Aurélien, un expatrié français à Sydney (Le Monde, 2012)

A 32 ans, Aurélien LABONNE a fui le chômage et la grisaille parisienne pour la « belle vie » à Sydney. Visa en poche, il a décroché un job bien payé dans une start-up. […]

 

« Avec plus de vingt années consécutives de croissance et un taux de chômage d’environ 5% […], l’Australie est à part. Au point que les immigrants s’y pressent pour goûter les fruits du boom économique : des Asiatiques venus de Corée du Sud ou de Chine, mais aussi beaucoup d’Européens, dont énormément d’Irlandais et de Britanniques. Quant aux Français, ils sont eux aussi de plus en plus nombreux à tenter leur chance . Au printemps, lors des élections présidentielles et législatives, il y avait ainsi huit bureaux de vote à travers le pays pour les Français expatriés, contre deux, dix ans auparavant. Après avoir décroché un master d’administration des entreprises en 2006 à Paris, (Aurélien LABONNE) s’engage dans un master en multimédia, au terme duquel il effectue un stage en entreprise. « Je savais qu’il n’y aurait pas d’offre d’emploi à la sortie de mon stage,c’est pourquoi j’ai décidé d’aller à l’étranger ». […]
Il n’a fallu qu’un mois et demi à Aurélien LABONNE pour se faire embaucher comme responsable du site Web d’une petite entreprise avec, à la clé, un visa sponsorisé, sésame pour pouvoir rester en Australie plus d’un an […]. Le jeune parisien a ensuite décidé de changer d’entreprise. Il travaille désormais dans une start-up, et ne regrette pas son choix : « je suis dans une jeune société, qui a démarré il y a tout juste huit mois. En France, je n’aurais pas osé, je me serais demandé si l’entreprise avait les reins solides » […]. Quant à son salaire, il a doublé entre Paris et Sydney. « Je gagnais 39 000 euros par an dans la banque où j’ai travaillé, alors qu’actuellement c’est 82 000 dollars [67 000 euros], ce qui reste un niveau de salaire moyen ».[…]
Avec son amie, une expatriée française qu’il a rencontrée à Sydney, Aurélien LABONNE a commencé à visiter des maisons à vendre pour investir dans l’immobilier. Le reste du temps, il profite de la vie à l’australienne, du soleil, de la plage, et d’un quotidien qu’il estime plus doux qu’en France. « Ici, c’est la belle vie. Le cadre est exceptionnel. Les gens sont gentils et beaucoup moins agressifs qu’à Paris, quant aux opportunités de travail, elles sont beaucoup plus nombreuses ». »

 

Marie-Morgane LE MOËL, « Les expatriés de la crise de l’euro », Le Monde, 26 juillet 2012

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