IV. 3. La gouvernance économique mondiale depuis 1944

  • I] LA RÉORGANISATION DU SYSTÈME ÉCONOMIQUE MONDIAL APRÈS LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1944-1973)

    A) La conférence de Bretton Woods (juillet 1944) : mettre fin aux désordres économiques
    -Un monde et des économies bouleversés par la guerre
    -Mettre en place un « capitalisme organisé » (John M. KEYNES)
    -44 pays réunis à la conférence monétaire internationale de Bretton Woods

    B) Un nouveau système qui repose sur des institutions internationales multilatérales
    -Réglementer les marchés : de l’OIC au GATT
    -Réguler l’activité économique et financière : le FMI
    -Redistribuer et diminuer les inégalités : la Banque mondiale

    C) Un système dominé par les États-Unis : une coopération limitée dans le contexte de guerre froide
    -Le dollar comme étalon monétaire, symbole de la domination américaine
    -Les États-Unis, un leader du Bloc Ouest capitaliste et libéral
    -Une suprématie américaine sur l’ordre économique à relativiser

     

    II] DE NOUVELLES FORMES DE COOPÉRATION ÉCONOMIQUE AU TEMPS DES CRISES (1973-ANNÉES 1990)

    A) Les transformations de l’ordre économique mondial à partir des années 1970
    -La fin de la parité fixe entre les monnaies (1971-73)
    -Les chocs pétroliers (1973 et 1979)
    -De nouveaux acteurs dynamiques sur la scène économique mondiale

    B) Une coopération économique limitée à quelques espaces
    -Les pays industrialisés coopèrent face aux crises : le G7 (1976)
    -Le Tiers-Monde revendique un droit au développement (1974)
    -Des associations régionales plus ou moins structurées

    C) Une accélération de la mondialisation dans les années 1980
    -La « vague néolibérale » : le recul de l’État dans le domaine économique
    -En conséquence, une accélération de la déréglementation des échanges et des transactions financières
    -La redéfinition des attributions des institutions économiques mondiales

     

    III] A LA RECHERCHE D’UNE VRAIE GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE DEPUIS LES ANNÉES 1990

    A) Le monde multipolaire et la compétition économique mondiale : nouvelles réalités depuis les années 1990
    -Le triomphe du libéralisme et du libre-échange depuis les années 1990
    -Émergents et émergés face aux vieilles économies occidentales
    -Des crises plus ou moins localisées

    B) Prendre en compte les acteurs de la société civile dans la prise de décision économique
    -L’influence croissante des FTN, des ONG et des scientifiques
    -Remettre en cause la mondialisation : anti-mondialisme et alter-mondialisme
    -Les organisations internationales tentent d’écouter et de prendre en compte ces nouveaux acteurs

    C) Une remise en cause du monopole des États sur les décisions économiques mondiales ?
    -La crise économique et financière (2007-08) : les États dominés par les marchés ?
    -Le rôle des États demeure important
    -Repenser et équilibrer la mondialisation

  • CITATIONS

    « La mondialisation, c’est bien… L’internet, les téléphones portables, les ordinateurs… toutes ces choses qui ne concernent pas la moitié de la planète ! » (Jimmy CARTER)

    « La bonne gouvernance est le chemin le plus sûr pour en finir avec la pauvreté et soutenir le développement. » (Kofi ANNAN, secrétaire général des Nations unies, lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de la Paix en 2001)

    « Avec la mondialisation, nous sommes tous interdépendants. […]. Aujourd’hui lorsque les États-Unis éternuent, une grande partie du monde attrape la grippe. » (Joseph E. STIGLITZ, prix Nobel d’économie en 2001, Quand le capitalisme perd la tête, 2003)

    LEXIQUE

    Agence de notation :

    Institution privée et indépendante qui propose, contre rémunération, une notation financière (exprimée généralement de AAA+ à CCC-) des États, des collectivités ou des entreprises. Elle évalue en fait leurs capacités financières à emprunter et/ou rembourser leur dette.

    Placées sur le devant de la scène depuis la crise économique de 2008 et critiquée pour leur trop forte influence (notamment lors des « dégradations » de la note des États, laquelle a généralement des conséquences importantes), les agences de notation sont en fait anciennes. Trois agences seulement se partagent 95 % des demandes de notations dans le monde (ce marché est donc oligopolistique) : Moody’s (fondée aux États-Unis en 1909), Standard & Poor’s (créée par l’Américain Henry POOR en 1860) et Fitch (britannique même si sa fondation par John FITCH a été enregistrée à New York en 1913).

    Altermondialisme :

    Mouvement rejetant le néolibéralisme et prônant une mondialisation plus solidaire (« un autre monde est possible ») et une gouvernance économique plus démocratique.

    Banque mondiale :

    Cette institution fondée le 27 décembre 1945 accorde des prêts à long terme pour développer des infrastructures et fournit des conseils aux États en difficulté.

    Elle comprend en fait deux entités : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID). Son siège est à Washington et son président est élu pour 5 ans par le Conseil des administrateurs.

    CNUCED :

    Créée en 1964 par l’ONU, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) facilite l’accès des produits des pays en développement aux marchés des pays industrialisés.

    En 1963, 75 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, ainsi que des intellectuels (comme l’économiste argentin Raul PREBISH) dénonçaient au sein de l’ONU la « détérioration des termes de l’échange » et revendiquaient des mesures favorisant leur intégration dans l’économie mondiale. La CNUCED a été fondée l’année suivante et a permis de lancer des projets (création d’un fonds commun), d’aboutir à des accords (sur l’aide publique au développement par exemple) et à l’adoption de règles pour le commerce international.

    Consensus de Washington :

    Ensemble de règles théorisées par l’économiste néolibéral américain John WILLIAMSON dans un article publié en 1989 au sein duquel figuraient 10 propositions pour redresser les États en crise financière. Il préconisait par exemple la rigueur budgétaire, la libéralisation des économies et l’ouverture aux capitaux étrangers. Ces mesures ont été appliquées dès les années 1980 par le FMI et la Banque mondiale (institutions situées à Washington) mais sont de plus en plus critiquées depuis les années 2000.

    Dérégulation :

    Suppression ou simplification des contrôles sur les acteurs financiers (banques, bourses, assurances, etc.) mais aussi sur d’autres entreprises dans le but de favoriser le libre-échange et de dynamiser le marché (la dérégulation encouragerait alors la concurrence et l’innovation).

    Dévaluation :

    Pratique de politique économique et monétaire qui consiste à diminuer la valeur d’une monnaie par rapport à un étalon de référence (l’or, le dollar) dans le but de lutter contre l’inflation et de rétablir l’équilibre commercial du pays en question.

    Fonds monétaire international (FMI) :

    Institution internationale siégeant à Washington et fondée le 27 décembre 1945 dans le but de « promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté ». A l’origine, le FMI tel que le voulait la conférence de Bretton Woods (1944) devait assure la stabilité du système monétaire international mais, après la disparition d’un système de change fixe (1976), son rôle a été redéfini et il intervient désormais auprès des pays en difficulté financière et dans le cadre de crises par l’intermédiaire d’une politique de prêts.

    Le mode de prise de décision du FMI, comme celui de la Banque mondiale, est fondé sur une répartition des droits de vote en fonction de la place de chaque État membre dans l’économie mondiale : chaque pays, en fonction notamment de son PIB et du degré d’ouverture de son économie, se voit attribuer un pourcentage des droits de vote. Même si cette répartition des droits de vote a été réformée en 2010 (avec une entrée en vigueur en 2016) afin de donner plus de pouvoir aux pays émergents, les États-Unis possèdent 17,5 % des droits de vote. Dans la mesure où les décisions importantes doivent être prises avec une majorité de 85 % des voix, ils disposent donc, de fait, d’un droit de veto.

    Fonds souverain :

    Fonds de placements financiers internationaux détenus par un État et comportant des avoirs (somme d’argent) en monnaies étrangères.

    Forum économique mondial/Forum de Davos :

    Réunion annuelle dans la station suisse de Davos de dirigeants politiques, de chefs de grandes entreprises, de journalistes et d’économistes afin de débattre de grandes questions planétaires (plusieurs thèmes sont retenus chaque année).

    C’est une fondation à but non lucratif (World Economic Forum), fondée en 1971 par l’économiste allemand Klaus SCHWAB, qui est à l’origine du Forum économique mondial. Elle est financée par le millier de grandes entreprises qui en sont membres (dont ArcelorMittal, Google, Facebook, Total, Sanofi, Engie, Veolia…).

    Forum social mondial :

    Réunion annuelle d’organisations altermondialistes du monde entier afin de débattre de sujets en rapport avec la mondialisation. Cet événement, organisé par des dizaines d’associations et d’ONG, s’est tenu pour la première fois en janvier 2001 à Porto Alegre (Brésil) et se présente comme une alternative sociale au Forum économique mondial qui se déroule lui aussi chaque année en janvier à Davos (dans l’est de la Suisse).

    G7 :

    Groupe de 7 pays considérés comme les plus grandes puissances mondiales (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) qui dialoguent et échangent régulièrement, de façon informelle, autour de sujets essentiellement économiques.

    Il a été fondé à l’initiative de Valéry GISCARD D’ESTAING (alors président de la République française) en 1975 (dans un contexte économique troublé au niveau mondial) et s’est élargi à la Russie en 1997 (G8). Cependant, l’annexion de la Crimée par Vladimir POUTINE en 2014 a entraîné la suspension de ce pays, puis son retrait définitif en 2017.

    G20 :

    Groupe de 19 pays + l’Union européenne (UE), constitué en 1999 (dans le contexte de multiples crises financières régionales) et représentant 90 % du PIB mondial, qui tend à devenir l’instance privilégiée du dialogue économique. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays (les émergés et émergents : Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie).

    Le G20 se décline sous trois formes : les G20 regroupant des chefs d’État et de gouvernement ; les G20 finance regroupant les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ; les G20 sociaux, réunissant les ministres de l’emploi.

    G77 :

    Coalition de pays en développement créée en 1964 pour dénoncer le caractère inégalitaire des structures de l’ordre économique mondial. Même si le nombre d’États adhérant à ce groupe dépasse aujourd’hui le nombre de 77 (environ 130 en fait), celui-ci conserve le nom de « G77 ».

    GATT (General Agreement on Tariffs and Trade)

    Cet « accord général sur les tarifs douaniers et le commerce » pour favoriser les échanges internationaux, notamment par la baisse des tarifs douaniers acquise par des cycles de négociations (les « rounds ») entre les pays signataires.

    Signé le 30 octobre 1947 par 23 pays, cet accord prend la relève de l’Organisation internationale du commerce (OIC) dont la création n’avait pas été ratifiée par les États-Unis. Son secrétariat s’installe à Genève dès 1948.

    Gouvernance :

    Ce concept, né dans les années 1990, diffère de celui de « gouvernement ». Il désigne un système de régulation internationale dépassant l’action des seuls États pour concerner, aussi, d’autres acteurs (entreprises, ONG, société civile, etc.) afin de peser collectivement et plus démocratiquement sur l’avenir du monde.

    L’ancienne directrice au département de l’Information des Nations unies, Thérèse GASTAUT, le définissait ainsi en 2010 : « Concept aux contours incertains, la gouvernance pourrait être définie comme l’aspiration des nations et des peuples à gérer et réguler ensemble, dans l’intérêt général, les problèmes issus de la mondialisation. […] Pour qu’il y ait une véritable gouvernance mondiale, encore faudrait-il qu’il existe un espace public mondial. Or celui-ci, à de rares exceptions près, n’existe pas. »

    Libre-échange :

    Libre circulation des biens et des services entre les pays grâce à l’abolition de toutes les restrictions auparavant mises en place par les États (droits de douane, quotas, normes, etc.).

    Mondialisation :

    Processus d’accroissement des échanges à l’échelle planétaire favorisant la mise en relation de territoires plus ou moins éloignés.

    Le géographe Laurent CARROUE la définit comme le processus historique d’extension progressive du système capitaliste dans l’espace géographique mondial » (2002), tandis que le géohistorien Christian GRATALOUP la voit comme « un processus de généralisation des échanges entre les différentes parties de l’humanité, entre les différents lieux de la planète produisant ainsi un niveau de société pertinent à l’échelle de l’ensemble des hommes : le monde » (2010).

    Néolibéralisme :

    Si la notion apparaît dès le milieu du XIXe siècle, le néolibéralisme désigne le renouvellement des thèses économiques libérales qui ont inspiré les politiques économiques des pays occidentaux depuis les années 1980. Ces politiques, devenues dominantes, ont pour objet de créer un environnement propice à l’afflux des mouvements de capitaux — source d’épargne disponible pour l’investissement —, par la dérégulation des marchés, la réduction du rôle de l’État, des dépenses publiques et de la fiscalité (en particulier au bénéfice des entreprises), un contrôle strict de l’évolution de la masse monétaire pour prévenir les effets inflationnistes, la privatisation des entreprises publiques et l’abaissement du coût du travail.

    Le néolibéralisme repose sur la croyance dans le marché comme système le plus efficace d’allocation des ressources et dans un État dont le rôle serait limité à l’organisation de ce marché (prétendument) libre et concurrentiel. En terme d’action publique, le néolibéralisme recouvrirait au moins les politiques suivantes : retour à l’équilibre budgétaire, réduction du nombre de fonctionnaires, baisse de la fiscalité, réduction du périmètre de l’État, recul de l’État-Providence, liberté laissée aux entreprises d’investir, d’emprunter, d’exporter et de licencier, libre concurrence, abolition des monopoles, fin du protectionnisme, retour à la liberté des prix.

    ONG (organisation non-gouvernementale) :

    Organisation issue de la société civile, d’intérêt public ou ayant un caractère humanitaire, à but non-lucratif et financée par des fonds privés, qui ne relève ni de l’État ni d’une institution internationale.

    S’il existe des ONG depuis le XIXe siècle (comme la Croix rouge), l’expression « organisation non gouvernementale » n’est entrée dans le langage courant qu’avec la création de l’Organisation des Nations unies en 1945 avec les dispositions de l’article 71 du chapitre 10 de la Charte des Nations unies qui donne un rôle consultatif à des organisations qui ne sont ni les gouvernements ni les États membres.

    Organisation mondiale du commerce (OMC) :

    Organisation permanente chargée de favoriser les négociations multilatérales afin d’accroître les échanges de marchandises et de services et de résoudre les conflits commerciaux entre États. L’OMC a été créée par les accords de Marrakech (avril 1994) et à l’issue de l’Uruguay Round (1986-1994) par les 125 pays membres du GATT dont elle prend la suite (son siège est aussi à Genève).

    Plan d’ajustement structurel (PAS) :

    Ensemble de mesures proposées par le FMI à un pays qui ne peut rembourser ses dettes : en échange de prêts, ce pays doit s’engager à assainir son économie par la réduction de la dépense publique, les privatisations et des opérations favorisant la concurrence et les investissements étrangers.

    PNUD :

    Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a été créé en 1966 pour aider les pays en développement à en leur fournissant des conseils mais également en plaidant leurs causes pour l’octroi de dons. Son siège est situé à New York (États-Unis).

    Protectionnisme :

    Politique d’un État visant à limiter les importations pour protéger le marché national de la concurrence étrangère.

    Régime de changes :

    Ensemble de règles qui organisent les échanges de monnaies entre elles. Il y a plusieurs régimes de change possibles. Dans un régime de changes fixes (tel qu’établi à Bretton Woods en 1944), la monnaie nationale a une valeur officielle exprimée par rapport à une « monnaie étalon » (l’or, le dollar ou une combinaison de devises). La parité est alors la valeur officielle d’une monnaie par rapport à  une autre, elle est stable puisque les autorités monétaires (banque centrale) ont l’obligation d’intervenir sur le marché des changes pour défendre le parité de leur monnaie (grâce à  des achats ou à  des ventes de devises détenues en réserve). Lorsque la parité ne peut plus être maintenue, il faut procéder à  une modification du taux de change fixé, par une dévaluation, ou une réévaluation de la valeur officielle de la monnaie. Dans régime de changes flottants (régime en vigueur depuis 1971), il n’y a pas d’étalon, il n’existe pas de parité officielle. Le taux de change d’une monnaie varie librement sur le marché des changes, en fonction de l’offre et de la demande pour cette monnaie. On peut demander de la monnaie parce qu’on achète des produits à l’étranger, parce qu’on veut acheter des titres à l’étranger ou pour des tas d’autres raisons. Le cours suit la tendance du jour : on parle d’appréciation ou de dépréciation de la monnaie quand il varie. La Banque centrale n’a plus d’obligation d’intervention quant à  la valeur de sa monnaie par rapport aux autres (mais elle peut toujours intervenir pour limiter l’ampleur des variations).

    CHRONOLOGIE

    22 juillet 1944 :

    Signature des accords de Bretton Woods (nord-est des États-Unis) au terme d’une conférence monétaire internationale de trois semaines à laquelle ont participé 730 délégués de 44 nations (dont l’Iran, l’Égypte et la Chine ; l’URSS, sollicitée, ne participe pas).

    Fin juillet 1944 :

    Création du Fonds monétaire international (FMI) qui doit veiller à assurer la fixité des parités monétaires au sein du nouveau système économique issu des accords de Bretton Woods.

    27 décembre 1945 :

    Fondation de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) qui a pour mission d’aider les pays détruits par la Seconde Guerre mondiale à se reconstruire. Plusieurs institutions lui seront ensuite adjointes, formant la « Banque mondiale ».

    30 octobre 1947 :

    Signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) par 23 pays (représentant 80 % du commerce mondial) qui s’engagent à ne pas augmenter leurs taxes douanières, voire à les baisser à la suite de négociations multilatérales (les « rounds »).

    16 avril 1948 :

    Création de l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) afin de répartir l’aide Marshall entre les pays d’Europe occidentale.

    5 janvier 1949 :

    Création par l’URSS du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM, l’acronyme anglais étant « COMECON ») en réponse à la mise en place du Plan Marshall par les Américains. Cet organisme est chargé d’organiser l’entraide entre pays communistes, par une politique de spécialisation économique des États, ainsi que les transferts de biens entre eux. Les échanges réciproques reposaient sur un système de clearing, avec pour unité de compte une monnaie fictive, le rouble transférable, le dollar ne servant qu’aux échanges de produits stratégiques (minerais, combustibles, etc.).

    18-24 avril 1955 :

    Durant la conférence de Bandung, les pays non-alignés réclament un système économique international plus juste.

    25 mars 1957 :

    Le traité de Rome crée la Communauté économique européenne fondée sur l’idée d’intégration économique et cherchant à bâtir un marché commun parmi ses membres (Allemagne de l’Ouest, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas).

    14 septembre 1960 :

    Création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Les grands pays producteurs de pétrole souhaitent pouvoir exercer un poids sur les prix de cette énergie et ne pas laisser faire le marché.

    23 mars 1964 :

    Ouverture de la première conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) afin d’aider les pays en développement à s’intégrer dans l’économie mondiale ; l’année précédente, 75 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie avaient sollicité l’ONU pour créer une telle entité.

    15 juin 1964 :

    Création du « Groupe des 77 » (G77) regroupant 77 États d’Amérique, d’Asie et d’Afrique dans le cadre du CNUCED. Ces États réclament un commerce plus juste en leur faveur et un droit au développement dans un nouvel ordre économique mondial.

    4 février 1965 :

    Lors d’une conférence de presse fameuse, le général DE GAULLE critique le système monétaire international plus favorable aux États-Unis (car il leur permet d’émettre des dollars pour régler leurs dettes et financer les investissements).

    1er janvier 1966 :

    Entrée en vigueur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) destiné à fournir une assistance technique et une aide aux pays en développement.

    8 août 1967 :

    Création de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) par la Déclaration de Bangkok signée par cinq États (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande) ; elle cherche alors à assurer la stabilité politique en Asie mais se tourne rapidement vers des objectifs économiques.

    Janvier 1971 :

    Premier forum de Davos : Klaus M. SCHWAB, alors professeur d’économie à l’université de Genève, invite 444 dirigeants d’entreprises d’Europe occidentale à participer au premier European Management Symposium organisé dans le nouveau Centre de congrès de Davos et sous le patronage de la Commission européenne et de différentes associations industrielles du Vieux Continent. Ce n’est qu’en 1987 que European Management Forum est rebaptisé World Economic Forum (Forum économique mondial).

    15 août 1971 :

    Sans consulter le FMI, le Président américain Richard NIXON dévalue le dollar de 10 % et suspend sa convertibilité en or.

    Octobre 1973 :

    Pendant la guerre du Kippour, les pays arabes membres de l’OPEP décident d’augmenter unilatéralement le prix du baril de pétrole (il sera multiplié par quatre) : c’est le premier choc pétrolier.

    1er mai 1974 :

    L’Assemblée générale de l’ONU adopte un « nouvel ordre économique international », ensemble de principes visant à établir une gouvernance mondiale en phase avec les revendications des pays émergents.

    28 février 1975 :

    Convention de Lomé (accord de coopération commerciale) entre la CEE et 46 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (« pays ACP ») ; elle sera prolongée par les accords de Cotonou (2000).

    15-17 novembre 1975 :

    Premier sommet du « Groupe des Six » (G6) à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing dans le contexte du choc pétrolier ; l’année suivante, le groupe accueille un septième membre (G7) : États-Unis, Japon, France, Allemagne de l’Ouest, Royaume-Uni, Italie, Canada.

    8 janvier 1976 :

    Les accords de la Jamaïque entérinent le flottement généralisé des monnaies (régime de changes flottants).

    Septembre 1979 :

    Début de la Révolution iranienne qui, conjuguée à la guerre Iran-Irak (commencée le 22 septembre 1980), conduira au deuxième choc pétrolier.

    18 décembre 1978 :

    Deng XIAOPING et les réformateurs arrivent à la tête de la République populaire de Chine : ils lancent des réformes économiques et ouvrent le littoral aux investissements étrangers (création de cinq zones économiques spéciales en 1979).

    Octobre 1979 :

    Margaret THATCHER amorce le tournant libéral au Royaume-Uni, plombé par une situation économique désastreuse et perfusé par le FMI : les activités bancaires et financières sont presque entièrement libéralisées, de grandes entreprises (comme BP) sont privatisées.

    21 janvier 1981 :

    Ronald REAGAN devient le nouveau président des États-Unis ; inspiré par le monétariste Milton FRIEDMAN, il met en place des mesures libérales (les « Reaganomics »), déréglementant par exemple les marchés financiers.

    28 février 1986 :

    L’Acte unique européen fixe le cadre du marché unique en Europe dont le but est d’assurer la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux.

    22 février 1987 :

    Accords du Louvre (Paris) entre les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la RFA et la France visant à stabiliser les taux de change et à enrayer la baisse du dollar.

    Octobre 1987 :

    Krach boursier marqué par la chute de l’indice Dow Jones de la Bourse de New York, en partie lié aux fluctuations du dollar.

    3-14 juin 1992 :

    Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement) intégrant les priorités environnementales dans les problématiques de développement.

    17 décembre 1992 :

    Naissance de la zone de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALENA) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

    15 avril 1994 :

    L’accord de Marrakech clôt l’Uruguay Round (GATT) : 124 pays s’entendent sur la réduction de tarifs douaniers, la libéralisation des services et la libre-concurrence dans le domaine agricole.

    Décembre 1994 :

    Le président mexicain Ernesto ZEDILLO lance une dévaluation monétaire qui aura pour effet d’engendrer une crise économique au Mexique, puis dans l’Amérique latine entière (l’Argentine connaîtra l’hyperinflation en 1998).

    1er janvier 1995 :

    Par l’accord de Marrakech, le GATT est doté d’une personnalité morale officielle : l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

    Juillet 1997 :

    Début de la crise économique asiatique, qui touche essentiellement les États d’Asie du Sud-Est.

    11 décembre 1997 :

    Signature du protocole de Kyoto dont le but est de réduire les émissions de gaz à effet de serre ; non-ratifié par les États-Unis, il n’entrera en vigueur qu’en février 2005.

    25 septembre 1999 :

    Création du G20 lors du sommet du G7 à Washington afin d’intégrer les pays émergents (Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Brésil Chine…) dans les discussions économiques, financières et monétaires.

    29-30 novembre 1999 :

    Première grande manifestation altermondialiste à l’occasion du sommet du G8 de Seattle ; un mouvement d’ampleur similaire perturbera le sommet du G8 à Gênes en 2001.

    25-30 janvier 2001 :

    Premier Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil) réunissant plusieurs milliers d’altermondialistes.

    11 décembre 2001 :

    La République populaire de Chine adhère à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) après plus de dix ans de négociations.

    15 septembre 2008 :

    La banque américaine Lehman Brothers fait faillite : c’est le début de la crise financière (« crise des subprimes ») et du ralentissement économique mondial.

    Février 2010 :

    Début de l’intervention de la troïka (alliance de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du FMI) en Grèce, laquelle conditionne une aide financière à une politique d’austérité drastique.

    Juin 2010 :

    Réforme du FMI dont le but est d’accroître le pouvoir des pays émergents au sein de l’institution ; elle n’entrera en vigueur qu’en décembre 2015.

    23 juin 2016 :

    Suite à un référendum, le Royaume-Uni se retire de l’Union européenne (« Brexit »), ce qui provoque un temps une fuite de capitaux et l’affolement des marchés financiers.

     

    PERSONNAGES-CLÉ

    Michel CAMDESSUS (né en 1933)

    Ce haut-fonctionnaire français, passé par Sciences Po et l’ENA, profondément catholique, s’est spécialisé dans l’administration financière en France (gouverneur de la Banque de France de 1984 à 1987), à l’échelon européen (attaché financier français, puis président du comité monétaire de la CEE) et au niveau mondial en devenant directeur général du FMI en janvier 1987. Il passera treize années au sein de cette organisation mondiale où son inclinaison libérale a pu être contestée. C’est ainsi Michel CAMDESSUS qui met en œuvre de nombreuses politiques d’ajustement structurel dans les pays en développement, consistant à consentir des aides et des prêts à taux très faibles en échange de mesures d’assainissement des finances, de réduction des dépenses publiques ou de privatisations. Les crises asiatiques ou latino-américaines, mais aussi les problèmes économiques d’une Russie sortie du communisme lui seront reprochés et c’est peut-être pourquoi il quittera le FMI un an avant la fin de son troisième mandat.

    Milton FRIEDMAN (1912-2006)

    Cet économiste emblématique du néolibéralisme économique est né à New York dans une famille pauvre originaire d’Europe centrale (actuelle Ukraine). Elève brillant, il obtient une bourse pour poursuivre ses études en économie à Chicago, puis, ne trouvant pas d’emploi dans une université, travaille en tant que fonctionnaire au National Resources Committee, au National Bureau of Economic Research dans l’équipe du futur prix Nobel Simon KUZNETS, puis au Département du Trésor au début de la Seconde Guerre mondiale, époque à laquelle il défend une politique keynésienne. Il va radicalement s’éloigner d’une telle posture après sa thèse en 1946 (intitulée « Incomes from Independent Professional Practice » et dirigée par KUZNETS) et le début de sa carrière universitaire, notamment à l’université de Chicago. Soutien du Parti républicain (il est conseiller du président NIXON à la fin des années 1960), il s’emploie à démontrer que la politique économique de KEYNES n’a aucun impact sur la croissance, que ce soit par l’usage de la politique monétaire, de la politique de change ou de la politique budgétaire. Dans le contexte de forte inflation et de « stagflation » (croissance faible et inflation forte) des années 1970, FRIEDMAN explique que la masse monétaire est l’unique cause de la hausse des prix (« l’inflation est partout et toujours un phénomène monétaire »), si bien qu’il faut réduire la masse monétaire et augmenter les taux d’intérêt pour stopper la hausse des prix néfaste à l’économie. C’est cette politique qui sera menée par la banque centrale américaine (FED) à partir de 1979 pour réduire l’inflation. En ce qui concerne la politique de change, FRIEDMAN s’oppose là encore à la vision keynésienne d’un système de change fixe (celui établi à Bretton Woods) et prône l’adoption d’un système de changes flottants qui donnera aux banques centrales une liberté d’action pour gérer et régler les problèmes nationaux internes. Il critique enfin les politiques de relance keynésiennes par accroissement des dépenses publiques ou diminution des impôts car, selon sa théorie du revenu permanent, la consommation n’est pas un acte instantané, chaque consommateur inscrit ses dépenses dans une perspective longue, dans laquelle il intègre l’évolution probable de son revenu. En outre, FRIEDMAN estime que toute intervention publique conjoncturelle est vouée à être trop tardive, du fait de la lenteur inhérente aux prises de décisions publiques et du caractère retardé de leurs effets. Dès lors toute politique de relance risque d’alimenter une surchauffe et d’aggraver la crise ; finalement, l’intervention de l’État perturbe donc l’économie de marché plus qu’il ne la régule, y introduisant soit l’inflation, soit la déflation comme en 1929 (ces thèses favorables à la réduction du rôle de l’Etat apparaissaient déjà dans son ouvrage Capitalisme et liberté publié en 1962). Marginale dans les années 1960 au temps de la domination des thèses de KEYNES, cette école « monétariste » que porte FRIEDMAN et ses « Chicago Boys » triomphe durant la décennie 1970 : en 1976, les changes flottants s’imposent (accords de la Jamaïque) ; en 1979, Margaret THATCHER gagne les élections sur la base d’un programme monétariste et, la même année, le démocrate Jimmy CARTER impose la lutte contre l’inflation. Consécration suprême, FRIEDMAN obtient le prix Nobel d’économie en 1976. Auteur abondant, polémiste et chroniqueur pugnace (dans la presse à travers le magazine Newsweek ou à la télévision dans « Free to choose »), Milton FRIEDMAN est sans doute le penseur qui aura le plus inspiré la révolution néolibérale, mais aussi l’un de ceux qui a été le plus remis en question lors des crises des années 1990 et 2000 (on lui reproche même d’avoir conseillé plusieurs dictatures sud-américaines).

    Friedrich HAYEK (1899-1992)

    Né à Vienne dans une famille d’intellectuels, Friedrich VONHAYEK affirmait que son engagement dans les disciplines économiques s’expliquait par un certain traumatisme de la Première Guerre mondiale. Etudiant et enseignant dans de nombreux pays (il séjourne à New York de 1923 à 1924 et y rencontre Joseph SCHUMPETER), il travaille un temps pour le gouvernement autrichien puis est nommé professeur dans les années 1930 à la London School of Economics (LSE) ; il prendra d’ailleurs la nationalité britannique lorsque l’Autriche est envahie par l’Allemagne nazie (1938). S’il se lie d’amitié avec John M. KEYNES, il en combattra les idées (il le décrit en 1976 comme « homme de grande intelligence mais aux connaissances limitées en théorie économique »). Convaincu par les idées libérales (il fonde l’influente Société du Mont-Pèlerin en 1947, association internationale d’intellectuels cherchant à promouvoir le libéralisme), ce représentant de l’Ecole autrichienne estime nécessaire, contrairement à KEYNES, d’encourager l’épargne pour réduire l’écart révélé par la crise entre l’investissement et son financement. L’argent mis ainsi de côté n’est alors pas investi de manière inconsidérée. Comme d’autres libéraux, il considère que les crises économiques sont la conséquence de l’excès de crédit résultant des politiques monétaires trop souvent laxistes, lesquelles permettent aux entreprises d’emprunter de manière inconsidérée sans tenir suffisamment compte de la demande réelle des consommateurs. Ce décalage engendre des hausses de prix pour tenter de compenser des investissements non rentables. Cette théorie dite « de la conjoncture » lui vaudra le prix Nobel d’économie en 1974. Sa réflexion ira en outre bien au-delà de l’économie : en 1944, son ouvrage La route de la servitude est l’occasion pour lui de défendre le système de libre-marché britannique et de critiquer les orientations trop interventionnistes de certaines idéologies, notamment le socialisme. La thèse centrale est que la socialisation de l’économie et l’intervention massive de l’État sur le marché débouchent sur la suppression des libertés individuelles, soit le totalitarisme.

    John Meynard KEYNES (1883-1946)

    Né en 1883 (date de la mort de MARX) dans une famille d’universitaires de la bourgeoisie victorienne (son père est aussi économiste), KEYNES s’oriente d’abord vers les mathématiques, puis étudie l’économie au King’s College de Cambridge, s’intéressant à bien d’autres disciplines. Il disait d’ailleurs de l’économiste qu’il doit être mathématicien, historien, politicien et philosophe, qu’il doit aborder simultanément l’abstraction et la réalité, étudier le présent à la lumière du passé en vue de l’avenir sans qu’aucun aspect de la nature des institutions ne lui échappe. Cette diversité de centres d’intérêt se remarque dans ses fréquentations au sein du fameux groupe de Bloomsbury où il côtoie journalistes (comme Walter LIPPMANN), scientifiques, écrivains (comme Virginia WOOLF) et artistes (le peintre Duncan GRANT par exemple, avec lequel il a entretenu une relation amoureuse avant son mariage). Il travaille pour l’Etat au terme de ses études, notamment dans les services coloniaux (il travaille deux ans à l’Indian Office puis à la Trésorerie pendant la Première Guerre mondiale où il est chargé de veiller sur les finances britanniques d’outre-mer). Il représentera le ministère des Finances à la conférence de la paix de Paris (1919) mais, en désaccord avec LLOYD GEORGE, il démissionnera trois jours avant la signature du traité de paix, exposant ses vues dans un livre retentissant, Les Conséquences économiques de la paix, au sein duquel il critique le montant des réparations imposées à l’Allemagne. Il mène une vie riche dans l’entre-deux-guerres, partagée entre Cambridge (où il dispense ses cours) et Londres où il conseille le gouvernement et les sociétés, spécule à la bourse et joue le rôle de mécène. Ses ouvrages exercent une influence notable comme son Traité sur la monnaie (1930) qui appelle à la baisse des taux d’intérêt et à une politique de grands travaux (politique qui sera adoptée par ROOSEVELT aux Etats-Unis avec son New Deal), et surtout sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936). Cette somme publiée durant la crise des années 1930 est à la fois une petite révolution méthodologique (la macroanalyse et la comptabilité nationale se substituant à l’approche individualiste – microéconomique – traditionnelle) et une rupture avec les classiques. KEYNES y réfute la « loi de Say » selon laquelle l’offre et la demande seraient toujours en équilibre parfait. Il souligne à la fois le rôle des incertitudes dans l’économie (les acteurs ne font pas toujours les bons choix, par exemple en surinvestissant ou en sous-investissant dans un secteur) et le fait que la monnaie puisse être détenue pour elle-même (l’individu thésaurise pour se prémunir contre l’avenir par exemple), ce qui infirme son rôle de « voile » neutre, c’est-à-dire sans influence sur le fonctionnement de l’économie, décrit par les économistes classiques. Ces éléments font apparaître le risque d’un chômage involontaire (le sous-emploi ne relèverait donc pas des dysfonctionnements du marché du travail – salaires trop élevés par exemple – mais d’une insuffisance de la demande), d’une sous-production et de crises économiques auxquels les pouvoirs publics doivent répondre en tentant de relancer la demande et la consommation. Cette intervention de l’Etat doit être ponctuelle puisque l’équilibre des comptes budgétaires sur le long terme est une nécessité ; il doit en fait chercher à « rétablir les équilibres fondamentaux ». Fort d’une notoriété importante, il est nommé conseiller financier de la Couronne, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ce qui le conduit, dans Comment payer la guerre (1940), à proposer des solutions neuves aux problèmes financiers internes qui devaient résulter de la guerre. En 1944, il dirige la délégation britannique à Bretton Woods et plaide pour la mise en place d’un gouvernement économique mondial. Si son projet est écarté par les Etats-Unis, il parvient à imposer l’idée d’un nécessaire encadrement du capitalisme, pensée qui perdra de son aura dans les années 1970.

    Paul KRUGMAN (né en 1953)

    Etudiant en histoire et en économie à Yale, Paul KRUGMAN obtient son doctorat au MIT en 1977 et s’emploie depuis, à travers des conférences à l’international et dans les prestigieuses universités américaines où il a été en poste (MIT, Stanford, Yale…), à exposer sa vision néo-keynésienne de l’économie, à grand renfort de vulgarisation et d’exposés critiques (notamment à l’encontre du Parti républicain), à l’instar de Joseph STIGLITZ. Sa nouvelle théorie du commerce international a été auréolée du prix Nobel d’économie en 2008. Il y remet par exemple en question la théorie des échanges comparatifs de RICARDO (1817) en montrant que le commerce international n’est pas vraiment fondé sur la spécialisation des pays (la France et l’Allemagne s’échangent mutuellement des automobiles par exemple). Paul KRUGMAN est aussi reconnu pour ses travaux sur la nouvelle économie géographique, dont il devient l’un des leaders à la fin des années 1990. Son analyse suggère que l’implantation des lieux de production et de commercialisation est le fait d’un arbitrage entre les économies d’échelle (favorisant la concentration) et les coûts de transport (favorisant, au contraire, la dispersion). Hostile aux politiques de dérégulation excessives (telles que celles développées sous George W. BUSH), à l’emprise des marchés (il prévoit la crise des subprimes dès 2005 dans une chronique du New York Times) et au recul de l’Etat, KRUGMAN n’en demeure pas moins un défenseur du libre-échange, publiant même en 1998 un ouvrage intitulé La mondialisation n’est pas coupable dans lequel il démontre que les inégalités croissantes et le chômage s’expliquent surtout par des facteurs internes et non par des contraintes externes.

    Joseph STIGLITZ (né en 1943)

    Né dans une famille de la classe moyenne d’une ville industrielle de l’Indiana (nord-est), Joseph STIGLITZ suit des études brillantes au MIT et devient professeur d’économie à Yale à l’âge de 26 ans pour, dix ans plus tard, partir enseigner dans d’autres universités prestigieuses comme Princeton, Stanford et Columbia. Chercheur prolifique, chantre du néo-keynésianisme, il a publié de nombreux travaux dans des domaines aussi variés que l’économie du travail (sa théorie du salaire d’efficience est célèbre), le marché du crédit ou encore l’économie industrielle. Il est avec AKERLOF et SPENCE le fondateur de « l’économie de l’information », ce qui lui valu le prix Nobel en 2001. Contrairement aux néo-classiques qui considèrent que les agents économiques disposent de toute l’information nécessaire à la prise de décisions, J. STIGLITZ estime que la diffusion de l’information est imparfaite. Concrètement, les agents économiques sont contraints à prendre des décisions en situation d’incertitude. Dans certains cas, les individus ne disposent pas de la même quantité d’information, – l’un peut en savoir plus que l’autre – on parle alors d’asymétrie d’information. Nommé directeur des conseillers économiques du président Bill CLINTON en 1993, STIGLITZ émet de vives critiques à l’encontre du FMI et de la Banque mondiale au début des années 1990, incarnant la frange « révisionniste » de cette dernière institution en critiquant le « consensus de Washington » selon lequel les plans d’ajustements structurels qui imposent des mesures drastiques aux pays en développement sont un mal nécessaire pour leur croissance ; il estime au contraire que de telles mesures aggravent les crises. Devenu chef économiste de la Banque mondiale, il s’opposera violemment au directeur du FMI, Stanley FISHER, après la crise financière asiatique de 1997 à propos des remèdes imposés par le Fonds aux pays asiatiques (en particulier la conditionnalité de l’octroi des crédits). Il sera poussé vers la sortie en 2000 et cherchera alors à étudier de près la question de la gouvernance de l’économie mondiale, allant même jusqu’à appuyer le président vénézuélien Hugo CHAVEZ dans son objectif de création d’une banque de développement des pays du Sud, parfait contrepoids au FMI et à la Banque mondiale. En 2002, il publie La Grande Désillusion, succès de librairie dans lequel il affirme que le FMI fait passer l’intérêt de son « principal actionnaire », les États-Unis, avant ceux des nations les moins favorisées qu’il a pourtant pour objectif de servir. Très présent sur la scène altermondialiste sans être lui-même réellement dans une telle mouvance, il dénonce toujours le dogmatisme libéral des grandes institutions internationales et prône une meilleure régulation de la mondialisation (Quand le capitalisme perd la tête publié en 2003, Le triomphe de la cupidité en 2010).

    James TOBIN (1918-2002)

    Economiste keynésien, élève de Joseph SCHUMPETER à Harvard, James TOBIN a été profondément marqué par la « Grande dépression » des années 1930 aux Etats-Unis, d’où sa volonté de mettre la réflexion théorique au service de la politique économique afin de lutter contre la pauvreté par la croissance et le plein-emploi. Professeur à Yale, il devient conseiller économique du président KENNEDY au début des années 1960, cherchant à analyser les incidences sur l’économie des politiques budgétaire et monétaire. Ses travaux vont progressivement s’orienter vers la théorie monétaire et financière internationale. Il est l’un des premiers à comprendre que la disparition du système monétaire international de Bretton Woods (abandon du système de changes fixes en 1973) et le processus de mondialisation financière qui l’a suivie remettent en cause la capacité des États à mener des politiques nationales orientées vers le plein-emploi. D’où sa proposition de taxation des transactions de change internationales (A Proposal for International Monetary Reform, 1978), dite « taxe Tobin » (ou « taxe Robin des bois ») – « un grain de sable dans les rouages de la finance internationale », visant à décourager la spéculation afin de redonner de l’autonomie aux politiques nationales. Elle s’est heurtée à l’hostilité des milieux financiers mais a rencontré un large écho auprès du grand public et des altermondialistes (même s’il a cherché à s’en détacher : « J’apprécie l’intérêt que l’on porte à mon idée, mais beaucoup de ces éloges ne viennent pas d’où il faut. Je suis économiste et, comme la plupart des économistes, je défends le libre-échange […] ; on détourne mon nom »). Hostile aux thèses des monétaristes (Milton FRIEDMAN) qu’il entend combattre, il reçoit le prix Nobel d’économie en 1981.

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    "C’est [...] un lieu commun d’observer que la mondialisation se développe et qu’il en résulte une intégration plus grande des pays du monde qui, du coup, se rapprochent les uns ...
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  • TOUT VOIR

    Le poids inégal des États et des continents au sein du FMI

    Documentation photographique n°8121, janvier 2018, p. 21

    La Chine, banquier du monde ? (caricature, juin 2015)

    Dessin de PARESH, paru dans The Khaleej Times (journal de Dubaï) le 2 juin 2015

    L’évolution des exportations mondiales de marchandises (1950-2013)


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 82.

    Géographie de la dette mondiale (2016)


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 82.

    L’évolution des droits de vote au FMI (1947-2016)


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 290.

    Les plaintes déposées auprès de l’OMC de 1995 à 2016


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 302.

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    AFFICHES

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    ŒUVRES ET MONUMENTS

    Le G7 vu des pays du Sud


    Caricature de BROUCK, 2009.

    Le FMI vu comme un prédateur (caricature de PLANTU)


    Caricature de PLANTU publiée dans le journal Le Monde en 1996.

    PHOTOGRAPHIES

    L’Indonésie soumise par le FMI à un Plan d’ajustement structurel (PAS) drastique en 1998


    Le président indonésien SUHARTO accepte un PAS drastique sous les yeux de Michel CAMDESSUS, directeur général du FMI, le 15 janvier 1998 (Jakarta). En effet, en 1997, l’Asie est touchée par une crise financière qui conduit l’Indonésie, très endettée, à faire appel au FMI et à la Banque mondiale.

    Les réserves d’or américaines (1968)


    Lingots d’or étrangers déposés dans un coffre de New York comptabilisés par des employé de la réserve fédérale des Etats-Unis (mars 1968).

    PRESSE

    La Chine, banquier du monde ? (caricature, juin 2015)

    Dessin de PARESH, paru dans The Khaleej Times (journal de Dubaï) le 2 juin 2015

    Le G7 vu des pays du Sud


    Caricature de BROUCK, 2009.

    Le FMI vu comme un prédateur (caricature de PLANTU)


    Caricature de PLANTU publiée dans le journal Le Monde en 1996.

    SCHÉMAS & INFOGRAPHIES

    Le poids inégal des États et des continents au sein du FMI

    Documentation photographique n°8121, janvier 2018, p. 21

    L’évolution des exportations mondiales de marchandises (1950-2013)


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 82.

    Géographie de la dette mondiale (2016)


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 82.

    L’évolution des droits de vote au FMI (1947-2016)


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 290.

    Les plaintes déposées auprès de l’OMC de 1995 à 2016


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 302.

    Le fonctionnement du système monétaire international issu de Bretton Woods


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 294.

    Le fonctionnement du système monétaire international issu de Bretton Woods


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 314.

    Le déclin du stock d’or des États-Unis (1950-2010)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 305.

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  • Places financières mondiales et paradis fiscaux


    Géographie Term L, ES, S, Belin, coll. S. BOURGEAT, C. BRAS, 2016, p. 114.

    L’OMC, une instance de régulation du commerce mondial


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 108.

    Les organisations régionales, actrices de la mondialisation


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 81.

    Le rôle des ONG et de la société civile dans la mondialisation


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 81.

    La libéralisation inégale du commerce mondial


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 78.

    Des sommets pour encadrer la mondialisation


    Géographie Term L-ES-S, Nathan, coll. E. JANIN, 2016, p. 81.

    Pays bénéficiaires de prêts du FMI en 2012


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 318.

    Membres et observateurs du GATT et de l’OMC


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 291.

    Membres du FMI et de la Banque mondiale (1947-2016)


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 290.

    Les États signataires de Bretton Woods et du GATT


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 300.

    Le poids inégal des membres du FMI en 2015


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 318.

    La coopération économique entre les grandes puissances


    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 291.

  • TOUT VOIR

    L’essoufflement de l’économie chinoise (16 janvier 2019)

    Journal télévisé de 20h, France 2, 16 janvier 2019

    Le premier sommet du G20 à Washington en novembre 2008

    Journal télévisé de 20h, France 2, 16 novembre 2008

    La crise financière mondiale et ses effets sur l’emploi en France (2008)

    Journal télévisé de 20h, France 2, 26 octobre 2008

    L’essor de l’association altermondialiste Attac (2000)

    Journal télévisé (19/20) de France 3, 22 août 2000

    Manifestations à Seattle contre la conférence ministérielle de l’OMC (1999)

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 30 novembre 1999

    Les conséquences de la crise asiatique de 1997 sur la Thaïlande (1998)

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 17 février 1998

    La crise asiatique de 1997

    Journal télévisé Midi 2, Antenne 2, 24 octobre 1997

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    ARCHIVES

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    PRODUCTION WEB

    1929 et les krachs boursiers (France Info, 2016)

    Chronique de Gérald ROUX sur France Info, février 2016

    Qu’est-ce que le G7 ? (France Info, 2015)

    Chronique de Gérald ROUX sur France Info, septembre 2015

    REPORTAGES TV

    L’essoufflement de l’économie chinoise (16 janvier 2019)

    Journal télévisé de 20h, France 2, 16 janvier 2019

    Le premier sommet du G20 à Washington en novembre 2008

    Journal télévisé de 20h, France 2, 16 novembre 2008

    La crise financière mondiale et ses effets sur l’emploi en France (2008)

    Journal télévisé de 20h, France 2, 26 octobre 2008

    L’essor de l’association altermondialiste Attac (2000)

    Journal télévisé (19/20) de France 3, 22 août 2000

    Manifestations à Seattle contre la conférence ministérielle de l’OMC (1999)

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 30 novembre 1999

    Les conséquences de la crise asiatique de 1997 sur la Thaïlande (1998)

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 17 février 1998

    La crise asiatique de 1997

    Journal télévisé Midi 2, Antenne 2, 24 octobre 1997

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  • CINEMA

    • La banquière (1980). Comédie dramatique de Françoise GIROD avec Romy SCHNEIDER, Marie-France PISIER, Claude BRASSEUR.
      Le film relate retrace l’ascension rapide d’une femme de milieu modeste à la tête d’une banque dans l’entre-deux-guerres puis sa ruine à la suite d’un obscur complot politico-financier
    • Wall street (1987). Drame d’Oliver STONE avec Michel DOUGLAS, Martin SHEEN, Charlie SHEEN.
      Une plongée cynique dans le monde de la finance des années 1980 dans lesquels un trader charismatique (Gordon GEKKO) initie un jeune loup d’une banque d’affaires de Wall Street au « jeu » de la bourse.
    • Trader (1999). Drame de James DEARDEN avec Ewan MCGREGOR, Anna FRIEL, Tom WU.
      L’histoire vraie de Nick LEESON, trader britannique qui, au milieu des années 90, par la spéculation, causa la ruine de la plus grande banque anglaise : la Barings.
    • Bamako (2006). Drame d’Abderrahmane SISSAKO avec Aïssa MAÏGA, Tiécoura TRAORE, Maïmouna Hélène DIARRA.
      Une critique acerbe du rôle des institutions financières internationales dans la situation socio-économique de l’Afrique à travers un procès (incongru) de la société civile africaine contre la Banque mondiale et le FMI.
    • Krach (2010). Thriller de Fabrice GENESTAL avec Gilles LELLOUCHE, Vahina GIOCANTE, Charles BERLING.
      L’histoire d’un trader new-yorkais ambitieux (encore !) plus ou moins responsable de la chute du hedge fund Long Term Capital Management, laquelle causa d’importantes perturbations sur les marchés financiers en 1998.
    • Wall Street : l’argent ne dort jamais (2010). Drame d’Oliver STONE avec Michael DOUGLAS, Shia LABEOUF, Josh BROLIN.
      Vingt ans après un premier film mettant en scène le monde financier de Wall Street, Oliver STONE rejoue une partition quasi-identique (mais moins bien écrite) avec, en toile de fond, la crise financière de 2008.
    • Inside Job (2010). Documentaire de Charles FERGUSON.
      Un brillant documentaire constitué d’enquêtes et d’interview aux quatre coins de la planète pour comprendre les origines de la crise financière de 2008 et les dérives du capitalisme qui lui sont sous-jacentes.
    • Ma part du gâteau (2011). Drame de Cédric KLAPISCH avec Karin VIARD, Gilles LELLOUCHE, Audrey LAMY.
      Une amourette improbable entre une femme de ménage issue d’un milieu modeste à Dunkerque et un trader responsable de la fermeture d’une importante usine. En somme, un drame social qui manque de nuances et qui semble rêver d’une réunion des classes sociales.
    • Margin Call (2012). Thriller de Jeffrey C. CHANDOR avec Jeremy IRONS, Kevin SPACEY, Paul BETTANY.
      Un huis-clos au sein d’une équipe de traders qui cherchent par tous les moyens à se débarrasser d’actifs « toxiques » pour sauver leur place et leur banque d’investissement.
    • Cosmopolis (2012). Drame de David CRONENBERG avec Robert PATTINSON, Juliette BINOCHE, Sarah GADON.
      Vingt-quatre heures dans la vie d’Eric PACKER, golden-boy de la finance, alors que l’ère du capitalisme (critiquée ici) touche à sa fin.
    • Le capital (2012). Drame de COSTA-GAVRAS avec Gad ELMALEH, Gabriel BYRNE, Natacha REGNIER.
      Un mauvais film de COSTA-GAVRAS sur l’ascension d’un anonyme valet de banque dans le monde financier contemporain.
    • Le loup de Wall Street (2015). Biopic de Martin SCORSESE avec Leonardo DICAPRIO, Jonah HILL, Margot ROBBIE.
      Une magistrale reconstitution du monde de la finance américain des années 1990 à travers la vie pleine d’excès du courtier Jordan BELFORT, arrêté par le FBI en 1998 pour pour détournement de fonds, introductions en bourse illégales et blanchiment d’argent.
    • The Big Short : Le casse du siècle (2015). Comédie dramatique d’Adam MCKAY avec Brad PITT, Ryan GOSLING, Steve CARELL.
      En 2005, quatre « parieurs » anticipent l’éclatement de la bulle financière à Wall Street.
    • L’outsider (2016). Thriller de Christophe BARRATIER avec Arthur DUPONT, François-Xavier DEMAISON, Sabrina OUAZANI.
      Le réalisateur des Choristes retranscrit la descente aux enfers du trader Jérôme KERVIEL, accusé d’avoir fait perdre près de 5 milliards d’euros à la Société générale en 2008.

    TÉLÉVISION

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  • QUESTIONS INTERNATIONALES

    • « Mondialisation, une gouvernance introuvable », Questions internationales, n°46, mai-juin 2010.

    OUTILS DE TRAVAIL

    • André-Jean ARNAUD, Dictionnaire de la globalisation, LGDJ, 2010, 538 p.
    • Arnaud BLIN, Gustavo MARIN (dir.), Dictionnaire de la gouvernance mondiale, Nuvis, 2015, 467 p.
    • Véronique CHARLETY, François LAFARGE et alii (dir.), Dictionnaire encyclopédique de la gouvernance européenne, Larcier, 2018, 354 p.
    • Eddy FOUGIER, Dictionnaire analytique de l’altermondialisme, Ellipses, 2006, 287 p.
    • Cynthia GHORRA-GOBIN (dir.), Dictionnaire critique de la mondialisation, Armand Colin, 2012, 648 p.

    LA GOUVERNANCE : OUVRAGES GENERAUX

    • Michael W. BAUER, Stefan BECKER, La gouvernance européenne, Seuil, 2014, 242 p.
    • Hakim BEN HAMMOUDA, Le G20 et les défis de la gouvernance globale, De Boeck, 2011, 223 p.
    • Alain DEJAMMET, L’archipel de la gouvernance mondiale : ONU, G7, G8, G20, Dalloz, 2012, 120 p.
    • Jean-Pierre GAUDIN, Pourquoi la gouvernance ?, Presses de Sciences Po, 2002, 137 p.
    • Jean-Christophe GRAZ, La gouvernance de la mondialisation, La Découverte, coll. « Repères », 2013, 4e édition, 128 p.
    • Pierre JACQUET, Jean PISANI-FERRY, Laurence TUBIANA, Gouvernance mondiale. Rapport de synthèse du Conseil d’analyse économique, La Documentation française, 2002, 507 p.
    • Pascal LAMY, La démocratie-monde : pour une autre gouvernance globale, Seuil, coll. « La République des idées », 2004, 90 p.
    • Jacques MISTRAL (dir.), Le G20 et la nouvelle gouvernance économique mondiale, PUF, 2011, 112 p.
    • Philippe MOREAU-DEFARGE, La gouvernance, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2015, 5e édition, 128 p.
    • Deepak NAYYAR (dir.), Governing Globalization. Issues and Institutions, UNU/Wider Studies in Development Economics, 2002.
    • James N. ROSENAU, Ernst-Otto CZEMPIEL (dir.), Governance without Government. Order and Change in World Politics, Cambridge University Press, 1992.
    • Pierre DE SENARCLENS, Maîtriser la mondialisation. La régulation sociale internationale, Presses de Sciences Po, 2000.

    LES ORGANISATIONS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES ET LE SYSTÈME BRETTON WOODS

    • Michel AGLIETTA, Le FMI. De l’ordre monétaire aux désordres financiers, Economica, 2000, 272 p.
    • Michel AGLIETTA, Virginie COUDERT, Le dollar et le système monétaire international, La Découverte, coll. « Repères », 2014, 122 p.
    • Jean-Pierre CLING, François ROUBAUD, La Banque mondiale, La Découverte, coll. « Repères », 2008, 122 p.
    • Gérard-Marie HENRY, Le FMI, Studyrama, 2012, 173 p.
    • Mayeul KAUFFMANN, Gouvernance économique mondiale et conflits armés. Banque mondiale, FMI et GATT-OMC, L’Harmattan, 2006, 328 p.
    • Patrick LENAIN, Le FMI, La Découverte, coll. « Repères », 2004, 128 p.
    • Jean-Claude MARTINEZ (dir.), L’OMC. De Marrakech à Washington (1994-2017), L’Harmattan, 2017, 284 p.
    • Roland SEROUSSI, Les nouveaux gendarmes du monde : GATT, FMI et Banque mondiale, Dunod, 1994, 208 p.

    HISTOIRE DE LA MONDIALISATION, HISTOIRE ÉCONOMIQUE MONDIALE

    • Paul BAIROCH, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, La Découverte, 2005 (première édition : 1994), 294 p.
    • Paul BAIROCH, Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours, Tome 3 (XXe siècle), Gallimard, 1997, 1120 p.
    • Alain BEITONE (dir.), Analyse économique et historique des sociétés contemporaines, Armand Colin, coll. « U Economie », 2010, 640 p.
    • Pierre BEZBAKH, Histoire de l’économie des origines à la mondialisation, Larousse, 2008, 2e édition, 127 p.
    • Bertrand BLANCHETON, Histoire de la mondialisation, De Boeck Supérieur, 2008, 160 p.
    • Jacques BRASSEUL, Petite histoire des faits économiques et sociaux : des origines aux subprimes, Armand Colin, coll. « U Histoire », 2010, 2e édition, 320 p.
    • Fernand BRAUDEL, La dynamique du capitalisme, Flammarion, 1988, 110 p.
    • Christian CHAVAGNEUX, Une brève histoire des crises financières : des tulipes aux subprimes, La Découverte, 2013, 262 p.
    • Nicolas BAVEREZ, François CARON, Joël CORNETTE et alii, Les crises du capitalisme. Du krack de la tulipe à la récession mondiale, Perrin, coll. « Tempus », 2010, 240 p.
    • Christian GRATALOUP, Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du monde, Armand Colin, 2007, 288 p.
    • Maurice NIVEAU, Yves CROZET, Histoire des faits économiques contemporains, PUF, 2016, 880 p.
    • Philippe NOREL, L’histoire économique globale, Seuil, 2009, 304 p.
    • Philippe NOREL, L’invention du marché. Une histoire économique de la mondialisation, Seuil, 2014, 592 p.
    • Karl POLANYI, La grande transformation, Gallimard, 1983.
    • Herman VAN DER WEE, Histoire économique mondiale 1945-1990, Academia Bruylant, 1994, 554 p.
    • Immanuel WALLERSTEIN, L’Après-Libéralisme. Essai sur un système-monde à réinventer, L’Aube, 2003, 210 p.