à la Grande Dépression.

    Franklin Delano ROOSEVELT (1882-1945)

    Trente-deuxième président des Etats-Unis (et celui dont le mandat a été le plus long : 12 ans !), Franklin Delano ROOSEVELT a une parenté lointaine avec l’un de ces prédécesseurs. En effet, il se marie en 1905 avec une cousine lointaine, Eleanor, nièce du président Théodore ROOSEVELT. Cependant, après des études dans les meilleures écoles privées (Harvard, Columbia), sa famille étant plutôt aisée, Franklin ROOSEVELT s’engage en politique et opte pour le parti démocrate. Elu aux élections sénatoriales de l’Etat de New York en 1910, il se rallie en 1912 à la candidature de Woodrow WILSON et, l’année suivante, à seulement 31 ans, il est promu secrétaire d’État adjoint à la Marine. Favorable à la Société des nations, lui et les démocrates sont battus aux élections de 1920. Cet échec s’accompagne, sur le plan privé, d’une première attaque de poliomyélite. Cette maladie va le priver partiellement de l’usage de ses jambes et l’handicapera jusqu’à la fin de sa vie (il ne peut plus marcher seul à la fin de la Seconde Guerre mondiale). Il revient en politique en 1928, briguant le poste de gouverneur de l’État de New York. Quand éclate le krach de Wall Street, il organise des opérations de secours à grande échelle et multiplie les innovations sociales et économiques. Son activité en ce sens le porte à la Maison-Blanche (1933) où il peut mener des réformes grâce à la majorité démocrate au Congrès. Entouré d’intellectuels (le « Brain Trust »), il s’emploie, durant « les 100 jours » à prendre une batterie de mesures pour sortir de la crise économique : c’est le New Deal (mise en place d’un état d’urgence, fermeture temporaire des banques, abandon de l’étalon-or, dévaluation du dollar de 40 %, fin de la prohibition de l’alcool, campagne de travaux publics…). Le nouveau président élabore ainsi une « nouvelle donne » avec des choix et des orientations politiques et économiques bien précises, et il tend rapidement à renforcer le pouvoir présidentiel et la puissance de Washington (le nombre de fonctionnaires fédéraux passe de 600 000 à 1 million entre 1933 et 1939), en mettant à la retraite anticipée des juges de la Cour suprême défavorables à ses mesures. Aux élections de novembre 1936, le président démocrate est reconduit avec 60,80 % du vote populaire et 523 grands électeurs contre… 8 à son rival républicain Alf LANDON ! Son parti séduit de plus en plus d’Américains, même si une récession sévère s’installe à partir de 1937, forçant ROOSEVELT à réduire les dépenses et augmenter les impôts. Conscient que l’opinion publique américaine est favorable à l’isolationnisme, le président soutient des « lois de neutralité » alors que montent les périls en Europe ; en 1940, il est réélu sur un programme promettant « Pas de troupes américaines outre-Atlantique ». Néanmoins, dès 1939, la marche à la guerre est enclenchée (conscription, clause cash and carry, loi « prêt-bail ») et, en août 1941, ROOSEVELT discute avec CHURCHILL du monde à venir (charte de l’Atlantique). L’attaque japonaise sur Pearl Harbor (7 décembre 1941) pousse ouvertement les Américains dans la guerre. La puissance industrielle et militaire du pays s’affirme alors (permettant de sortir les Etats-Unis de la phase de ralentissement économique) dans le Pacifique et en Europe (où l’Allemagne apparaît comme la priorité). Réélu en 1944, ROOSEVELT n’a pu voir la fin de la guerre, même s’il l’a préparée (conférences de Téhéran et de Yalta au cours desquelles il semble séduit par STALINE) : il succombe à une hémorragie cérébrale le 12 avril 1945.

    Harry TRUMAN (1884-1972)

    Le 33e président des Etats-Unis est un personnage quelque peu controversé et mal-aimé au terme de son mandat. Incarnation de l’Américain moyen (il est né dans le Missouri dans une famille de fermier), TRUMAN est le dernier président américain à ne pas avoir de diplôme universitaire. Ambitionnant une carrière militaire, il doit y renoncer du fait de sa myopie (4/10 à l’œil droit, 5/10 à l’œil gauche) mais intègre tout de même la Garde nationale (il a mémorisé le tableau-test ophtalmologique) et participe à la Première Guerre mondiale dans l’Est de la France où il fait valoir ses qualités de chef. Après sa démobilisation, il tente sa chance dans le commerce et échoue. Il apprend alors le droit, se fait remarquer par l’un des leaders du Parti démocrate du Missouri, occupe des fonctions locales (il devient directeur du programme fédéral de réemploi dans le Missouri) et, à cinquante ans, en 1934, parvient à remporter l’élection sénatoriale de l’État. Fidèle soutien du président ROOSEVELT, il se distingue au début de la Seconde Guerre mondiale dans sa fonction de président du comité d’enquête sur le programme de Défense nationale. Cherchant à débusquer les gaspillages, les fraudes et la corruption dans les contrats militaires, il fait économiser un milliard de dollars au Trésor fédéral. En 1944, le parti démocrate se tourne vers lui pour les fonctions de vice-président, considérant qu’il incarne une ligne modérée. TRUMAN est vice-président depuis seulement 82 jours lorsque le président ROOSEVELT meurt le 12 avril 1945. Peu préparé à la fonction dans un contexte pourtant critique (il n’était pas au courant de l’existence d’une bombe atomique et il n’a échangé avec ROOSEVELT qu’à deux reprises), il prend la responsabilité de terminer la guerre en Europe (la capitulation allemande est signée le jour de son 61e anniversaire) et surtout dans le Pacifique, par le biais des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki. Confronté sur le plan intérieur à la difficile transition vers l’économie de paix et à l’agitation syndicale, TRUMAN est le président du début de la guerre froide, de la scission de la « Grande alliance » avec l’URSS et de la doctrine du containment accompagnée du Plan Marshall. Connu pour son franc-parler (il considère les dictateurs sud-américains comme « nos batards » et affirme que le général MacARTHUR, qu’il a limogé en 1951 et qui le pressait d’attaquer la Chine, était un « fils de pute »), sa réélection en 1949 n’a pas été aisée (une partie des démocrates pensait qu’il ne serait pas reconduit). Ce second mandat, mitigé sur le plan intérieur (le programme économique du Fair Deal n’est pas vraiment suivi), est perturbé par la guerre froide (OTAN, maccarthysme, etc). Retiré dans le Missouri en 1953, il refusera de s’engager dans le privé et devra vivre modestement en l’absence de fortune personnelle.

    Dwight EISENHOWER (1890-1969)

    Né dans une famille modeste d’origine allemande (son ancêtre débarque en Amérique en 1741), Dwight EISENHOWER, surnommé « Ike » dès l’enfance, entre à l’Académie militaire de West Point en 1911 et officie en tant qu’instructeur aux Etats-Unis durant la Première Guerre mondiale. Après celle-ci, il publie des articles préconisant l’utilisation de chars pour éviter toute nouvelle guerre des tranchées, est affecté dans la zone du canal de Panama et sert aux Philippines sous les ordres du général Douglas MacARTHUR (1935-1939). Son ascension durant le second conflit mondial est remarquable. En 1942, après s’être fait remarquer lors des manœuvres de Louisiane, il entre à l’état-major général comme chef de la division des plans de guerre. Lorsque les Alliés décident de préparer un débarquement en Europe, c’est à lui que pense le général MARSHALL pour préparer les opérations. Nommé commandant en chef des forces américaines en Europe (juin 1942), il supervise les débarquements en Afrique du Nord (novembre 1942), en Sicile (1943) et en Normandie (juin 1944). Il fait preuve de tact (le commandement étant interallié, il lui faut concilier les intérêts américains, anglais et français), de compréhension à l’égard des méthodes de guerre et des techniques militaires nouvelles (importance de la logistique) et d’un courage qui lui permet de résister à la contre-offensive allemande de décembre 1944. Le 7 mai 1945, c’est lui qui reçoit, à Reims, la capitulation de l’armée allemande et succède au général MARSHALL au poste de chef d’état-major de l’armée américaine. Alors qu’il avait pris sa retraite en 1948, TRUMAN le rappelle en 1951 pour prendre la tête de l’OTAN. Courtisé par les démocrates dès les années 1940, EISENHOWER cède finalement aux avances des Républicains en 1952 pour remporter les élections présidentielles l’année suivante. Sa popularité, un programme rassurant, le contexte favorable et les tendances conservatrices qu’il affiche et qui correspondent aux sentiments de la majorité lui assurent une victoire aisée. Il s’appuie sur son secrétaire d’Etat John Foster DULLES pour mener une politique stricte vis-à-vis de l’URSS (stratégie du roll back), marquée à la fois par la discussion (coexistence pacifique – il rencontre KHROUCHTCHEV en 1959), le redéploiement tactique vers l’aérien et l’arme atomique (politique du New Look symbolisée par la réduction des effectifs de l’armée de terre), l’accélération de la compétition nucléaire et spatiale ou encore la lutte contre les progrès du socialisme (en Iran, en Amérique latine). Ne pouvant solliciter un troisième mandat, EISENHOWER quitte la Maison-Blanche en janvier 1961 et se retire dans sa ferme de Pennsylvanie pour y écrire ses mémoires.

    John Fitzgerald KENNEDY (1917-1963)

    Premier catholique à accéder à la Maison-Blanche, président le plus jeune à la tête des Etats-Unis (43 ans) – mais aussi le plus jeune à mourir (assassinat le 22 novembre 1963 à Dallas, dans des circonstances troublantes), JFK a connu une ascension rapide après la Seconde Guerre mondiale. Descendant d’une famille originaire d’Irlande, il grandit dans la banlieue huppée de Boston. Son père, homme d’affaires puissant, étant devenu ambassadeur au Royaume-Uni, KENNEDY, intègre la London School of Economics, puis passera par Princeton et Harvard. En dépit de sa santé fragile (problèmes de dos, maladie d’Addison) et de quelques addictions (amphétamines, stéroïdes, libido hyperactive –  il aurait dit en 1961 au Premier ministre du Royaume-Uni, Harold MacMILLAN : « Trois jours sans faire l’amour et c’est le mal de tête garanti ! »), il sert dans la marine au cours des combats du Pacifique où il parvient à se distinguer. Grâce à l’appui financier et au réseau familial, il se fait élire comme député démocrate à la Chambre des représentants de 1946 à 1952, date à laquelle il intègre le Sénat. Devenu président aux dépens de Richard NIXON (1960), il poursuit la politique intransigeante d’EISENHOWER face aux communistes (débarquement à Cuba dans la « baie des cochons », discours offensif à Berlin) tout en amorçant un dialogue habile, en particulier lors de la crise de Cuba et sur la question des armements. Désireux de remettre les Etats-Unis « en mouvement » sur le plan économique, social (il tente d’imposer l’autorité fédérale pour mettre fin à la ségrégation dans les Etats du Sud) et technologique (programme de « Nouvelle frontière »), JFK est aussi le président qui a renforcé la présence américaine au Vietnam et tenté d’isoler CASTRO par le programme d’aide au reste de l’Amérique, « l’Alliance pour le progrès ».

    Lyndon B. JOHNSON (1908-1973)

    Né au Texas dans une famille de fermiers pauvres (ce qui n’empêche pas son père de briguer quelques mandats politiques), Lyndon Baines JOHNSON devient professeur d’anglais et de diction à Houston où il milite pour l’élection d’un représentant démocrate qui l’emmène comme adjoint à Washington, en 1931. Grâce aux réseaux qu’il a constitués, il se fait remarquer au sein du parti démocrate et remporte les élections au Congrès en 1937. C’est après avoir brièvement servi durant la guerre du Pacifique qu’il parvient à être élu au Sénat où il se maintient jusqu’en 1960. A cette date, il envisage de se présenter aux présidentielles mais se rallie finalement à son ancien rival démocrate, John F. KENNEDY dont il devient le colistier, puis le vice-président. La vice-présidence sera pour lui un purgatoire : le sénateur tout-puissant n’a plus que des fonctions honorifiques et n’est considéré par l’entourage de Kennedy que comme un rustre texan (il n’est pas vraiment consulté lors de la crise des missiles à Cuba en 1962). L’assassinat de JFK le propulse à la Maison-Blanche et, en 1964, il se fait élire largement. Sur le plan intérieur, JOHNSON entreprend un ambitieux programme (« Great Society ») portant sur les droits civiques (abolition des discriminations raciales dans un climat très tendu – MALCOLM X et Martin LUTHER KING sont assassinés durant son mandat), la protection de l’environnement et la « guerre contre la pauvreté » (aide à l’éducation, assistance médicale gratuite pour les personnes âgées ou à revenus faibles). Sur le plan extérieur, il semble dépassé par la guerre du Vietnam dont il alimente l’emballement, usant même du mensonge d’Etat pour obtenir des crédits militaires supplémentaires. Face à l’opposition d’une partie des Américains et de son camp, il renonce à se représenter aux élections de 1968 et se retire dans son ranch texan pour y rédiger ses mémoires.

    Richard NIXON (1913-1994)

    Né dans une famille qu’il décrit lui-même comme pauvre, Richard NIXON grandit en Californie et suit des études de droit pour devenir avocat (même s’il ambitionne un temps d’entrer au FBI). D’abord avocat auprès de l’Office of Price Administration (contrôle des prix) durant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage ensuite dans la marine où il sera chargé de logistique dans le Pacifique, ne prenant pas vraiment part aux combats. Revenu au pays, il est sollicité par des hommes d’affaires républicains du sud de la Californie pour les élections au Congrès. Grâce à une tactique de campagne qui s’avérera toujours payante (discréditer l’adversaire par l’insinuation diffamatoire), il est élu (1946). NIXON se fait connaître au niveau national en 1948 lorsque son enquête, en tant que membre du House Un-American Activities Committee, révéla l’affaire d’espionnage du haut-fonctionnaire rooseveltien Alger HISS. Anticommuniste mais sans principes, devenu sénateur en 1950, il est remarqué à Washington et EISENHOWER le choisit comme vice-président alors qu’il n’a que 39 ans. Désirant briguer la présidence en 1960, il est battu à 120 000 voix près par le jeune KENNEDY. Il subit un nouvel échec au poste de gouverneur de Californie deux ans plus tard : commence alors une traversée du désert qui s’achève par sa victoire à la présidentielle de 1968. Alors qu’il avait promis un « new federalism » et une réduction de l’intervention de l’Etat, il renforcera le poids de Washington sur les Etats et instaurera un contrôle des salaires et des prix, ainsi que des réglementations sur l’environnement, contre la discrimination raciale et sexuelle dans l’emploi… Son mandat est marqué par le choc pétrolier de 1973 et le poids financier de la guerre du Vietnam. NIXON décidera alors de dévaluer deux fois le dollar (août et décembre 1971), puis de le laisser flotter (mars 1973), mettant fin de fait aux accords de Bretton Woods (1944)… sans parvenir pour autant à stabiliser l’économie et la monnaie. Sa politique étrangère est éminemment pragmatique (on parle alors de « Realpolitik »). Avec l’aide efficace d’Henry KISSINGER, son conseiller pour les affaires de sécurité nationale puis son secrétaire d’État, il met fin à l’engagement militaire américain au Vietnam (politique de vietnamisation du conflit à partir de 1969), négocie avec l’URSS sur la limitation des armements stratégiques, accélère le processus de détente (rencontre avec BREJNEV en 1973) tout en jouant le jeu de la « diplomatie triangulaire » avec la Chine (il se rend à Pékin en 1972). Populaire mais paranoïaque, NIXON fait surveiller ses adversaires démocrates à l’occasion de la présidentielle de 1972, qu’il remporte largement (plus de 60 % des voix) : c’est l’affaire du Watergate qui le force à démissionner (9 août 1974), une première dans l’histoire des Etats-Unis. Gracié par son successeur républicain Gerald FORD, NIXON cherche à rester un personnage public – pourtant détesté – et effectue quelques conférences à la fin de sa vie.

    Jimmy CARTER (né en 1924)

    Né en Géorgie, dans le sud des Etats-Unis, Jimmy CARTER entreprend une carrière dans la marine (sur les sous-marins atomiques pendant un temps) avant de revenir, à 29 ans, reprendre l’affaire familiale (culture d’arachide) suite au décès de son père. Il se lance en politique, dans le camp démocrate, d’abord à l’échelon local puis dans le cadre de l’Etat géorgien. Sénateur de Géorgie de 1962 à 1966, il en devient gouverneur en 1970. Alors qu’on le considère comme un raciste (ses partisans distribuaient des photos de son concurrent en compagnie de basketteurs noirs pour discréditer ce dernier), il annonce dès son investiture que « le temps de la discrimination est terminé », devenant alors l’un des symboles du « Nouveau Sud ». En 1974, en tant que président de la commission démocrate pour les élections législatives, il voyage à travers tout le pays et constitue son réseau. Lorsqu’il déclare officiellement sa candidature à la présidence des États-Unis, il est inconnu de la plus grande partie de l’électorat américain. Dans le cadre du scandale du Watergate et de la grâce accordée par Gerald FORD à NIXON, Jimmy CARTER parvient à remporter les suffrages dans une élection marquée par une forte abstention (45 %). Entouré d’hommes de confiance (Géorgiens comme lui), de personnalités expérimentées (comme le secrétaire d’Etat Cyrus VANCE) et d’experts (Zbigniew BRZEZINSKI par exemple), le président souhaite rompre avec la politique pragmatique et de détende de NIXON et FORD, mettant en avant le principe des droits de l’homme. Cette « politique des bons sentiments » débouche sur les accords relatifs au canal de Panama, au traité SALT 2 (non-ratifié par l’URSS), au développement des relations diplomatiques avec la Chine ou encore par les accords de Camp David (1978). Alors qu’il affirmait durant la campagne électorale qu’il accorderait la priorité à la réorganisation gouvernementale et aux affaires intérieures (il renforcera la législation sur l’environnement – CARTER fait même installer des panneaux solaires sur la Maison Blanche, retirés ensuite par REAGAN), le président s’affirme surtout sur le plan international. Couplés à une situation économique difficile (montée du chômage), ses choix en politique étrangère (fin du soutien aux dictatures anticommunistes ; affaires des otages de l’ambassade américaine de Téhéran ; révolution islamique iranienne ; intervention soviétique en Afghanistan) contribueront à sa chute de popularité. Largement battu par REAGAN en 1980, CARTER œuvre ensuite pour la paix et les droits de l’homme à travers le monde (médiations entre le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens en 1989, entre les deux Corées en juin 1994, avec la junte haïtienne en septembre 1994 ; missions d’observation des élections en Amérique centrale). Son engagement lui vaut le prix Nobel de la paix en octobre 2002.

    Ronald REAGAN (1911-2004)

    Issu d’un milieu plutôt modeste (ses parents sont commerçants), Ronald REAGAN embrasse une carrière à la radio et au cinéma en dépit d’études universitaires en économie et en sociologie. Installé à Hollywood en 1937, il tourne dans de nombreux films de série B, occupation qu’il conservera au sein de l’armée durant la Seconde Guerre mondiale (sa myopie l’empêchant d’aller combattre au front). Moins demandé au cinéma après-guerre, il se tourne vers la télévision et devient président de la Screen Actors Guild de 1947 à 1954, jouant un rôle crucial dans les purges anticommunistes qui secouent Hollywood (il n’hésita pas à fournir au FBI les noms d’acteurs qu’il considérait comme étant des sympathisants communistes). Elevé dans une famille démocrate, admirateur de ROOSEVELT, il se tourne finalement vers le parti républicain, plus représentatif de ses idées, et y adhère en 1962. Deux ans plus tard, un discours télévisé en faveur du candidat républicain (Barry GOLDWATER) fait de lui le héros de la droite radicale. Martelant ses idées et principes (anticommunisme, réduction de l’interventionnisme étatique, libéralisme économique et politique – il sera membre jusqu’à sa mort de la NRA, le lobby pro-armes), usant de son charisme, REAGAN est élu (en 1966) puis réélu (en 1970) gouverneur de Californie. Il tente en vain d’obtenir la nomination républicaine pour les élections présidentielles de 1968 et de 1976. L’année 1980 est la bonne : il accède à la Maison-Blanche au détriment du démocrate Jimmy CARTER et ce, malgré ses indéniables faiblesses (gaffes, ignorance des dossiers, absence de curiosité intellectuelle, tendance à laisser l’astrologue de sa femme fixer son calendrier) que ses adversaires n’ont pas su exploiter. Le 30 mars 1981, 69 jours après son entrée en fonction, Ronald REAGAN est victime d’une tentative d’assassinat (un déséquilibré parvient à l’atteindre à la poitrine avec un pistolet) qui renforcera sa popularité. Sur le plan intérieur, il s’inscrit dans le mouvement ultralibéral initié par Margaret THATCHER. Ses Reagonomics constituent un programme fondé la réhabilitation du marché, la déréglementation, la lutte sévère contre l’inflation et les dépenses de l’Etat (sauf en matière militaire), relance de l’initiative privée grâce à une baisse sans précédent de la fiscalité (« économie de l’offre ») et, de fait, sur la réduction du rôle de l’Etat (il estime que l’Etat « n’est pas la solution au problème, il est le problème »). Sa politique extérieure est offensive (« America first », « America is back ») et vise à asphyxier économiquement l’URSS grâce à la course aux armements (il lance en 1983 l’Initiative de défense stratégique). Réélu facilement en 1984, il s’engage davantage contre les communistes (Nicaragua, Salvador…) tout en se rapprochant de l’URSS gorbatchévienne (signature du traité de Washington en 1987). L’affaire de l’Iran-Contragate (la vente illégale d’armes à l’Iran a permis de financer la guérilla antisandiniste du Nicaragua alors que le Congrès avait interdit une telle aide) sème la consternation dans l’opinion et la colère au Congrès. En 1994, cinq ans après la fin de sa présidence, il révèle qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer.

    George BUSH (1924-2018)

    Fils de Prescott BUSH, sénateur républicain modéré du Connecticut et homme d’affaires (il aconstruit la fortune familiale dans la banque et la finance), George BUSH grandit dans un milieu favorisé. En 1942, alors âgé de 18 ans, il s’engage dans la Navy et effectue une cinquantaine de missions aériennes dans le Pacifique. Considéré comme un héros (ses avions ont été abattus quatre fois), il entre à l’université de Yale après-guerre où il se constitue un réseau important. Il décide, après son diplôme d’économie, de se lancer dans l’industrie du pétrole au Texas en fondant la Zapata Petroleum Company en 1953 (l’entreprise fusionnera avec celle de son ministre de la Défense, Dick CHENEY, en 1998) qui s’assurera une forte réputation dans le développement du forage et de la production de pétrole en mer. Ayant acquis une réelle aisance financière, il décide, en 1964, de se consacrer à la chose publique au sein du parti républicain. Dès 1966, il est élu représentant du Texas et réélu deux ans après. Néanmoins, incapable de définir une ligne politique claire (ses électeurs texans sont plus conservateurs que lui), il échouera à entrer au Sénat. Approché par NIXON, il est nommé ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU ; il s’y montre actif pour réaliser la paix au Proche-Orient mais s’oppose aux volontés de la République populaire de Chine quant au siège de membre permanent détenu par Taïwan. C’est pourtant à Pékin qu’il est envoyé comme chef du bureau de liaison en 1974-1975, avant de prendre pendant un an la tête de la CIA. Devenu l’un des dirigeants des laboratoires pharmaceutiques Eli Lilly (secteur économique qu’il tentera de favoriser quelques années plus tard), il s’oppose à REAGAN en 1980 avant d’en devenir le vice-président. En 1988, il permet aux Républicains de rester à la Maison-Blanche en remportant les élections présidentielles. Plus à l’aise en politique extérieure (il assure la fin de la guerre froide, conforte l’OTAN et agit de façon multilatérale avec son projet de « nouvel ordre mondial » suite à la guerre du Golfe en 1991) qu’en politique intérieure. Mal à l’aise sur les questions de société (comme l’avortement), pressé par l’endettement et le ralentissement économique, il ne tient pas sa promesse fiscale (« Read my lips: no new tax ») et échoue à la présidentielle de 1992 pour laquelle il n’obtient que 38 % des voix.

    Bill CLINTON (né en 1946)

    Baby-boomer, orphelin de père, Bill CLINTON adopte le nom de famille de son beau-père, alcoolique et violent. Ce contexte familial difficile ne l’empêche pas de réaliser de brillantes études ; passé par Oxford (grâce à une bourse Rhodes) et Yale (où il rencontre Hillary qui devient sa femme en 1975), il devient professeur de droit à l’université d’Arkansas. Opposé à la guerre du Vietnam (il lèvera d’ailleurs l’embargo contre ce pays en 1994), admirateur de KENNEDY (qu’il rencontre avec son lycée, en 1963), il échoue à entrer à la Chambre des représentants mais est élu procureur général de l’Arkansas en 1976 puis gouverneur de l’Arkansas en 1978 (à 32 ans), poste qu’il occupera jusqu’à son élection à la Maison-Blanche (hormis entre 1980 et 1982). Auréolé de bons résultats à la tête de cet Etat (recul du chômage, croissance économique), CLINTON est désigné candidat du parti démocrate à l’élection présidentielle de 1992 (son colistier, Al GORE, vient aussi d’un Etat du sud) contre le président républicain sortant, George BUSH. Ancien président du Democratic Leadership Council (organisation créée au milieu des années 1980 pour recentrer le Parti démocrate), le néo-président mène une politique libérale, soutenu par un réseau d’entrepreneurs et recherchant de nouveaux marchés (en Asie, sur le continent américain avec la fondation de l’ALENA fin 1993). Si son administration développe la doctrine de l’enlargement (promotion de la démocratie et de l’économie de marché considérés comme les meilleurs garants de la paix et de la prospérité), CLINTON tergiverse en matière de politique étrangère. Il cherche à établir de bonnes relations américano-russes et à résoudre le conflit israélo-palestinien (accords d’Oslo en 1993), mais son intervention en Yougoslavie est tardive (accords de Dayton en 1995). Réélu malgré une forte pression républicaine (qui s’exprimera longtemps à la Chambre, empêchant la ratification du protocole de Kyoto sur l’environnement par exemple), il s’attèle à des réformes intérieures (système de santé, intervention de l’Etat – il proclame en janvier 1996 que « l’ère du tout-État appartient au passé ») mais voit son second mandat vaciller lorsque la presse révèle, début 1998, la liaison qu’il a entretenue avec Monica LEWINSKY, une jeune stagiaire de la Maison-Blanche. Comme l’avance l’historien Pierre MELANDRI, il s’avère que CLINTON a une certaine propension à vivre « sur le fil du rasoir » dans le domaine privé (affaires Gennifer FLOWERS et Paula JONES) et compte tenu de différents scandales dans lesquels son nom est associé (Whitewater, Travelgate, Filegate, collecte illégale des fonds du Parti démocrate en 1996). Touché par une procédure d’impeachment (qui ne rassemblera pas suffisamment de voix), traduit devant le Sénat pour faux témoignage (il a d’abord nié avoir eu des relations sexuelles avec sa stagiaire) et obstruction à la justice (il est le second président dans ce cas, après Andrew JOHNSON), Bill CLINTON vit une fin de présidence compliquée. La situation internationale est à nouveau instable (radicalisations au Proche-Orient, crise financière en Asie et en Russie, guerre du Kosovo) et ses réformes intérieures suscitent l’opposition. Néanmoins, la situation économique des Etats-Unis est plutôt florissante et CLINTON peut se targuer d’avoir présidé à la plus longue période de prospérité que les États-Unis aient jamais expérimentée. Conférencier recherché depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche (ses interventions dans le monde entier lui auraient rapporté plus de 100 millions de dollars !), il dirige, depuis 2001, sa propre fondation, préside une ONG qui lutte contre la malaria, le sida et la pauvreté en Afrique (la Clinton Global Initiative), a travaillé pour les Nations-Unies (suite au tremblement de terre en Haïti en 2004) et siège au conseil d’administration de plusieurs entreprises. Soutien de Barack OBAMA, il contribuera à la campagne (perdue) de sa femme face à Donald TRUMP (2016).

    George W. BUSH (né en 1946)

    Fils aîné, George Walker BUSH grandit au Texas et suit les traces de son père, aussi bien dans la formation universitaire (ils étudient dans les mêmes écoles, Yale par exemple) que les activités professionnelles (titulaire d’une maîtrise en administration des affaires obtenue à Harvard, il se lance dans l’industrie pétrolière). Néanmoins, il n’a pas le même succès que son père. Engagé dans l’armée pendant la guerre du Vietnam (pilote dans la Garde nationale du Texas), il évite comme d’autres « privilégiés » les théâtres d’opération. Sa propre société pétrolière, Arbusto (traduction espagnole de « bush »), a peu de succès et les réussites en affaires de George W. BUSH seront longtemps impulsées par les réseaux de son père (il réalisera également des bénéfices dans la revente d’une équipe de base-ball, les Texas Rangers). Il tente de se lancer en politique dans les années 1970 mais devra attendre la décennie suivante pour s’affirmer. Ayant dompté ses addictions (alcool, drogue) sous l’influence des méthodistes, il soutient la campagne de son père en 1988 et démarre sa propre carrière en 1994 en devenant gouverneur du Texas. Favorable à la dérégulation financière mais aussi à la peine de mort, hostile à la protection de l’environnement (il abaissera, en tant que président, les normes de pollutions ou ouvrira les espaces naturels protégés à l’exploitation pétrolière et forestière), il mène une politique qu’il qualifie de « conservatisme avec du cœur ». « Mal-élu » en 2000 (il gagne l’élection grâce aux grands-électeurs alors que son adversaire, Al GORE, l’avait emporté de plus de 500 000 voix dans le vote populaire !), BUSH acquiert pourtant une stature internationale après les attentats du 11 septembre 2001. Poussé par les « néo-conservateurs » (on parle aussi des « faucons ») comme Dick CHENEY (homme d’affaires, secrétaire à la Défense sous George BUSH Père, vice-président sous George W. BUSH Fils), Colin POWELL (secrétaire d’Etat), Donald RUMSFELD (secrétaire à la Défense), Condoleezza RICE (conseillère pour la sécurité nationale) ou encore Paul WOLFOWITZ (secrétaire adjoint à la Défense), le président va progressivement quitter la tendance multilatérale de ses prédécesseurs pour adopter une politique dure (multilatéralisme) en vue d’imposer les Etats-Unis au sommet et d’installer la démocratie américaine au Moyen-Orient. Déclarant la guerre au terrorisme, définissant un « Axe du mal » (discours sur l’état de l’Union en janvier 2002), George W. BUSH va surveiller sa population (Patriot Act) et lancer des guerres interminables en Afghanistan (2001) et en Irak (2003, sans accord de l’ONU). Réélu en 2004, il verra sa popularité décliner du fait du bourbier irakien, de sa mauvaise gestion économique (crise financière liée à la déréglementation financière ; baisse du niveau de vie) et administrative (problèmes de secours à La Nouvelle-Orléans touchée par le cyclone Katrina en août 2005). Il se retire, après sa présidence, dans son ranch au Texas où il rédige ses mémoires et peint (des portraits d’hommes politiques, comme Vladimir POUTINE !).

    Barack OBAMA (né en 1961)

    Barack Hussein OBAMA est né à Honolulu (Hawaï) alors que ses parents mènent des études universitaires. Son père, Barack (prénom qui signifie « béni »), est kenyan, tandis que sa mère, Ann DUNHAM, vient du Kansas. Ils se séparent deux ans après la naissance – OBAMA ne reverra son père qu’une seule fois, à l’âge de dix ans, avant qu’il meure, en 1982, dans un accident de voiture à Nairobi. Sa mère s’étant remariée avec un étudiant indonésien, la famille s’installe à Jakarta en 1967. Barack OBAMA revient vivre chez ses grands-parents à Hawaii à l’âge de 10 ans pour bénéficier d’une meilleure scolarité qu’en Indonésie. Après des études à Los Angeles, il entre à Columbia et en ressort diplômé en 1983 (en sciences politiques et relations internationales). Il décide alors de s’engager à Chicago, devenant animateur social pour le compte des églises du South Side, un quartier noir miné le chômage. Après trois années à Harvard, où il étudie le droit, il revient à Chicago et choisit d’intégrer un cabinet juridique spécialisé dans la défense des droits civiques – il enseigne le droit constitutionnel en parallèle. Son engagement social le mène progressivement à la politique, d’abord à l’échelon local. Elu au Sénat de l’Illinois (1996), il préside la Commission de la santé publique et des services sociaux et se soucie déjà des questions de couverture maladie ou d’éducation des enfants. Cherchant à faire porter sa voix à l’échelle nationale, il constitue son réseau au sein des démocrates et rencontre John KERRY à Washington en 2004. Celui-ci l’invite à intervenir à la Convention de Boston en 2004 : le discours d’OBAMA enflamme l’auditoire et les médias commencent à le faire connaître. Devenu sénateur en 2004 (il est alors le seul homme de couleur dans l’hémicycle !), il se lance dans la campagne à l’investiture démocrate en février 2007, entre autres face à Hilary CLINTON. Intronisé, populaire et rassembleur (le taux de participation sera l’un des plus élevés), OBAMA mène une campagne présidentielle habile et novatrice (en utilisant les réseaux sociaux) et devient le premier président noir des Etats-Unis, suscitant une vague d’« Obamania » à l’international. La réalité du terrain le rattrape rapidement puisqu’il doit faire face à une grave crise économique et à un chômage galopant (9,8 % en 2010). Sa politique de relance (plus de 700 milliards de dollars), d’inspiration keynésienne, et son interventionnisme dans le domaine social (loi Obamacare, difficile à faire voter) n’ont pas des résultats immédiats. La défaite des démocrates aux élections de mi-mandat en 2010 témoigne d’un recul de popularité et oscillera durant le second mandat. Sur le plan international, le président tente de faire rupture avec la « cow-boy diplomacy » et l’unilatéralisme de son prédécesseur (c’est le cas en Libye ou en Syrie par exemple). Il cherche à réhabiliter l’image des Etats-Unis par une politique plus « médiatrice », moins offensive (on parle de « smart power »). Ses deux mandats sont aussi marqués par le désengagement (retrait des troupes d’Irak et d’Afghanistan, fin de la doctrine Monroe annoncée en 2009) et l’appel à « partager le fardeau » de la défense mondiale (OBAMA vise surtout ses alliés européens – le continent européen est d’ailleurs plutôt délaissé au profit de l’Asie). Enfin, OBAMA croit plus en la place des peuples dans les évolutions historiques qu’aux ingérences des grandes puissances. Cette posture lui sera reprochée (inaction face au printemps arabe, face au franchissement de la « ligne rouge » chimique en Syrie ou face à l’annexion de la Crimée par la Russie de Vladimir POUTINE) même si le prix Nobel de la Paix (2009) est venu féliciter précocement sa modération, sa volonté de transparence et ses efforts de (ré)conciliation (accords de réduction des armements nucléaires avec la Russie, affaires Guantanamo et Snowden, fin de l’embargo sur Cuba, traité sur le nucléaire iranien).

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    Nous recherchons la sécurité de notre Nation, de nos alliés et de nos partenaires. Nous recherchons la prospérité qui découle ...
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    "Nous sommes entrés dans cette guerre parce que des violations du droit se sont produites qui nous touchaient au vif, ...
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    "Monsieur le président de la Cour suprême, Monsieur les présidents CARTER, BUSH, CLINTON, OBAMA, mes concitoyens américains et le peuple ...
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    "En tant que [représentants] des deux plus grandes économies de la planète, grands consommateurs d’énergie et émetteurs de gaz à ...
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  • TOUT VOIR

    Une critique artistique de l’ingérence américaine au Guatemala dans les années 1950


    Diego RIVERA (peintre mexicain ; 1886-1957), Gloriosa Victoria, tempera sur toile, 260 × 450 cm, 1954, musée Pouchkine, Moscou.

    La fresque a été commandée par des artistes mexicains pour soutenir le peuple guatémaltèque mais D. RIVERA fut inquiété et l’œuvre jamais exposée (elle sera alors récupérée par l’URSS).

    Dans les années 1950, 85 % des terres appartiennent à la firme multinationale états-unienne United Fruit Company dont Allen DULLES, directeur de la CIA (sur le tableau, il se tient à une chaise sur laquelle sont posées des bananes), est actionnaire. En 1951, le président Jacobo ARBENZ GUZMAN, élu en 1951, veut nationaliser ces terres au profit du pays en organisant une réforme agraire. Il est alors renversé en 1954 par un coup d’Etat (l’opération PBSUCCESS) organisé par la CIA. Cette action place Carlos CASTILLO ARMAS, favorable aux Etats-Unis, à la tête du pays. On peut le voir sur le tableau à droite, serrant la main de John Foster DULLES (secrétaire d’Etat américain et frère d’Allen DULLES). Celui-ci soutient une bombe à l’effigie du président des Etats-Unis, D. EISENHOWER.

    L’évolution des relations entre les Etats-Unis et Cuba (1959-2016)


    Infographie AFP publiée par La Croix (« Barack Obama à Cuba pour écrire l’histoire », 20 mars 2016).

    STALINE et TRUMAN se partagent le monde (caricature de 1947)


    Cette caricature du 18 juin 1947 réalisée par Ernest Howard SHEPARD pour le magazine satirique Punch représente TRUMAN et STALINE en chauffeurs de taxi essayant d’obtenir des clients.

    Andy SINGER, D-Day, 1998


    Andy SINGER, Invading New Markets/D-Day, 1998. Le dessin est publié pour la première fois en noir et blanc sur la couverture du numéro de Z Magazine (publication de la gauche radicale américaine) de juillet-août 1998. Il est publié en couleur en décembre 1998 sous le titre « D-Day » dans un numéro du mensuel britannique New Internationalist intitulé « The Mousetrap — Inside Disney’s dream machine » (n°308). Le dessin parait donc sous la présidence CLINTON, très active dans la signature d’accords commerciaux. Il montre (et dénonce) la domination militaire (l’arrière-plan copie d’ailleurs la photographie de la Seconde Guerre mondiale « Raising the Flag on Iwo Jima » mise en scène par Joe ROSENTHAL), commerciale et culturelle américaine. On peut le considérer comme une une allégorie du libre-échange inégal et de la conquête des marchés par les firmes transnationales états-uniennes.

    Affiche allemande en faveur du Plan Marshall et de la construction européenne (1950)


    Affiche allemande pour le plan Marshall (European Recovery Program) en 1950 : « Coopération inter-européenne pour de meilleures conditions de vie ».

    Le déclin du stock d’or des États-Unis (1950-2010)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 305.

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    AFFICHES

    Affiche allemande en faveur du Plan Marshall et de la construction européenne (1950)


    Affiche allemande pour le plan Marshall (European Recovery Program) en 1950 : « Coopération inter-européenne pour de meilleures conditions de vie ».

    ARCHIVES ET DOCUMENTS HISTORIQUES

    ŒUVRES

    Une critique artistique de l’ingérence américaine au Guatemala dans les années 1950


    Diego RIVERA (peintre mexicain ; 1886-1957), Gloriosa Victoria, tempera sur toile, 260 × 450 cm, 1954, musée Pouchkine, Moscou.

    La fresque a été commandée par des artistes mexicains pour soutenir le peuple guatémaltèque mais D. RIVERA fut inquiété et l’œuvre jamais exposée (elle sera alors récupérée par l’URSS).

    Dans les années 1950, 85 % des terres appartiennent à la firme multinationale états-unienne United Fruit Company dont Allen DULLES, directeur de la CIA (sur le tableau, il se tient à une chaise sur laquelle sont posées des bananes), est actionnaire. En 1951, le président Jacobo ARBENZ GUZMAN, élu en 1951, veut nationaliser ces terres au profit du pays en organisant une réforme agraire. Il est alors renversé en 1954 par un coup d’Etat (l’opération PBSUCCESS) organisé par la CIA. Cette action place Carlos CASTILLO ARMAS, favorable aux Etats-Unis, à la tête du pays. On peut le voir sur le tableau à droite, serrant la main de John Foster DULLES (secrétaire d’Etat américain et frère d’Allen DULLES). Celui-ci soutient une bombe à l’effigie du président des Etats-Unis, D. EISENHOWER.

    Andy SINGER, D-Day, 1998


    Andy SINGER, Invading New Markets/D-Day, 1998. Le dessin est publié pour la première fois en noir et blanc sur la couverture du numéro de Z Magazine (publication de la gauche radicale américaine) de juillet-août 1998. Il est publié en couleur en décembre 1998 sous le titre « D-Day » dans un numéro du mensuel britannique New Internationalist intitulé « The Mousetrap — Inside Disney’s dream machine » (n°308). Le dessin parait donc sous la présidence CLINTON, très active dans la signature d’accords commerciaux. Il montre (et dénonce) la domination militaire (l’arrière-plan copie d’ailleurs la photographie de la Seconde Guerre mondiale « Raising the Flag on Iwo Jima » mise en scène par Joe ROSENTHAL), commerciale et culturelle américaine. On peut le considérer comme une une allégorie du libre-échange inégal et de la conquête des marchés par les firmes transnationales états-uniennes.

    Une manifestation d’hostilité à l’impérialisme américain à Caracas (2015)

    A Caracas (Venezuela), un homme est assis devant un graffiti représentant les États-Unis et sur lequel on peut lire les mots « impérialisme » et « traitre », mars 2015.

    PHOTOGRAPHIES

    Les réserves d’or américaines (1968)


    Lingots d’or étrangers déposés dans un coffre de New York comptabilisés par des employé de la réserve fédérale des Etats-Unis (mars 1968).

    Les soldats américains célèbrent leur victoire à Paris (15 août 1945)

    Des soldats américains fêtent la victoire sur le Japon le 15 août 1945 à Paris (place de la Madeleine). Sur la pancarte, on lit : « les Japs écrasés ».

    L’ouverture du premier McDonald’s à Moscou (janvier 1990)

    Ouverture du premier restaurant McDonald’s à Moscou (place Pouchkine) le 31 janvier 1990.

    Une manifestation d’hostilité à l’impérialisme américain à Caracas (2015)

    A Caracas (Venezuela), un homme est assis devant un graffiti représentant les États-Unis et sur lequel on peut lire les mots « impérialisme » et « traitre », mars 2015.

    PRESSE

    STALINE et TRUMAN se partagent le monde (caricature de 1947)


    Cette caricature du 18 juin 1947 réalisée par Ernest Howard SHEPARD pour le magazine satirique Punch représente TRUMAN et STALINE en chauffeurs de taxi essayant d’obtenir des clients.

    Andy SINGER, D-Day, 1998


    Andy SINGER, Invading New Markets/D-Day, 1998. Le dessin est publié pour la première fois en noir et blanc sur la couverture du numéro de Z Magazine (publication de la gauche radicale américaine) de juillet-août 1998. Il est publié en couleur en décembre 1998 sous le titre « D-Day » dans un numéro du mensuel britannique New Internationalist intitulé « The Mousetrap — Inside Disney’s dream machine » (n°308). Le dessin parait donc sous la présidence CLINTON, très active dans la signature d’accords commerciaux. Il montre (et dénonce) la domination militaire (l’arrière-plan copie d’ailleurs la photographie de la Seconde Guerre mondiale « Raising the Flag on Iwo Jima » mise en scène par Joe ROSENTHAL), commerciale et culturelle américaine. On peut le considérer comme une une allégorie du libre-échange inégal et de la conquête des marchés par les firmes transnationales états-uniennes.

    Que reste-t-il de la puissance américaine (Courrier international, 2016)

    Hors-série du Courrier international, n°58, septembre 2016.

    Les États-Unis, une puissance surarmée durant la guerre froide

    Dessin de Kate Salley PALMER paru dans Greenville SC News, avril 1982. A gauche, Leonid BREJNEV, dirigeant de l’URSS de 1964 à 1982. A droite, Ronald REAGAN, président des États-Unis de 1981 à 1989.

    SCHEMAS & INFOGRAPHIES

    L’évolution des relations entre les Etats-Unis et Cuba (1959-2016)


    Infographie AFP publiée par La Croix (« Barack Obama à Cuba pour écrire l’histoire », 20 mars 2016).

    Le déclin du stock d’or des États-Unis (1950-2010)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 305.

    L’évolution de l’opinion publique américaine face à la guerre (1939-1941)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 122.

    L’importance de l’effort de guerre américain (1941-1945)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 130.

    L’évolution de l’immigration aux États-Unis (1920-2015)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 141.

    L’évolution de la balance commerciale des États-Unis (1965-2015)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 139.

    Les traités d’alliance américains durant la guerre froide

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 136.

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  • La Silicon Valley, un modèle pour de nombreux territoires de l’innovation


    Géographie Term L, ES, S, Belin, coll. S. BOURGEAT, C. BRAS, 2016, p. 135.

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    PRODUCTION WEB

    1929 et les krachs boursiers (France Info, 2016)

    Chronique de Gérald ROUX sur France Info, février 2016

    REPORTAGES TV

    5G : bataille technologique entre les États-Unis et la Chine (6 février 2019)

    Journal télévisé de 20h, France 2, 6 février 2019

    La télévision française analyse les images du 11 septembre 2001

    Édition spéciale de la rédaction de France 3, 11 septembre 2001

    CNN devient la première chaîne mondiale d’info en continu (1980)

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 6 juin 1980


  • CINEMA

    • Les raisins de la colère (1940). Drame de John FORD avec Henry FONDA, Jane DARWELL, John CARRADINE.
      Adapté du roman éponyme de John STEINBECK (publié en 1939), le film témoigne, à travers l’histoire de la famille JOAD, de l’errence des Américains poussés sur les routes, chassés de leur terre et tombant dans la misère du fait de la Grande dépression des années 1930.
    • J’ai vécu l’enfer en Corée (1951). Film de guerre de Samuel FULLER avec Gene EVANS, Robert HUTTON, Steve BRODIE.
      Il s’agit du premier film sur la guerre de Corée (débutée alors depuis un an). Réalisé par Samuel FULLER (soldat et reporter de guerre pendant la Seconde Guerre Mondiale), il met en valeur les laissés pour compte de la guerre comme ce survivant américain ou ce Sud-Coréen, obligés de résister à l’expansion nord-coréenne. A noter que le film brise le silence sur les camps d’internement pour les Nippo-Américains durant le second conflit mondial.
    • Baïonnette au canon (1951). Film de guerre de Samuel FULLER avec Richard BASEHART, Gene EVANS, Michael O’SHEA.
      Auréolé du succès de J’ai vécu l’enfer en Corée, S. FULLER signe un contrat avec la 20th Century Fox et tourne un film sur le même sujet ; ce sera un échec commercial. L’action se passe durant le premier hiver de la guerre de Corée. Afin de laisser à un régiment le temps de se replier, un peloton est chargé de défendre coûte que coûte, dans le froid et la neige, une colline exposée aux adversaires.
    • Le jour le plus long (1962). Film de guerre de Ken ANNAKIN, Andrew MARTON, Darryl F. ZANUCK et Bernhard WICKI avec John WAYNE, Henry FONDA, Richard BURTON.
      Inspiré par un ouvrage de Cornelius RYAN et scénarisé par d’éminents écrivains (dont Romain GARY et Erich Maria REMARQUE), cette superproduction se veut une représentation pédagogique (donc tout-public, sans violence réaliste) du débarquement allié du 6 juin 1944 à travers le point de vue des vainqueurs (valorisés) et des vaincus.
    • Docteur Folamour (1964). Comédie de Stanley KUBRICK avec Peter SELLERS, George C. SCOTT, Sterling HAYDEN.
      En pleine guerre froide, un général de l’Armée de l’air américaine, frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer ses B-52 frapper l’URSS. Le président des États-Unis (interprété par Peter SELLERS) commande une réunion d’urgence dans la salle souterraine de commandement stratégique pour tenter d’éviter une guerre nucléaire. Un classique du cinéma et l’un des premiers films à ironiser sur le climat de tension permanente et d’équilibre de la terreur au cours de la guerre froide.
    • Les bérets verts (1968). Film de guerre de Ray KELLOGG et John WAYNE avec John WAYNE, David JANSSEN, Jim HUTTON.
      Réalisé (mais aussi financé) par l’acteur patriote John WAYNE, le film fait en quelque sorte oeuvre de propagande pour l’intervention américaine au Viet Nam (une introduction de dix minutes tente de la justifier). Les soldats américains, surarmés, sont aussi survalorisés.
    • L’étau (1969). Film d’espionnage d’Alfred HITCHCOCK avec Frederick STAFFORD, Dany ROBIN, Claude JADE.
      Tiré d’une histoire vraie (l’affaire « Saphir » en 1962), le film plonge le spectateur dans la période précédant la crise de Cuba. Des agents américains (CIA) organisent l’exfiltration de hauts-fonctionnaires soviétiques et apprennent l’intention de l’URSS de placer des missiles à Cuba.
    • MASH (1970). Satire de Robert ALTMAN avec Donald SUTHERLAND, Elliott GOULD, Tom SKERRITT.
      Durant la guerre de Corée, deux nouveaux chirurgiens se font particulièrement remarquer par leur attitude rebelle et provocatrice au sein du 4077e Mobile Army Surgical Hospital (MASH).
    • Les trois jours du Condor (1975). Film d’espionnage de Sydney POLLACK avec Robert REDFORD, Faye DUNAWAY, Cliff ROBERTSON.
      Dans les États-Unis des années 1970, après le scandale du Watergate, Sydney POLLACK (comme Alan J. PAKULA avec A cause d’un assassinat ou Francis Ford COPPOLA avec Conversation secrète à la même époque) s’interroge sur la loyauté des organisations gouvernementales avec ce film éminemment politique. Un agent de la CIA, joué par Robert REDFORD, est chargé de trouver des fuites et des taupes au sein de son agence ; son enquête le mène jusqu’au Moyen-Orient à l’ère de la guerre froide.
    • Voyage au bout de l’enfer (1978). Drame de Michael CIMINO avec Robert DE NIRO, Meryl STREEP, Christopher WALKEN.
      Cette fresque constitue l’une des premières oeuvres sur la guerre du Viet Nam et, plus particulièrement sur ses conséquences psychologiques. L’histoire est centrée sur trois amis issus du monde ouvrier qui s’engagent dans cette guerre et en resteront profondément marqués.
    • Le retour (1978). Drame d’Hal ASHBY avec Jane FONDA, Jon VOIGHT, Bruce DERN.
      Un triangle amoureux sur fond de guerre du Viet Nam : alors que son mari est parti combattre, Sally, bénévole dans un hôpital militaire, retrouve son amour de lycée et s’attache à nouveau à lui.
    • Apocalypse Now (1979). Film de guerre de Francis Ford COPPOLA avec Martin SHEEN, Marlon BRANDO, Robert DUVALL.
      Palme d’or au Festival de Cannes 1979, ce chef d’oeuvre du cinéma américain a connu un tournage catastrophique qui se ressent à plusieurs égards dans le métrage. Le film prend place dans la guerre du Viet Nam : les services secrets militaires américains confient au capitaine WILLARD la mission de retrouver et d’exécuter le colonel KURTZ (joué par M. BRANDO), retranché à la frontière cambodgienne et menant sa propre guerre avec une extrême sauvagerie.
    • Au-delà de la gloire (1980). Film de guerre de Samuel FULLER avec Lee MARVIN, Mark HAMILL, Robert CARRADINE.
      L’ancien soldat et reporter de guerre Samuel FULLER s’inspire de ses souvenirs pour relater les opérations menées par la 1ère division d’infanterie américaine, la Big Red One, dans les opérations européennes (débarquements en Afrique du Nord, Sicile et Normandie).
    • L’étoffe des héros (1983). Film historique de Philip KAUFMAN avec Sam SHEPARD, Ed HARRIS, Scott GLENN.
      Un film fleuve, utilisant parfois des images d’archives, retraçant l’épopée des pilotes d’essais américains, héros des programmes aérospatiaux des Etats-Unis dans la première partie de la guerre froide.
    • Rambo II : la mission (1985). Film d’action de George Pan COSMATOS avec Sylvester STALLONE, Richard CRENNA, Charles NAPIER.
      Ecrite par STALLONE et James CAMERON, cette suite du premier Rambo (1982) renvoie le héros déchu au Viet Nam pour sauver des prisonniers américains. Abandonné par son camp, torturé, il déploiera tout son physique et sa puissance de feu pour survivre…
    • Platoon (1986). Film de guerre d’Oliver STONE avec Tom BERENGER, Willem DAFOE, Charlie SHEEN.
      Le film suit un jeune Américain partant combattre, de son plein gré, au Viet Nam, intégrant les sections (« platoon ») de l’infanterie. Largement inspiré de l’expérience du réalisateur, lui-même engagé volontaire, ce film, critique, est le premier d’une trilogie sur le Viet Nam, poursuivie avec Né un 4 juillet (1989) et Entre Ciel et Terre (1993).
    • Full Metal Jacket (1987). Film de guerre de Stanley KUBRICK avec Matthew MODINE, Adam BALDWIN, Vincent D’ONOFRIO.
      Plus de deux décennies après le début de la guerre du Vietnam et quelques années après la sortie des premiers films critiques (Voyage au bout de l’enfer, Apocalypse Now), Stanley KUBRICK livre son traitement du conflit en lui instillant ses thèmes de prédilection (conditionnement, violence, condition humaine). L’oeuvre est centrée sur le personnage de J.T. DAVIS, un jeune engagé dans les marines durant la guerre du Viêt Nam, d’abord durant son rude entraînement, puis dans les combats urbains menés dans le cadre de l’offensive du Têt (1968).
    • Jardins de pierre (1987). Drame de Francis Ford COPPOLA avec James CAAN, Anjelica HUSTON, James Earl JONES.
      Quelques années aprèsApocalypse Now), COPPOLA revient à la guerre du Viet Nam en filmant la rupture entre les vétérans désabusés du conflit confrontés aux ambitions et à la naïveté des jeunes recrues.
    • Good Morning, Vietnam (1987). Comédie dramatique de Barry LEVINSON avec Robin WILLIAMS, Forest WHITAKER, Bruno KIRBY.
      Librement inspiré d’une véritable histoire, Good Morning, Vietnam relate le développement d’une station de radio destinée à remotiver les troupes américaines au Viet Nam et dont l’animateur, populaire et caustique, crée une forme de suspicion chez les hauts gradés.
    • Hamburger Hill (1987). Film de guerre de John IRVIN avec Don CHEADLE, Dylan MacDERMOTT, Steven WEBER.
      Un énième long-métrage sur la guerre du Viet Nam centré sur le calvaire d’une troupe de jeunes recrues de l’armée américaine lancée à l’assaut d’une position fortifiée et piégée, Hamburger Hill (frontière laotienne), en 1969.
    • Rambo III (1988). Film d’action de Peter MacDONALD avec Sylvester STALLONE, Richard CRENNA, Marc DE JONGE.
      Après le Viet Nam dans l’opus précédent, John RAMBO tente de libérer un ami d’Afghanistan où la guerre fait rage avec l’URSS.
    • Outrages (1989). Film de guerre de Brian DE PALMA avec Michael J. FOX, Sean PENN, Don HARVEY.
      Sauvé par son commandant lors d’une sortie sur le front, en pleine guerre du Viet Nam, une jeune recrue de l’armée américaine se dresse pourtant contre lui (et le reste de la brigade) en ce qui concerne le sort d’un prisonnier.
    • Hot Shots ! 2 (1993). Comédie de Jim ABRAHAMS avec Charlie SHEEN, Valeria GOLINO, Lloyd BRIDGES.
      Une parodie des films de guerre et d’action américains dans le contexte de sortie de guerre froide et de guerre du Golfe.
    • Forrest Gump (1994). Comédie dramatique de Robert ZEMECKIS avec Tom HANKS, Robin WRIGHT, Gary SINISE.
      Adaptation multi-oscarisée du roman éponyme de Winston GROOM (1986), le film relate l’histoire des États-Unis des années 1950 aux années 1980 (guerre du Viet Nam, JFK, visite de NIXON à Pékin, etc.) à travers le regard d’un « simple d’esprit », Forrest GUMP, qui devient involontairement l’acteur central, voire l’instigateur des principaux événements de cette période.
    • Nixon (1995). Film biographique d’Oliver STONE avec Anthony HOPKINS, Joan ALLEN, Ed HARRIS.
      Un film exigeant (long – 3 heures – et marqué par des ruptures de rythme) consacré au président NIXON. Critique vis-à-vis du système, Oliver STONE ne dresse pourtant pas ici un portrait à charge sur l’ancien pensionnaire controversé de la Maison-Blanche.
    • Il faut sauver le soldat Ryan (1998). Film de guerre de Steven SPIELBERG avec Tom HANKS, Edward BURNS, Matt DAMON.
      Multi-récompensé, le film constitue un tournant dans la représentation de la guerre à l’écran (ici, le débarquement du 6 juin 1944 à Omaha Beach en Normandie). La première séquence du film (le débarquement des soldats américains) est en effet ultra-réaliste.
    • La ligne rouge (1998). Film de guerre de Terrence MALICK avec Sean PENN, Adrien BRODY, Jim CAVIEZEL.
      Ours d’or au Festival de Berlin, ce film marque le retour du réalisateur Terrence MALICK après de nombreuses années d’absence. Le cinéaste représente la bataille de Guadalcanal (1942) et explore les conflits sensoriels et intérieurs des soldats américains confrontés à l’horreur de la guerre dans un espace onirique.
    • Treize jours (2000). Thriller de Roger DONALDSON avec Kevin COSTNER, Bruce GREENWOOD, Stephanie ROMANOV.
      Une reconstitution de la crise des missiles de Cuba (1962). Si le processus de prise de décision est bien décrit (au sein du comité EXCOM fondé pour l’occasion, avec Robert KENNEDY comme élément important), le suspense et la mise en scène sont poussifs.
    • Les rois du désert (2000). Film de guerre de David O’RUSSELL avec George CLOONEY, Mark WAHLBERG, Ice CUBE.
      Un film de guerre simpliste (un groupe de soldats aux personnalités différentes doivent coopérer) par le touche-à-tout David O’RUSSELL qui raconte l’expédition menée, en marge de la première guerre du Golfe (1990), par quatre soldats américains désabusés pour récupérer une partie des lingots d’or volés par Saddam HUSSEIN au Koweit.
    • Pearl Harbor (2001). Film de guerre de Michael BAY avec Ben AFFLECK, Kate BECKINSALE, Josh HARTNETT.
      Spécialiste des films à grand spectacle et pyrotechnie, Michael BAY revisite, sans ambition historique (ni artistique…), l’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) et esquisse un drame romantique à travers un triangle amoureux.
    • La chute du faucon noir (2001). Film de guerre de Ridley SCOTT avec Josh HARTNETT, Ewan McGREGOR, Tom HARDY.
      Une évocation réaliste des combats de Mogadiscio des 3 et 4 octobre 1993 au cours desquels dix-neuf militaires américains et plusieurs centaines de Somaliens trouvèrent la mort.
    • Nous étions soldats (2002). Film de guerre de Randall WALLACE avec Mel GIBSON, Madeleine STOWE, Greg KINNEAR.
      Une film qui semble à rebours des productions précédentes sur la guerre du Viet Nam : des soldats américains sont parachutés en zone ennemie et vont utiliser leur courage et leur patriotisme pour résister…
    • Fahrenheit 9/11 (2004). Documentaire de Michael MOORE.
      Après le succès de Bowling for Columbine qui pointait du doigt la question des armes aux Etats-Unis, le documentariste radical Michael MOORE dresse un réquisitoire contre George W. BUSH (espérant qu’il perde les élections de novembre 2004 !), montrant les irrégularités de l’élection de 2000, les liens entre les Bush et la famille Ben Laden ou encore le mensonge d’Etat que constitue la guerre en Irak. Le film sera récompensé par la palme d’or au Festival de Cannes.
    • Jarhead (2005). Film de guerre de Sam MENDES avec Jake GYLLENHAAL, Scott McDONALD, Peter SARSGAARD.
      Un bataillon de Marines est envoyé à l’été 1990 dans le désert saoudien alors que Saddam HUSSEIN a envahi le Koweït. Composé de jeunes Américains déracinés, inspirés par les mythologies guerrières et les récits familiaux, ce groupe est plongé dans l’attente d’une guerre qui ne vient pas.
    • Mémoires de nos pères (2006). Film de guerre de Clint EASTWOOD avec Ryan PHILIPPE, Adam BEACH, Jesse BRADFORD.
      S’appuyant sur la photographie passée à la postérité de Joe ROSENTHAL, le film suit trois soldats américains participant à la bataille d’Iwo Jima (février-mars 1945) et devenus des outils de propagande.
    • Lettres d’Iwo Jima (2006). Film de guerre de Clint EASTWOOD avec Ken WATANABE, Kazunari NINOMIYA, Tsuyoshi IHARA.
      Deuxième versant du dyptique de Clint EASTWOOD sur la bataille d’Iwo Jima (après Mémoires de nos pères, c’est la résistance japonaise de l’île, organisée dès 1944, qui est ici présentée.
    • World Trade Center (2006). Drame d’Oliver STONE avec Nicolas CAGE, Michael PENA, Maggie GYLLENHAAL.
      Cinq ans après les attentats, Oliver STONE construit un film sur le 11 septembre en célébrant l’héroïsme des sauveteurs.
    • Vol 93 (2006). Drame de Paul GREENGRASS avec Christian CLEMENSON, David A. BASCHE, Cheyenne JACKSON.
      Une plongée suffocante (le film est construit comme un crescendo) dans le détournement du vol 93 United Airlines du 11 septembre 2001 (l’avion s’écrasera en Pennsylvanie après la rebellion des passagers), retranscrit aussi bien dans l’appareil que dans les administrations au sol.
    • W., l’improbable président (2008). Film biographique d’Oliver STONE avec Josh BROLIN, Elizabeth BANKS, James CROMWELL.
      A la manière de son Nixon dix ans plus tôt, Oliver STONE dresse le portrait de George W. BUSH. Il y a ici moins de subtilité tant le traitement est corrosif…
    • Démineurs (2009). Film de guerre de Kathryn BIGELOW avec Jeremy RENNER, Anthony MACKIE, Brian GERAGHTY.
      Encensé par la critique (sa réalisatrice est la première femme à recevoir un Oscar), le film suit une équipe américaine de déminage durant la guerre d’Irak, confrontée aussi bien aux dangers du métier qu’à ceux du conflit.
    • Green Zone (2010). Film de guerre de Paul GREENGRASS avec Matt DAMON, Amy RYAN, Greg KINNEAR.
      Habitué aux films critiques tournés dans un style « documentaire » (caméra à l’épaule), le Britannique Paul GREENGRASS suit un officier américain chargé de trouver des armes de destruction massive en Irak pendant l’occupation américaine (2003). Celui-ci découvrira plutôt le mensonge et les manipulations de Washington dans le cadre de cette guerre.
    • J. Edgar (2011). Film biographique de Clint EASTWOOD avec Leonardo DiCAPRIO, Naomi WATTS, Armie HAMMER.
      Une reconstitution ultra-classique (le protagoniste se confie sur sa vie au terme de son parcours professionnel) de la carrière John Edgar HOOVER, fondateur et directeur mystérieux du FBI (de 1924 à 1972).
    • Zero Dark Thirty (2012). Thriller de Kathryn BIGELOW avec Jessica CHASTAIN, Jason CLARKE, Joel EDGERTON.
      Un an après la capture et la mort d’Oussama BEN LADEN, la traque du chef d’Al-Qaida est retracée par ce film qui a pu être sujet à controverse (film de propagande ? film pro-torture ?). Le titre correspond au code militaire indiquant l’heure du lancement de l’opération Neptune Spear : minuit et demi.
    • American Sniper (2014). Film de guerre de Clint EASTWOOD avec Bradley COOPER, Sienna MILLER, Jake McDORMAN.
      Il s’agit d’une adaptation très élégiaque de l’autobiographie de Chris KYLE, tireur d’élite de l’armée américaine, membre des forces spéciales (SEAL) et considéré comme l’un des meilleurs snipers de l’histoire (il revendique avoir abattu 255 personnes durant la guerre d’Irak).
    • Snowden (2016). Thriller d’Oliver STONE avec Joseph GORDON-LEVITT, Shailene WOODLEY, Melissa LEO.
      Intéressé par les figures du pouvoir (NIXON, George W. BUSH…) ou celles de la rebellion (Jim MORRISON, Fidel CASTRO), Oliver STONE poursuit son anthologie biographique avec le lanceur d’alerte Edward SNOWDEN. Croisant petite et grande échelle, il traite le sujet à la manière d’un thriller efficace, mais en-deçà de la puissance du documentaire Citizenfour (Laura POITRAS, 2014).
    • Tu ne tueras point (2016). Film de guerre de Mel GIBSON avec Andrew GARFIELD, Vince VAUGHN, Sam WORTHINGTON.
      Faisant preuve ici d’une certaine vision moraliste et religieuse, le réalisateur australien controversé Mel GIBSON relate ici l’histoire de Desmond DOSS, fils d’un ancien soldat de la Première Guerre mondiale, qui s’engage dans l’armée américaine (en tant qu' »objecteur de conscience »), est envoyé dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale, mais refuse de combattre.
    • Traque à Boston (2017). Drame de Peter BERG avec Mark WAHLBERG, Kevin BACON, John GOODMAN.
      Le récit de la traque des auteurs de l’attentat de Boston (15 avril 2013), le « jour des patriotes » (titre en version originale), sous un angle étonnemment patriotique (le protagoniste principal disant par exemple : « ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est le bien contre le mal, l’amour contre la haine. Notre meilleure arme pour les battre, c’est l’amour. Ils n’ont aucune chance de gagner »).
    • Le 15h17 pour Paris (2018). Drame de Clint EASTWOOD avec Anthony SADLER, Alex SKARLATOS, Spencer STONE.
      C. EASTWOOD poursuit son évocation de la bravoure américaine avec la représentation de l’attentat du Thalys (21 août 2015), déjoué par trois amis d’enfance américains qui voyageaient en Europe. Abusant d’une forme de téléologie et de pro-américanisme, il a engagé ces trois héros pour jouer leur propre rôle et a tenté de montrer le chemin qui les a amené, depuis l’enfance, à cet événement.
    • First Man, le premier homme sur la Lune (2018). Film biographique de Damien CHAZELLE avec Ryan GOSLING, Claire FOY et Jason CLARKE.
      Après la comédie musicale La La Land, Damien CHAZELLE change de registre et retrace la course à la Lune menée par les Américains, la NASA et Neil ARMSTRONG. Les séquences dans l’espace impressionnent plus que celles au sol, très classiques.
    • Fahrenheit 11/9 (2018). Documentaire de Michael MOORE.
      Comme pour Fahrenheit 9/11, sorti en 2004 (qui faisait alors référence au 11 septembre), Michael MOORE signe un documentaire engagé contre Donald TRUMP (dont il avait prédit l’élection…) dont la victoire a été officialisée le 9 novembre 2016.
    • Vice (2018). Film biographique d’Adam McKAY avec Christian BALE, Amy ADAMS, Sam ROCKWELL.
      Après The Big Short qui plongeait au cœur des arcanes de la crise des subprimes, Adam McKAY construit un film cynique sur l’un des « faucons » les plus influents de la présidence BUSH Jr, Dick CHENEY, controversé vice-président.
    • The Front Runner (2019). Drame politique de Jason REITMAN avec Hugh JACKMAN, Vera FARMIGA, J.K. SIMMONS.
      Le film ausculte les transformations dans la pratique et l’accès au pouvoir aux États-Unis à travers l’histoire vraie de Gary HART, candidat favori de l’investiture démocrate à la présidentielle américaine de 1988 dont la révélation de son infidélité par les médias va provoquer la chute.

    SERIES ET TELEVISION

    • Papa Schultz (1965-1971). Série en 6 saisons (CBS) créée par Bernard FEIN et Albert S. RUDDY avec Bob CRANE, John BANNER, Robert CLARY.
      Un groupe d’officiers alliés (américains, britanniques, français) sont prisonniers dans un stalag géré par des Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Usant de stratagèmes et d’un certain sens de l’exagération, ils parviennent à mener des actions clandestines et d’espionnage en parallèle.
    • MASH (1972-1983). Série en 11 saisons (CBS) créée par Larry GELBART avec Alan ALDA, Wayne ROGERS, Loretta SWIT.
      Adaptation du film du même nom réalisé par Robert ALTMAN (1970), la série constitue une petite satire du militarisme et de la guerre de Corée dans laquelle sont engagés une équipe de médecins et d’infirmières qui constituent la 4077e compagnie du Mobile Army Surgical Hospital (MASH).
    • L’enfer du devoir (1987-1990). Série en 3 saisons (CBS) créée par L. Travis CLARK et Steve DUNCAN avec Terence KNOX, Stephen CAFFREY, Tony BECKER.
      La série est centrée sur la compagnie Bravo, composée de jeunes soldats américains, plongée dans la guerre du Viet Nam à la fin des années 1960.
    • De la Terre à la Lune (1998). Mini-série historique (HBO) créée par Tom HANKS avec Tom HANKS, Dan BUTLER, Lane SMITH.
      Alors qu’ils avaient produit pour le cinéma Apollo 13, Ron HOWARD, Tom HANKS et Brian GRAZER lancent cette série didactique en 12 épisodes durant laquelle HANKS narre l’évolution du programme spatial américain des années 1960 aux années 1970.
    • Band of Brothers – Frères d’armes (2001). Mini-série (HBO) créée par Steven SPIELBERG et Tom HANKS avec Damian LEWIS, Scott GRIMES, Ron LIVINGSTON.
      Dans la foulée de leur collaboration sur le film Il faut sauver le soldat Ryan, Steven SPIELBERG et Tom HANKS produisent cette série inspirée de l’oeuvre de l’historien Stephen E. AMBROSE. On y suit les soldats de la Easy Company (506e régiment d’infanterie parachutée), de leur entraînement à leurs combats en Europe.
    • La Caravane de l’étrange (2003-2005). Série fantastique américaine en 2 saisons (HBO) créée par Daniel KNAUF avec Michael J- ANDERSON, Nick STAHL, Clancy BROWN.
      Durant la Grande Dépression des années 1930, un homme doté de dons extraordinaires, sans domicile, trouve refuge auprès de forains parcourant le pays.
    • The Company (2007). Mini-série américaine en 3 épisodes (Sony) créée par Robert LITTELL avec Chris O’DONNELL, Alfred MOLINA, Michael KEATON.
      Cette courte série suit, sur une période de 40 ans, trois anciens étudiants de Yale (de la promotion 1954) qui intègrent les services secrets alors que la guerre froide bat son plein.
    • Mad Men (2007-2015). Série américaine en 7 saisons (AMC) créée par Matthew WEINER avec Jon HAMM, January JONES, Elisabeth MOSS.
      A travers le cadre d’une agence publicitaire new-yorkaise, la série dépeint les transformations politiques, sociales et culturelles des Etats-Unis dans les années 1960.
    • L’enfer du Pacifique – The Pacific (2010). Mini-série américaine (HBO) créée par Steven SPIELBERG et Tom HANKS avec James B. DALE, Jon SEDA, Joseph MAZZELLO.
      Semblable à la série Band of Brothers, The Pacific retrace l’odyssée croisée de trois marines américains lors de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique.
    • Manhattan (2014-2015). Série américaine en 2 saisons (WGN) créée Sam SHAW avec Ashley ZUKERMAN, John B. HICKEY, Rachel BROSNAHAN.
      L’action se déroule en 1943 en pleine Seconde Guerre mondiale dans le désert du Nouveau-Mexique à Los Alamos. Les autorités américaines y ont créé une ville-laboratoire isolée pour travailler sur un projet ultra secret, le projet Manhattan, visant à produire une arme atomique.
    • The Looming Tower (2018-). Mini-série américaine (Hulu) créée par Dan FUTTERMAN, Alex GIBNEY, Lawrence WRIGHT avec Jeff DANIELS, Tahar RAHIM, Wrenn SCHMIDT.
      Basée sur le livre du même nom de Lawrence WRIGHT, la mini-série plonge le spectateur dans les Etats-Unis des années 1998 et montre la montée de la menace terroriste pesant sur les Etats-Unis de l’avant 11 septembre à travers les différents services de sécurité du pays (parfois en opposition).

    MUSIQUE

    • « Beans, Bacon And Gravy » (années 1930) (chanson anonyme).
      Une chanson populaire (dont le titre peut être traduit ainsi : « Des fayots, du bacon et du jus ») qui témoigne de la crise des années 1930 aux Etats-Unis, démontrant les effets dévastateurs de la faim et critiquant le président HOOVER.
    • « Pearl Harbor blues » (1942) de Doctor CLAYTON.
      Ecrite par le bluesman Doctor CLAYTON (1898-1947) après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, la chanson critique de façon caustique cette agression.
    • « The Senator McCarthy Blues » (1954) du groupe Hal Block with the Tony BORRELLO Orchestra.
      La chanson se moque des médias américains qui, à l’heure des auditions menées par l’anticommuniste McCARTHY, hypnotisent et désinforment les téléspectateurs.
    • « America » (1954) de la comédie musicale West Side Story.
      Créee en 1957, par Arthur LAURENTS et Leonard BERNSTEIN, cette comédie musicale (sorte de Roméo et Juliette dans les quartiers pauvres de New York) montre l’importance de l’immigration aux Etats-Unis et sert le mythe du rêve américain.
    • « Blowin’ in the wind » (1963) de Bob DYLAN.
      Une protest song chargeant les Etats-Unis, la stabilité et la probité du pays ainsi que son rôle dans le monde.
    • « Ballad of Ira Hayes » (1964) de Johnny CASH.
      Le chanteur folk Johnny CASH relate l’histoire d’un Indien d’Amérique dont la terre a été spoliée mais qui agit tout de même en héros dans la guerre du Pacifique, à Iwo Jima.
    • « The Assassination » (1964) du groupe DIXIE NIGHTINGALES.
      Le décès du président KENNEDY (1963) suscita un grand émoi au sein de la communauté afro-américaine qui pouvait estimer que JFK avait fait avancer le combat pour les droits civiques. De nombreux musiciens lui rendirent hommage, comme ce groupe de gospel emmené par Ollie HOSKINS.
    • « Cuban Blockade » (1964) de Don DRUMMOND.
      Jamaïcain hostile à l’impérialisme américain, le rastafarien tromboniste Don DRUMMOND, consacre un instrumental mélancolique au blocus de Cuba.
    • « With God on our side » (1964) de Bob DYLAN.
      DYLAN critique l’histoire téléologique et méliorative de la nation américaine telle qu’elle est apprise dans les écoles.
    • « Lyndon Johnson told to the nation » (1964) de Tom PAXTON.
      L’une des premières chansons contre l’engagement américain au Viet Nam. L’auteur, un guitariste folk, dénonce les arguments du président JOHNSON pour inciter les jeunes à aller combattre.
    • « Ballad of the green Berets » (1965) de Barry SADLER.
      Conseiller militaire au Viet Nam, considéré comme un héros de guerre, Barry SADLER compose cet hymne à l’armée américaine, envisagée comme l’ultime rempart face à l’avancée communiste.
    • « I feel like I’m fixin’ to die rag » (1965) de « Country » Joe McDONALD.
      Une protest song contre la guerre du Viet Nam et le militarisme en général qui connaîtra un important succès grâce au festival de Woodstock.
    • « Korea Blues » (1968) de J. B. LENOIR.
      Une dénonciation de la guerre de Corée par un bluesman habitué à critiquer les engagements extérieurs de son pays, les États-Unis (il est l’auteur, dans les années 1960, de « Eisenhower blues » ou encore de « Vietnam Blues »).
    • « War » (1970) d’Edwin STARR.
      Succès populaire, ce titre dénonce l’enlisement de la guerre du Viet Nam et les massacres qu’elle a pu causer sur les jeunes soldats, particulièrement les Afro-Américains pour la première fois intégrée dans les mêmes unités que les Blancs.
    • « Enola Gay » (1980) du groupe OMD.
      Une évocation du bombardement atomique de la Second Guerre mondiale, Enola Gay étant le nom de l’avion bombardier Boeing B-29 américain qui a largué la bombe sur Hiroshima.
    • « Washington Bullets » (1981) du groupe THE CLASH.
      Dans ce morceau, Joe STRUMMER, le leader de ce groupe punk, dénonce l’impérialisme américain, soviétique ou chinois et leurs interventions dans de nombreux pays du Tiers-Monde.
    • « Allentown » (1982) de Billy JOEL.
      Ville de Pennsylvanie, Allentown incarne la désindustrialisation de la Manufacturing Belt et la plongée d’une partie de la population ouvrière dans la crise post-1970.
    • « The day that John Kennedy died » (1982) de Lou REED.
      Lou REED, ancien leader du groupe Velvet Underground, décrit le choc ressenti par une majorité d’Américains à l’annonce de l’assassinat du président KENNEDY.
    • « Born in the USA » (1984) de Bruce SPRINGSTEEN.
      Pourtant encensée par Ronald REAGAN, « Born in the USA » est une critique du modèle américain, du libéralisme et de l’interventionnisme des Etats-Unis : l’artiste y évoque le difficile retour des soldats du Viet Nam dans un pays en proie aux divisions et au chômage.
    • « Nineteen » (1985) de Paul HARDCASTLE.
      A une époque où les artistes (notamment les cinéastes) se replongent dans la guerre du Viet Nam, le jeune britannique Paul HARDCASTLE sample des reportages sur la guerre du Vietnam et réalise cette chanson qui connaîtra un grand succès en Europe et aux Etats-Unis.
    • « The Ghost of Tom Joad » (1995) de Bruce SPRINGSTEEN.
      Une chanson dédiée aux laissés pour compte des Etats-Unis, aux recalés du système libéral et capitaliste, touchés par la pauvreté et le creusement des inégalités.
    • « Idiot Son of an Asshole » (2003) de NOFX.
      En 2003, NOFX dressait un bilan sans concession des années Bush dans son album War on errorism dont cet extrait se passe de traduction.
    • « Maux de Bush » (2003) du groupe TRYO.
      En pleine guerre d’Irak, le groupe français Tryo allait de son commentaire sur la politique aventureuse et unilatérale de George W. BUSH.
    • « Fuck Donald Trump » (2016) de Nipsey HUSSLE et YG.
      En avril 2016, alors qu’il est encore en campagne présidentielle contre Hillary CLINTON, Donald TRUMP essuie un certain nombre d’essais musicaux critiques, dont celui-ci « proposé » par deux rappeurs.


  • DOC. PHOTO ET TDC

    • « Les Etats-Unis dans la mondialisation », TDC, n°1052, mars 2013.

    OUTILS DE TRAVAIL

    • Lauric HENNETON, Atlas historique des États-Unis, Autrement, 2019, 128 p.
    • Christian MONTES, Pascale NEDELEC, Atlas des Etats-Unis. Un colosse aux pieds d’argile, Autrement, 2016, 95 p.
    • Frédéric SALMON, Atlas historique des États-Unis de 1783 à nos jours, Armand Colin, 2008, 128 p.

    OUVRAGES GÉNÉRAUX

    • Georges AYACHE, Les présidents des Etats-Unis, Perrin, 2016, 450 p.
    • Jacques BINOCHE, Histoire des États-Unis, Ellipses, 2017, 256 p.
    • Daniel BOORSTIN, Histoire des Américains, Laffont, 1991, 1 603 p.
    • Claude FOHLEN, De Washington à Roosevelt. L’ascension d’une grande puissance (1776-1945), Nathan, coll. « Fac Histoire », 1992, 263 p.
    • André KASPI, Les Américains. Tome 1 : 1607-1945 ; Tome 2 : de 1945 à nos jours, Seuil, 2014 (première édition en 1986), 464 p. et 527 p.
    • Jean LACROIX, Histoire des Etats-Unis, PUF, 2013 (5e édition), 672 p.
    • Pierre MELANDRI, Histoire des Etats-Unis contemporains, André Versaille éditeur, 2008, 976 p.
    • Pierre MELANDRI, Histoire des Etats-Unis. Tome 1 : L’ascension (1865-1974) ; Tome 2 : Le déclin ? (depuis 1974), Perrin, coll. « Tempus », 600 p. et 400 p.
    • Bernard POLI, Histoire des doctrines politiques aux Etats-Unis, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1985, 127 p.
    • Jacques PORTES, Histoire des États-Unis de 1776 à nos jours, Armand Colin, 2013, 424 p.
    • René REMOND, Histoire des États-Unis, PUF, coll. « Quadrige », 2013 (2e édition), 144 p.
    • Bernard VINCENT (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Flammarion, coll. « Champs Histoire », 2016, 719 p.
    • Howard ZINN, Une histoire populaire des États-Unis, De 1492 à nos jours, Paris, Agone, 2003, 810 p.

    LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DES ÉTATS-UNIS

    • Frédéric CHARILLON, Célia BELIN (dir.), Les Etats-Unis dans le monde, CNRS Editions, 2016, 304 p.
    • Charles-Philippe DAVID (dir.), La politique étrangère des Etats-Unis. Fondements, acteurs, formulation, Presses de Sciences Po, 2015, 3e édition, 643 p.
    • Jean-Baptiste DUROSELLE, De Wilson à Roosevelt. Politique extérieure des Etats-Unis (1913-1945), Armand Colin, 1960, 495 p.
    • Maya KANDEL, Les Etats-Unis et le monde. De George Washington à Donald Trump, Perrin, 2018, 256 p.
    • Maxime LEFEBVRE, La politique étrangère américaine, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2018, 128 p.
    • Pierre MELANDRI, La politique extérieure des États-Unis de 1945 à nos jours,  PUF, 1995, 328 p.
    • Pierre MELANDRI, Justin VAÏSSE, L’empire du milieu : Les Etats-Unis et le monde depuis la fin de la guerre froide, Odile Jacob, 2001, 550 p.
    • Yves-Henry NOUAILHAT, Les Etats-Unis et le monde de 1898 à nos jours, Armand Colin, 2015, 368 p.
    • Justin VAÏSSE, Pierre HASSNER, Washington et le monde : Dilemmes d’une superpuissance, CERI/Autrement, 2003, 200 p.