IV. 1. Gouverner la France depuis 1946

  • I] LA RECONSTRUCTION ET LA MODERNISATION DE LA FRANCE ET DE L’ÉTAT SOUS LA IVe RÉPUBLIQUE (1946-1958)

    A) La IVe République handicapée par l’instabilité politique
    -Une instabilité gouvernementale chronique : un modèle constitutionnel à revoir ?
    -En conséquence, des critiques nombreuses voire un rejet
    -Un personnel politique plus ou moins renouvelé

    B) La IVe République met tout de même en place des réformes qui modernisent la France et l’État
    -La reconstruction d’un pays détruit par la guerre
    -Un État planificateur
    -La naissance de l’État-Providence

    C) Une réorganisation administrative
    -La mise en place d’un véritable corps de fonctionnaires
    -Former la haute fonction publique

     

    II] LA Ve RÉPUBLIQUE DES TRENTE GLORIEUSES : LE RENFORCEMENT DE L’ÉTAT (1958-1974)

    A) La Ve République, la République gaullienne : un régime (semi-)présidentiel
    -Le renforcement du pouvoir et de la stature présidentiels
    -Un président au-dessus des partis
    -« Une certaine idée de la France »
    -Blocages et critiques : de MITTERRAND à Mai 68

    B) L’État se repose de plus en plus sur des serviteurs de la fonction publique
    -Les hauts-fonctionnaires et le rôle de l’ENA : l’exemple de Valéry GISCARD D’ESTAING
    -Les experts de l’ombre
    -Le renforcement du pouvoir des préfets

    C) Une forte intervention de l’État
    -L’État entrepreneur : DE GAULLE veut rendre la France compétitive et indépendante
    -Aménager et équilibrer le territoire
    -L’État, acteur culturel et social

     

    III] LE RECUL DE L’ÉTAT À L’HEURE DU TRIOMPHE DU LIBÉRALISME (DEPUIS LES ANNÉES 1970)

    A) Le tournant libéral depuis les années 1970
    -Crises économiques et remises en cause de l’interventionnisme étatique
    -L’alternance : des régimes socialistes qui pratiquent le libéralisme
    -Les cohabitations décrédibilisent l’efficience de l’État
    -L’élection présidentielle de 2017 : rupture ou continuité ?

    B) La montée en puissance des régions
    -Décentralisation et déconcentration : une évolution inédite en France ?
    -Les lois de décentralisation (1982, 2004)
    -Une cohabitation par le biais des régions

    C) L’État face aux défis du XXIe siècle
    -La montée des extrêmes et du populisme
    -Quelle place pour l’État dans l’Union européenne (et dans la mondialisation) ?
    -La société médiatique : les communicants, les nouveaux serviteurs de l’État ?
    -Un difficile désengagement : la « résistance de l’État »

  • CITATIONS

    « En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. » (Georges CLEMENCEAU, début du XXe siècle)

    « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? » (Charles DE GAULLE)

    « La politique est une action, c’est-à-dire un ensemble de décisions que l’on prend, de choses que l’on fait, de risques que l’on assume, le tout avec l’appui d’un peuple. » (Charles DE GAULLE, conférence de presse du 23 juillet 1964)

    « Il n’y a plus la gauche et la droite. Il y a les gens qui sont en haut et qui veulent voir les grands horizons parce qu’ils ont une très lourde, difficile et lointaine tâche à accomplir. Il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages. » (Charles DE GAULLE, conférence de presse du 17 novembre 1948)

    « Tentaculaire et en même temps inefficace : voilà, nous le savons, ce qu’est en passe de devenir l’Etat. » (Jacques CHABAN-DELMAS, discours à l’Assemblée nationale, 16 septembre 1969)

    « Les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent. » (Charles PASQUA, ancien conseiller et ministre de l’Intérieur de Jacques CHIRAC, 1988)

    « Pour certains, le centrisme n’a aucun contenu intellectuel. C’est un marais, un point de convergence des opportunistes, un point central permettant le jeu de bascule. Nous pensons au contraire que le centrisme exprime une certaine manière d’aborder les problèmes, caractérisée par le refus des extrêmes et le choix délibéré de l’action. » (François BAYROU)

    « Le gaullisme sans de Gaulle, c’est vouloir faire du civet sans lièvre. » (Jacques CHIRAC)

    « Je ne pense pas que les Français veulent un Président glacé et qui devient glaçant. Il faut mettre de la vie au plus haut niveau du pouvoir. » (Nicolas SARKOZY, Le JDD, 21 juin 2007)

    LEXIQUE

    Administration :

    Ensemble des institutions, services, agents chargés d’appliquer les décisions du gouvernement et d’assurer le fonctionnement des services publics.

    Alternance :

    Succession au pouvoir de deux tendances politiques antagonistes.

    Centralisation :

    Concentration du pouvoir dans un seul pôle (l’État) lui-même concentré dans un seul lieu (la capitale). Les décisions prises par le centre (à Paris) s’appliquent ensuite uniformément au reste du pays.

    Cohabitation :

    En reprenant la définition de Jean MASSOT (1997), la cohabitation désigne la « coexistence d’un chef de l’État élu au suffrage universel sur un programme politique et d’un Premier ministre s’appuyant sur une majorité parlementaire élue pour soutenir une politique opposée ». Lorsqu’à l’issue des élections législatives, la majorité à l’Assemblée nationale et le président de la République appartiennent à des tendances politiques opposées, ce dernier nomme un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

    Collectivité territoriale :

    Structure administrative à l’intérieur d’un État dirigée par un exécutif élu (commune, intercommunalité, département, région).

    Conseil constitutionnel :

    Créé par la Constitution de la Ve République en octobre 1958, le Conseil constitutionnel est une institution chargée de contrôler la constitutionnalité des lois et des traités internationaux (c’est-à-dire leur conformité à la Constitution) ainsi que la bonne organisation et le bon déroulement des consultations nationales (élections et référendum). Il siège au Palais Royal à Paris. Composé des anciens présidents (nommés à vie) et de 9 membres (les « Sages ») nommés pour 3 ans (le renouvellement se fait par tiers) par le président de la République et par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, il peut être saisi par le président de la République, le Premier ministre ou le président de l’une ou l’autre des assemblées parlementaires, mais aussi par 60 députés ou sénateurs depuis 1974 et, depuis la révision constitutionnelle de juillet 2008, par les citoyens (droit de question prioritaire de constitutionnalité).

    Conseil d’État :

    Créé par Napoléon BONAPARTE (alors Consul) en 1799, descendant direct du Conseil du Roi, reconfiguré sous la IIIe République, le Conseil d’État conseille le gouvernement sur la légalité et la possibilité des projets de lois et de certains projets de décrets. Il est aussi la plus haute des juridictions de l’ordre administratif. Localisé au Palais Royal à Paris, le Conseil d’État est composé d’auditeurs (recrutés par le concours de l’ENA), de maîtres des requêtes et de conseillers d’État. À côté de ces membres ordinaires, le Conseil compte des membres extraordinaires. Parmi eux, figurent douze conseillers d’État nommés par le Gouvernement par décret en Conseil des ministres, pour seulement quatre ans. Ils participent uniquement aux activités consultatives du Conseil.

    Décentralisation :

    Transfert de certaines compétences (responsabilités) de l’État aux régions ou aux départements qui le composent. Plusieurs lois de décentralisation ont été promulguées depuis 1945 (1982, 1992, 2010).

    Déconcentration :

    Transfert de certains pouvoirs de décision aux agents du pouvoir central (préfets et sous-préfets) répartis sur l’ensemble du territoire.

    État :

    Entité politique constituée d’un territoire délimité (frontières), d’une population et d’un pouvoir institutionnel. Le mot État est entré en 1696 dans la première édition du dictionnaire de l’Académie française. Il y est défini de façon très claire dans les deux significations qu’il a encore : « gouvernement d’un peuple vivant sous la domination d’un prince ou en république » ; et « désignation du pays lui-même ».

    État-providence :

    Forme d’État social dans lequel des systèmes de protection sociale organisés par l’État sont généralisés à toute la population.

    Gouvernement :

    Organe détenteur du pouvoir exécutif dans un État. Il est constitué par l’ensemble des ministres qui, en vertu de la Constitution de 1958, peut émettre un projet de loi.

    Parlement :

    Ensemble des assemblées qui exercent le pouvoir législatif. Le Parlement est composé de deux chambres en France depuis 1946 (bicamérisme) : une chambre haute (Conseil de la République sous la IVe République puis Sénat depuis 1958) et une chambre basse (Assemblée nationale, faisant des propositions de loi).

    Planification :

    Méthode d’organisation de l’économie. En France, la Commissariat au Plan fixait des objectifs indicatifs de production, élaborés par des commissions tripartites (hauts fonctionnaires, syndicats, patronat), et accordait des aides financières.

    Pouvoir exécutif :

    Pouvoir chargé de gérer la politique courante de l’État et d’appliquer la loi élaborée par le pouvoir législatif.

    Pouvoir judiciaire :

    Pouvoir confié aux juges et aux magistrats, s’appuyant sur les textes de loi, qui contrôlent l’application de la loi et sanctionnent son non-respect.

    Pouvoir législatif :

    Pouvoir chargé de voter la loi, le budget de l’État et de contrôler l’action du pouvoir exécutif.

    Régime parlementaire :

    Régime qui établit une séparation équilibrée entre l’exécutif et le législatif, le législatif contrôlant l’exécutif.

    Régime semi-présidentiel :

    Régime intermédiaire entre le régime parlementaire et le régime présidentiel, théorisé en 1970 par le juriste français Maurice DUVERGER. Le pouvoir exécutif est partagé entre le président de la République et le Premier ministre, seul responsable avec son gouvernement devant les assemblées.

    Rigueur :

    Politique qui vise à lutter contre le déficit budgétaire par la réduction des dépenses de l’État.

    Souveraineté nationale :

    Principe selon lequel la source de l’autorité politique est la nation, formée par l’ensemble des citoyens.

    CHRONOLOGIE

    4 octobre 1945 :

    Ordonnance mettant en place la Sécurité sociale.

    9 octobre 1945 :

    Création de l’École nationale d’administration (ENA) dont le but est de former les hauts-fonctionnaires.

    21 octobre 1945 :

    Abolition de la Constitution de la IIIe République et élection d’une Assemblée constituante.

    23 novembre 1945 :

    Formation d’un gouvernement tripartite (PCF-SFIO-MRP) autour du général DE GAULLE.

    2 décembre 1945 :

    Nationalisation de la Banque de France et de cinq grandes banques.

    3 janvier 1946 :

    Institution de la planification (Commissariat général au Plan fondé en janvier 1947).

    20 janvier 1946 :

    Charles DE GAULLE démissionne de son poste du fait de son désaccord avec la future constitution qui annonce, selon lui, un « régime des partis ».

    8 avril 1946 :

    L’État nationalise le gaz (création de Gaz de France) et l’électricité (Électricité de France).

    27 avril 1946 :

    Création de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

    5 mai 1946 :

    Un premier projet de constitution (proposant un Parlement monocaméral) est rejeté par référendum (52,9 % de « non »).

    16 juin 1946 :

    Discours de Bayeux du général DE GAULLE au cours duquel il donne sa vision des institutions et de la République.

    13 octobre 1946 :

    La Constitution de la IVe République est adoptée par référendum ; elle est promulguée le 27 octobre.

    23 novembre 1946 :

    Début de la guerre d’Indochine.

    16 janvier 1947 :

    Vincent AURIOL (SFIO) est élu président de la IVe République.

    5 mai 1947 :

    Dans un contexte social tendu (grèves) et dans un cadre international de plus en plus divisé (guerre froide, le Plan Marshall sera annoncé un mois plus tard), les ministres communistes sont renvoyés du gouvernement RAMADIER.

    11 février 1950 :

    Mise en place d’un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et loi sur les conventions collectives.

    9 mai 1950 :

    Déclaration Schuman : le ministre des Affaires étrangères français Robert SCHUMAN propose de mettre en commun les ressources en charbon et en acier entre la France et la République fédérale d’Allemagne (RFA).

    23 décembre 1953 :

    René COTY (CNIP) est élu à la présidence de la République.

    21 juillet 1954 :

    Signature des accords de Genève qui mettent fin à la guerre d’Indochine. Celle-ci aura fait plus de 75 000 morts du côté français.

    10 avril 1954 :

    Instauration de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

    1er juillet 1954 :

    « Toussaint rouge » : les indépendantistes du FLN commettent plusieurs dizaines d’attentats en Algérie ; cet événement marque généralement le début de la guerre d’Algérie.

    30 août 1954 :

    Le Parlement français rejette le projet de Communauté européenne de défense (CED).

    8 décembre 1955 :

    Mise en place du « Front républicain » par Guy MOLLET (SFIO), Pierre MENDES FRANCE (Radicaux), François MITTERRAND (UDSR) et Jacques CHABAN-DELMAS (Républicains sociaux) pour contrer le mouvement poujadiste.

    2 janvier 1956 :

    Aux élections législatives, les poujadistes obtiennent plus de 2 millions de voix (12 %) et 52 députés.

    28 février 1956 :

    Instauration de la troisième semaine de congés payés.

    26 juillet 1956 :

    Nationalisation du canal de Suez par le général NASSER (Égypte) afin de financer la construction du barrage d’Assouan. La France et le Royaume-Uni tentent d’intervenir mais sont freinés par les États-Unis.

    1er juin 1958 :

    En pleine crise algérienne (émeutes à Alger en mai), Charles DE GAULLE est nommé président du Conseil. Le lendemain, l’Assemblée lui vote les pleins pouvoirs pour six mois afin de réformer les institutions.

    28 septembre 1958 :

    Adoption par référendum de la nouvelle constitution voulue par DE GAULLE.

    5 octobre 1958 :

    Après promulgation de la Constitution, la Ve République est instaurée. DE GAULLE en devient le premier président suite à l’élection du 21 décembre.

    27 décembre 1958 :

    Plan de redressement Pinay-Rueff (lancement d’un emprunt indexé sur l’or, dévaluation du franc) : un nouveau franc est créé (mis en circulation en 1960).

    31 décembre 1958 :

    Création de l’assurance-chômage.

    3 février 1959 :

    Création d’un ministère de la Culture, confié à André MALRAUX.

    23 avril 1961 :

    Suite au putsch des généraux à Alger, DE GAULLE se saisit des pleins pouvoirs jusque septembre (état d’urgence).

    8 février 1962 :

    La manifestation (interdite) à Paris contre l’Organisation armée secrète (OAS) dégénère et fait 8 morts (métro Charonne).

    18 mars 1962 :

    Les accords d’Evian donnent l’indépendance à l’Algérie (acceptée par référendum en France le 8 avril).

    22 août 1962 :

    Attentat manqué de l’OAS contre DE GAULLE au Petit-Clamart.

    28 octobre 1962 :

    Référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel (62 % de « oui »).

    14 février 1963 :

    Création de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR).

    14 juin 1963 :

    Mise en fonctionnement de la première centrale nucléaire française à Chinon.

    13 juillet 1965 :

    Loi sur les régimes matrimoniaux permettant aux femmes d’ouvrir un compte en banque ou de travailler sans le consentement de leur mari.

    19 décembre 1965 :

    DE GAULLE est élu Président de la République au suffrage universel (à l’issue du second tour face à François MITTERRAND).

    7 mars 1966 :

    DE GAULLE annonce au président JOHNSON son intention de quitter le commandement intégré de l’OTAN (politique d’indépendance nationale).

    1965 :

    Lancement du plan « Calcul » dans le domaine de l’informatique.

    1966 :

    Mise en place d’un plan sidérurgique : création d’Usinor et Sacilor.

    13 juillet 1967 :

    Création de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE).

    28 décembre 1967 :

    La loi Neuwirth autorise la contraception.

    13 mai 1968 :

    Manifestations étudiantes à Paris et début de la grève générale.

    27 mai 1968 :

    Accords de Grenelle suite au mouvement de Mai 68 (augmentation de 35 % du SMIG et de 10 % en moyenne des salaires réels, quatrième semaine de congés payés).

    30 mai 1968 :

    Importante manifestation à Paris en soutien à DE GAULLE qui choisit de dissoudre l’Assemblée pour anticiper les élections législatives et légitimer son pouvoir.

    28 avril 1969 :

    Échec du référendum sur la régionalisation entraînant la démission du général DE GAULLE, remplacé par Alain POHER (président du Sénat) conformément à la Constitution.

    Janvier 1971 :

    Création d’un ministère de l’Environnement.

    26 juin 1972 :

    Le Parti communiste (PCF) et le Parti socialiste (PS, fondé en juillet 1969) signent un programme commun de gouvernement.

    3 mars 1974 :

    Annonce d’un plan énergétique privilégiant le nucléaire.

    8 mars 1974 :

    Inauguration de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, après dix ans de travaux.

    2 avril 1974 :

    Décès du président Georges POMPIDOU. Le président du Sénat, Alain POHER, assure l’intérim.

    5 juillet 1974 :

    Élu Président, Valéry GISCARD D’ESTAING abaisse l’âge de la majorité à 18 ans.

    24 décembre 1974 :

    Loi généralisant la sécurité sociale à l’ensemble de la population.

    17 janvier 1975 :

    Loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

    Décembre 1975 :

    La France entre dans la crise, elle enregistre le premier recul de sa production industrielle depuis 1945.

    24 août 1976 :

    En désaccord avec le projet d’élection du Parlement européen, Jacques CHIRAC devient le premier Premier ministre à démissionner.

    22 septembre 1976 :

    Lancement du premier plan Barre (plan d’austérité) ; il sera suivi de deux autres plans en 1977 et en 1978.

    14 septembre 1977 :

    Éclatement de l’union de la gauche (PS-PCF-Radicaux de gauche sur la base du programme commun).

    Mai 1980 :

    Mouvement étudiant contre le décret Imbert visant à limiter l’inscription des étrangers dans les universités françaises.

    10 mai 1981 :

    Première alternance de la Ve République : le socialiste François MITTERRAND est élu Président de la République sur un programme de 110 propositions (réduction du temps de travail, cinquième semaine de congés payés, nationalisations, abolition de la peine de mort…).

    18 septembre 1981 :

    Abolition de la peine de mort.

    30 décembre 1981 :

    Création de l’impôt sur les grandes fortunes (IGF), remplacé par l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en 1989.

    13 février 1982 :

    Programme de nationalisations prévues par le programme socialiste touchant Saint-Gobain, Rhône-Poulenc, de nombreuses banques…

    3 mars 1982 :

    Loi Deferre sur la décentralisation.

    9 mars 1982 :

    François MITTERRAND annonce une politique de grands travaux culturels (le Grand Louvre, la Villette, Opéra Bastille…).

    16 janvier 1982 :

    Ordonnance instituant la cinquième semaine de congés payés et la durée de travail à 39 heures.

    21 mars 1983 :

    Mise en place d’une politique de rigueur (« tournant de la rigueur ») par le ministre de l’Économie Jacques DELORS.

    1er avril 1983 :

    Entrée en vigueur de la retraite à 60 ans.

    21 décembre 1985 :

    Ouverture du premier « Resto du cœur ».

    20 mars 1986 :

    Cohabitation entre François MITTERRAND (PS) et Jacques CHIRAC suite à la victoire du RPR aux élections législatives.

    7 août 1986 :

    Loi sur les privatisations : le gouvernement privatise Saint-Gobain (1986), TF1, la Société générale (1987) puis BNP, Rhône-Poulenc (1993), Elf-Aquitaine, Renault (1994).

    26 juin 1988 :

    Accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie touchée depuis 1984 par d’importants mouvements insurrectionnels entre partisans et opposants à l’indépendance.

    30 novembre 1988 :

    Création du Revenu minimum d’insertion (RMI).

    10 janvier 1991 :

    Promulgation de la loi Evin interdisant la cigarette dans les lieux à usage collectif.

    15 mai 1991 :

    Edith CRESSON est la première femme à devenir Premier ministre.

    20 septembre 1992 :

    Référendum sur le traité de Maastricht : défendu par le gouvernement, le traité est approuvé à une courte majorité (51 %) par les Français.

    29 mars 1993 :

    Début d’une deuxième cohabitation (F. MITTERRAND – E. BALLADUR).

    1er mai 1993 :

    Suicide de l’ancien Premier ministre Pierre BEREGOVOY dans des circonstances obscures.

    24 mai 1995 :

    Nouvelle alternance : Jacques CHIRAC (RPR) succède à F. MITTERRAND (PS).

    12 juin 1995 :

    La France reprend ses essais nucléaires (jusque janvier 1996).

    24 novembre-15 décembre 1995 :

    Mouvement de grève massif contre le « plan Juppé » visant à réformer la Sécurité sociale.

    22 février 1996 :

    Projet de professionnalisation de l’armée impliquant la suspension du service militaire (un an plus tard, en novembre 1997).

    21 avril 1997 :

    Jacques CHIRAC décide de dissoudre l’Assemblée nationale pour faciliter (dit-il) le vote des réformes européennes. La « gauche plurielle » remporte les élections législatives, l’obligeant à nommer Lionel JOSPIN (PS) à la tête du gouvernement (troisième cohabitation).

    31 décembre 1997 :

    La France compte 10,8 % de chômeurs, un niveau record depuis la fin des Trente Glorieuses.

    6 février 1998 :

    Approfondissement des tensions en Corse avec l’assassinat du préfet C. ERIGNAC.

    12 juillet 1998 :

    La France devient championne du monde de football.

    13 juin 1998 :

    Loi Aubry sur le temps de travail (35 heures).

    28 juin 1999 :

    Vote de la loi sur la parité hommes-femmes en politique.

    28 juillet 1999 :

    Institution de la Couverture maladie universelle (CMU).

    13 octobre 1999 :

    Adoption du Pacte civil de solidarité (PACS) qui reconnaît, entre autres, un droit d’union aux homosexuels.

    24 septembre 2000 :

    Adoption du quinquennat lors d’un référendum marqué par l’abstention (68 %). La révision constitutionnelle prévoit également de faire coïncider les élections présidentielles et les élections législatives, afin d’éviter la cohabitation.

    1er janvier 2002 :

    Mise en circulation de l’euro.

    21 avril 2002 :

    Le Front national (FN), représenté par Jean-Marie LE PEN, parvient à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, déclenchant d’importantes manifestations.

    Août 2003 :

    Une forte canicule cause la mort d’environ 15 000 personnes.

    15 mars 2004 :

    Promulgation de la loi sur le port de signes ou de tenues ostentatoires manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics.

    29 mai 2005 :

    La France rejette par référendum le projet de constitution européenne.

    8 novembre 2005 :

    Le gouvernement proclame l’état d’urgence dans les communes de « banlieue » touchées par d’importantes émeutes.

    Mars 2006 :

    Mouvement de protestation étudiante rejetant le projet de loi relatif au Contrat première embauche (CPE), nouveau contrat de travail qui aurait permis aux entreprises d’embaucher les jeunes de moins de 25 ans avec une période d’essai de deux ans.

    18 mai 2007 :

    Annonce de la réunion d’un « Grenelle de l’environnement » destiné à envisager des décisions à long terme en matière d’environnement et de développement durable.

    23 juillet 2008 :

    Révision constitutionnelle qui crée, entre autres, le référendum d’initiative partagée (RIP) et la fonction de défenseur des droits. Le président de la République ne peut plus, désormais, qu’exercer deux mandats consécutifs, tandis que ses « pleins pouvoirs » en période de crise donnent désormais lieu à des avis du Conseil constitutionnel.

    Septembre-octobre 2010 :

    Importants mouvements de grève contre la réforme des retraites soutenue par le Premier ministre F. FILLON.

    11 octobre 2010 :

    Vote de la loi interdisant le port du voile intégral sur le territoire français, au terme d’une intense polémique.

    Mars 2012 :

    Série d’attentats à Toulouse et Montauban contre une école juive et des militaires français.

    15 mai 2012 :

    François HOLLANDE (PS) devient Président de la République (nouvelle alternance).

    17 mai 2013 :

    Promulgation de la loi instituant le « mariage pour tous » après d’importantes confrontations au sein de la société entre partisans et opposants.

    14 janvier 2014 :

    Inflexion libérale de la politique de F. HOLLANDE à travers le « Pacte de responsabilité » pour les entreprises (suppression des cotisations patronales en échange de créations d’emploi). En avril, un plan d’économie de 50 milliards d’euros est présenté.

    22 janvier 2014 :

    Adoption de la loi sur le non-cumul des mandats.

    7-9 janvier 2015 :

    Attentats et prises d’otages revendiqués par Daech contre les journalistes de Charlie Hebdo, un magasin juif et des policiers à Paris. Le 11 janvier, 47 dirigeants de gouvernements du monde entier et 4 millions de personnes défilent à Paris et en France dans une « marche républicaine ».

    16 janvier 2015 :

    Promulgation de la loi relative au redécoupage des régions métropolitaines (13 au lieu de 22).

    13 novembre 2015 :

    Une série d’attentats à Paris, revendiqués par Daech, fait 130 morts. L’état d’urgence est décrété (prolongé depuis avec la répétition d’attentats comme à Nice ou Paris en 2016 et 2017).

    21 juillet 2016 :

    La « Loi travail », dénoncée par des grèves répétées au printemps et à l’été, est adoptée par le Parlement au moyen de l’article 49-3 de la Constitution.

    20 novembre 2016 :

    Organisation des primaires de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017. Adoptée par les partis de gauche, cette pratique a tendance, pour ce suffrage, à se généraliser.

    1er décembre 2016 :

    Le président François HOLLANDE est le premier dans sa fonction à ne pas se représenter pour un second mandat.

    23 avril 2017 :

    Les deux partis traditionnels de la droite (Les Républicains) et de la gauche (Parti socialiste) n’accèdent pas au second tour de la présidentielle qui voit s’affronter Emmanuel MACRON (à la tête d’un mouvement large « En marche ! ») et Marine LE PEN (Front national).

    27 novembre 2018 :

    Début du mouvement dit des « Gilets jaunes » marqué par des mobilisations hebdomadaires (les samedis) et auquel le gouvernement tente de répondre tant bien que mal par un « grand débat ».

    PERSONNAGES-CLÉ

    Vincent AURIOL (1884-1966)

    Né dans le sud-ouest de la France, Vincent AURIOL suit des études de droit qui le mèneront à la profession d’avocat. Issu d’une famille modeste (son père est boulanger ; il perd par ailleurs l’usage de son œil gauche suite à un accident à l’âge de 10 ans, l’obligeant à porter depuis un œil de verre), V. AURIOL est influencé par Jean JAURES (qui fut d’ailleurs l’un de ses professeurs) et milite à la SFIO dès 1905 (il créera d’ailleurs un journal régional militant plutôt influent). Il devient un membre important du parti après l’assassinat de JAURES (1914) et demeurera député jusqu’en juin 1940 – proche de Léon BLUM, il sera nommé ministre des Finances sous le Front populaire (1936-1937), puis garde des Sceaux (1937-1938). Arrêté du fait de son appartenance politique par le régime de Vichy, AURIOL est libéré en 1941 puis entre dans la Résistance un an plus tard, se mettant au service de DE GAULLE. C’est durant la guerre qu’il écrit Hier et demain dans lequel il entame une réflexion sur les institutions à bâtir après-guerre. A la Libération, Vincent AURIOL devient président de l’Assemblée nationale constituante, puis président de l’Assemblée nationale (décembre 1946), avant d’être élu dès le premier tour, par le Parlement réuni en congrès à Versailles, premier président de la IVe République. Bien qu’il refusera de n’être qu’un « président soliveau » (c’est-à-dire stupide), il exercera un rôle très réduit dans la vie politique jusqu’à la fin de son septennat (1954). En désaccord avec Guy MOLLET, il quittera ensuite la SFIO et soutiendra le retour de DE GAULLE (1958) pour la République duquel il siégera au Conseil constitutionnel (regrettant néanmoins le manque de considération du général pour cette institution nouvelle – il soutiendra en outre François MITTERRAND pour l’élection présidentielle de 1965).

    René COTY (1882-1962)

    Ce Normand, fils d’un directeur de collège, est avocat, comme le président auquel il succédera : Vincent AURIOL. Passionné de littérature et de philosophie, il suit les convictions politiques de son père – républicain modéré – et entre en politique en soutenant la campagne du député-maire du Havre Jules SIEGFRIED lors d’élections législatives. Il participe à la Première Guerre mondiale (il combat à Verdun) et mène sa carrière d’avocat au retour, qu’il cumule avec son mandat de député de la Seine à partir de 1923, puis de sénateur en 1936 (il s’oppose alors au Front populaire). C’est à cette époque qu’il commence à réfléchir une réforme constitutionnelle pour améliorer les insuffisances liées au parlementarisme de la IIIe République. Le 10 juillet 1940, le sénateur COTY vote les pleins pouvoirs au maréchal PETAIN, avant de se tenir à l’écart de la vie publique, puis de rentrer en résistance vers 1943 (ce qui lui permettra d’échapper à l’épuration après-guerre). Il retrouve ses mandats de député et de sénateur sous la IVe République au cours de laquelle il sera ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (1947-1948). Contrairement à Vincent AURIOL, son élection à la présidence de la République a été plus complexe puisque le choix se porta sur sa personne après treize tours de scrutin. Dernier président de la IVe République, c’est lui qui rappelle durant la crise de mai 1958 celui qu’il nomme « le plus illustre des Français » : Charles DE GAULLE. Pour contrer l’opposition de l’Assemblée nationale dominée par la gauche, il menacera de démissionner sur-le-champ en cas de refus d’investiture du Général.

    Guy MOLLET (1905-1975)

    Né à Flers (dans l’Orne) dans une famille modeste, pupille de la nation (son père est mort durant la Grande Guerre), Guy MOLLET fait ses études comme boursier à la faculté des lettres de Lille et adhère dès 1923 à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Ayant obtenu sa licence, il devient professeur d’anglais et milite activement au sein du syndicalisme enseignant. Muté à Arras, il sera mobilisé en 1940 puis fait prisonnier ; après avoir été libéré (juin 1941), Guy MOLLET s’impose dans la Résistance du Pas-de-Calais (il écrit d’ailleurs pour le journal clandestin La Voix du Nord) et participe aux combats de la Libération. Après-guerre, il devient maire d’Arras et député du Pas-de-Calais – il occupera ces deux fonctions jusqu’à sa mort. En 1946, il prend la tête de la SFIO (il en restera le secrétaire général jusque 1969) et contribuera en outre à la rédaction des constitutions de 1946 et de 1958. Nommé président du Conseil en 1956 (dans le cadre d’une coalition progressiste avec François MITTERRAND, Pierre MENDES FRANCE et Jacques CHABAN-DELMAS, le « Front républicain », favorable à une troisième semaine de congés payés par exemple), Guy MOLLET est confronté à la guerre d’Algérie qu’il juge « imbécile et sans issue » (il sera fraîchement accueilli par les Européens d’Algérie durant la « journée des tomates ») mais pour laquelle il doublera les effectifs (envoyant le contingent) et les pouvoirs spéciaux à l’armée (dont la légalisation des camps d’internement). Il engage la France aux côtés du Royaume-Uni dans l’expédition du canal de Suez (octobre-novembre 1956) et accorde l’indépendance au Maroc et à la Tunisie. Anglophile, atlantiste et partisan de l’Europe, il siège au sein de la CECA, se montre favorable au projet de Communauté européenne de défense (CED) – ce qui contribuera à diviser son parti – et présidera l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (1954-1956). La signature des traités de Rome s’effectuera d’ailleurs sous sa présidence du Conseil. Considérant pourtant que « la droite française est la plus bête du monde », il se rallie à DE GAULLE en 1958 mais soutiendra MITTERRAND en 1965 puis dans le cadre du nouveau « Parti socialiste » (1969).

    Pierre MENDES FRANCE (1907-1982)

    Né à Paris dans une famille d’origine juive ashkénaze de commerçants aisés, bachelier à 15 ans, docteur en droit, diplômé de l’École libre des sciences politiques (qui deviendra Sciences Po après-guerre), Pierre MENDES FRANCE (PMF) est le plus jeune avocat de France lorsqu’il s’inscrit au barreau (1928), le plus jeune député lorsqu’il est élu dans l’Eure en 1932, et le plus jeune membre du gouvernement lorsqu’il entre dans le second cabinet de Léon BLUM, en mars 1938, comme sous-secrétaire d’État au Trésor. Son entrée en politique s’effectue à 17 ans, parallèlement à ses études. Il est en effet l’un des membres fondateurs, en 1924, de la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste (LAURS), un mouvement étudiant d’opposition à l’extrême droite, très actif dans le Quartier latin. Il intègre également le plus vieux parti de France, le Parti radical (fondé en 1901), au sein duquel il réclame avec d’autres « Jeunes Turcs » (comme Jean ZAY ou Pierre COT) un renouvellement de la doctrine du mouvement, demandant un ancrage plus à gauche. Favorable à une alliance des radicaux avec les socialistes au sein du Front populaire, MENDES FRANCE vote contre la participation de la France aux Jeux olympiques de Munich (1936), appelle à soutenir les Républicains espagnols face à FRANCO mais approuve les accords de Munich (1938). Mobilisé en 1939 comme officier au Moyen-Orient, il souhaite continuer le combat après l’armistice mais est arrêté par le gouvernement de Vichy. Considéré comme déserteur, il est condamné à six ans de prison et s’évade en juin 1941 pour rejoindre le général DE GAULLE à Londres – capitaine d’aviation, il combattra avec le groupe Lorraine. Spécialiste des questions financières (sa thèse de doctorat sur la stabilisation du franc lui aurait valu les félicitations de POINCARE), il est nommé, en 1943, commissaire aux Finances dans le Comité français de libération à Alger. En désaccord avec René PLEVEN, ministre des Finances, sur l’orientation à donner à la politique économique, il démissionne en avril 1945 faute d’obtenir le soutien de DE GAULLE pour prendre les mesures de rigueur et d’assainissement monétaires que lui semble exiger la situation économique du pays. Auparavant, il représente la France à la conférence de Bretton Woods (1944) où il se lie d’amitié avec John M. KEYNES dont il partage les conceptions économiques dès les années 1930. Ses compétences en économie seront d’ailleurs valorisées par ses nominations aux postes de gouverneur du Fonds monétaire international (FMI), de gouverneur adjoint de la Banque internationale de reconstruction et de représentant permanent de la France au Conseil économique et social de l’ONU. Sa carrière politique prend un tournant sous la IVe République lorsque, député et vice-président du Parti radical (il incarne la ligne gauche du parti), PMF est investi comme président du Conseil et ministre des Affaires étrangères en juin 1954. Il se donne alors un mois pour conclure la paix en Indochine (après la défaite de Dien Biên Phu), accorde l’autonomie interne à la Tunisie (mais il refusera catégoriquement celle de l’Algérie) et laisse le projet de Communauté européenne de défense (CED) péricliter – craignant la suprématie de l’Allemagne et regrettant l’absence du Royaume-Uni, il votera contre le traité de Rome instituant la CEE. « Gouverner, c’est choisir », titre d’un ouvrage écrit en 1953, deviendra sa devise. En 1953, il participe à la fondation de L’Express, journal qui se veut très vite l’organe de la bourgeoisie de gauche et du mendésisme militant. Renversé en février 1955, démissionnaire du Parti radical, MENDES FRANCE s’oppose au retour de DE GAULLE, homme « certes glorieux et prestigieux, mais dont les intentions sont incertaines » ; il ne cessera de contester les choix économiques et de dénoncer le « régime ultraprésidentiel » du général. Il finira par chercher une nouvelle voie de centre-gauche, se rapprochant de François MITTERRAND.

    Charles DE GAULLE (1890-1970)

    Issu d’une famille bourgeoise du nord de la France (les DE GAULLE étaient en fait une famille de juristes parisiens originaires de la province de Champagne), saint-cyrien, Charles DE GAULLE participe à la Première Guerre mondiale en tant qu’officier ; il est plusieurs fois blessé et fait prisonnier. Entre les deux guerres, il enseigne à l’école de guerre où il défend une stratégie nouvelle de guerre de mouvement, reposant sur l’utilisation de blindés. Mais il n’est pas suivi par l’état-major français. Sous-secrétaire d’État à la guerre en 1940, il est chargé de coordonner l’action avec le Royaume-Uni pour la poursuite du combat. Hostile à l’armistice, il rejoint Londres dès le 17 juin 1940 (il lance son célèbre appel le lendemain à la BBC) et organise la résistance extérieure, puis intérieure notamment grâce à Jean MOULIN. Il s’impose à la tête de la France libre alors que les Américains tentent de lui opposer le général GIRAUD. À la Libération, DE GAULLE devient chef du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF). À ce poste qu’il occupe de 1944 à 1946, il réorganise la France avec l’aide des forces politiques issues de la résistance. En désaccord sur la IVe République avec les principaux partis politiques, il démissionne en janvier 1946 et ne reviendra qu’en 1958, après sa « traversée du désert ».

    Georges POMPIDOU (1911-1974)

    Né dans le Cantal, Georges POMPIDOU incarne la promotion sociale typique incarnée par l’école de la IIIe République : ses grands-parents étaient agriculteurs, ses parents étaient instituteurs, G. POMPIDOU sera haut-fonctionnaire. Normalien, major à l’agrégation de Lettres (il obtient également le diplôme de l’École libre des sciences politiques), il commence par enseigner, d’abord à Marseille, puis à Paris, au prestigieux lycée Henri-IV. Mobilisé en 1940 (parlant allemand, il est nommé officier de renseignement), il retourne la même année enseigner dans la capitale. Il rejettera le régime de Vichy mais restera « passif », selon ses propres mots, sans rejoindre la Résistance (ce qui lui sera reproché par les proches de DE GAULLE). Sa carrière politique commence à la Libération. Alors qu’il a milité, comme son père, dans les milieux de gauche, il devient plume et chargé de mission pour l’Éducation nationale au cabinet du général de Gaulle, grâce à l’entremise de son ancien camarade de khâgne, René BROUILLET. Nommé maître des requêtes au Conseil d’État en 1946 et directeur du commissariat au Tourisme, il participe aux activités du parti gaulliste (sans y adhérer) et se trouve propulsé dans le premier cercle du général dès 1947 qui en fait son directeur de cabinet l’année suivante. Durant la « traversée du désert » de DE GAULLE, et alors qu’il a définitivement abandonné la carrière d’enseignant, POMPIDOU diversifie ses activités et entre au service des frères ROTHSCHILD en 1953, comme administrateur de nombreuses sociétés du groupe bancaire. Il se consacre en outre à plusieurs activités culturelles (il contribuera d’ailleurs à valoriser l’art contemporain en France). Son retour en politique coïncide avec celui du général DE GAULLE, en 1958 (il est au côté du général dès la cérémonie d’investiture). S’il refuse d’entrer au gouvernement, il devient son directeur de cabinet et membre du Conseil constitutionnel en 1959. Homme de l’ombre, Georges POMPIDOU participe à la rédaction de la Constitution, à la préparation des accords d’Evian mais finit par devenir Premier ministre en avril 1962. Il doit ainsi son autorité au général qui procède à une répartition des tâches nette : au président, la politique étrangère et le prestige mondial de la France ; au Premier ministre, « l’intendance », c’est-à-dire les affaires économiques et sociales au service des objectifs d’indépendance et de puissance nationales décrétés par le président. Au cœur des Trente Glorieuses, POMPIDOU incarne l’interventionnisme étatique pour les politiques qu’il lance : industrialisation, aménagement du territoire (création de la DATAR), relance du bâtiment avec la construction de nombreux logements, agrandissement des infrastructures scolaires. Sa visibilité et son poids grandissent progressivement et c’est lui qui assure la gestion des événements de Mai 68 (accords de Grenelle). La fin de règne de DE GAULLE marque une certaine rupture entre les deux hommes ; Georges POMPIDOU est placé « en réserve de la République » et ne cache plus ses ambitions (« appel de Rome » en janvier 1969), devant d’ailleurs faire face à divers scandales (rumeurs compromettantes sur la sexualité débridée de sa femme par exemple). Ayant obtenu l’aval de l’Union pour la défense de la République (UDR, nouvelle dénomination du parti gaulliste) et le ralliement de plusieurs élites (dont Valéry GISCARD D’ESTAING), Georges POMPIDOU devient le deuxième président de la Ve République en 1969. Il engage son mandat sous le signe de la continuité et de l’ouverture et poursuit une active politique de modernisation destinée à rattraper le retard de développement français : cet « impératif industriel » se trouve désormais inscrit en tête des préoccupations de l’État, notamment dans l’automobile, l’agroalimentaire et les secteurs de pointe (nucléaire, aéronautique, aérospatiale). De vastes fusions sont pilotées depuis l’Élysée, donnant naissance à des groupes mondiaux comme Saint-Gobain ou Pechiney. Sa politique économique, dirigiste, permet à la France de connaître le plus fort taux de croissance d’Europe sous son mandat. Sur le plan international, il montre des signes d’ouverture, vis-à-vis des Etats-Unis et de la construction européenne. Sa pratique du pouvoir accentua la présidentialisation du régime, au point que l’on a pu parler de « seconde naissance de la Ve République ». Tout cela, malgré sa disparition précoce, le 2 avril 1974, victime de la maladie de Waldenstrom (cancer hématologique).

    Jacques CHABAN-DELMAS (1915-2000)

    Celui qui deviendra « le sourire du gaullisme » (l’expression est de Jean LACOUTURE) grandit dans la région parisienne où il étudie le droit et les sciences politiques (il sera diplômé de l’École libre des sciences politiques). Son père, Pierre DELMAS (un ingénieur) se sépare de sa mère, professeur de musique à Bordeaux, en 1927. Quelques années plus tard, Jacques DELMAS entre en tant que journaliste financier au quotidien L’Information économique et financière, puis effectue son service militaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, il officie en tant que haut-fonctionnaire au sein du ministère de la Production industrielle mais travaille aussi pour la Résistance (son pseudonyme, choisi en 1943, est « Chaban », du nom d’un château) à qui il fournit des renseignements économiques. Proche de DE GAULLE, il entre en politique à la Libération, intégrant la Parti radical et en briguant la mairie de Bordeaux (qu’il occupera jusqu’en 1995). Il sera également député et ministre sous la IVe République (des Travaux publics, des Transports et du Tourisme dans le gouvernement de Pierre MENDES FRANCE, du Logement ou encore de la Défense), mais aussi Président de l’Assemblée nationale durant l’ensemble de la présidence de DE GAULLE (puis de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988) dont il a soutenu le retour en 1958. Georges POMPIDOU le nomme Premier ministre de 1969 à 1972 mais son projet de « Nouvelle société » (politique centriste élaborée en réaction à Mai 68 qui vise à donner plus d’autonomie aux pouvoirs publics – par la décentralisation – et à favoriser l’émancipation et l’épanouissement de l’individu dans la société par la libéralisation de l’information ou la modernisation du dialogue social) lui portera préjudice : il démissionne le 5 juillet 1972.

    Valéry GISCARD D’ESTAING (né en 1926)

    Valéry GISCARD D’ESTAING (« VGE ») naît dans une famille de la haute-bourgeoise d’origine auvergnate (le nom « D’ESTAING », portée par l’une des aïeules en ligne féminine de la famille, a été rajouté à « GISCARD » par voie administrative en 1922-1923 ; VGE possède de nombreux comtes dans sa lignée et il serait rattaché au roi LOUIS XV). Plusieurs membres de cette famille ont déjà occupé des fonctions politiques (son arrière-grand-père maternel, Agénor BARDOUX, a été ministre de l’Instruction publique sous la IIIe République ; son grand-père, Jacques BARDOUX, a été député) ou appartenu à la haute fonction publique dans le domaine des finances – VGE est ainsi né à Coblence (Allemagne) où son père exerçait la fonction de directeur des finances du Haut-Commissariat français en Rhénanie. Après une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand (Paris), il participe à la libération de la capitale à l’âge de 18 ans, puis s’engage dans l’armée pour les derniers combats de la Seconde Guerre mondiale. Il entre à Polytechnique en juillet 1946 (il est reçu sixième au concours), puis intègre la toute nouvelle Ecole nationale d’administration (ENA) dont il sort sixième, optant pour l’Inspection générale des Finances. Sa carrière politique commence alors à la fois par sa fonction au sein du cabinet du président du Conseil de la IVe République, Edgar FAURE, et par son élection (comme son grand-père) à la députation du Puy-de-Dôme. Favorable à DE GAULLE (même s’il n’appartient pas au parti gaulliste – il est membre du Centre national des indépendants et paysans), il devient secrétaire d’Etat aux Finances (aux côtés d’Antoine PINAY), puis ministre des Finances et des Affaires économiques (1962). Critiqué à la fois pour ses choix libéraux (il s’oppose aux mesures protectionnistes) et sa politique rigoureuse d’équilibre, il perd son poste de ministre en 1965 (mais continue d’exercer au sein de l’Inspection des Finances). De fait, GISCARD D’ESTAING tend à prendre ses distances avec le pouvoir gaulliste en tenant les rênes d’un nouveau groupe politique, les Républicains indépendants (auquel succède la Fédération nationale des républicains indépendants en juin 1966), en tentant d’acquérir une image populaire positive par le biais des élections, et en jouant le jeu du « oui, mais… » avec la politique gaullienne. Allié à la majorité présidentielle, il se permet tout de même de critiquer les décisions de DE GAULLE et ira jusqu’à faire voter « non » au référendum du 27 avril 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation, lequel provoquera la démission du président. Georges POMPIDOU, dont VGE avait soutenu la candidature, lui confie le ministère de l’Economie qu’il conservera jusque 1974. Malgré leur appartenance à un parti différent, le président de la République protège GISCARD D’ESTAING à qui il prédit une « vocation nationale ». Effectivement, VGE remporte les élections présidentielles de 1974 et son septennat sera traversé par les dérèglements économiques en partie issus des chocs pétroliers. Ayant fait campagne sur le thème d’une « société libérale avancée », le nouveau président (il est alors le plus jeune depuis Louis-Napoléon BONAPARTE) tente une certaine forme de rupture en lançant une série de réformes qui touchent plus aux mœurs qu’aux structures économiques de la société française (un ministre des Réformes est même nommé en 1974) : abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, autorisation de l’avortement, tout comme le divorce par consentement mutuel. Le début de sa présidence est donc marqué par une volonté de modernisation qui transparaît dans des initiatives symboliques : titulature des ministres simplifiée, intégration de personnalités issues de la société civile dans le gouvernement (Simone VEIL par exemple), protocole simplifié, fin des écoutes téléphoniques ordonnées par l’exécutif, hymne national joué sur un ton moins agressif, invitation du président – qui conduit sa propre voiture – dans le foyer de certains français, etc. Valéry GISCARD D’ESTAING refuse de dissoudre l’Assemblée nationale, à majorité gaulliste, et nomme au poste de Premier ministre Jacques CHIRAC, avec lequel les tensions vont s’exacerber à l’été 1976. CHIRAC souhaite des élections anticipées pour éviter la victoire de la gauche qui se profile ; VGE s’y oppose et, pour la première fois, un Premier ministre de la Ve République annonce sa démission devant les caméras de télévision. Le président nomme alors Raymond BARRE (qu’il considère comme le « meilleur économiste de France ») à la tête du gouvernement et la défaite de la gauche aux législatives de 1978 permet à l’exécutif de mettre en place des plans d’austérité, impopulaires, qui faciliteront la victoire du socialiste François MITTERRAND aux élections présidentielles de 1981. Désormais ancien président, VGE quitte partiellement les plus hautes fonctions de l’Etat – il refusera le ministère des Affaires étrangères en 1986. Il se consacrera alors à son parti (l’Union pour la démocratie française, fondé en 1978 et qui se ralliera à plusieurs reprises à CHIRAC) et à ses mandats de membre du Conseil constitutionnel (fonction qu’il n’accepte d’occuper qu’à partir de 2004), de député (de 1984 à 2002), ou encore de conseiller général du Puy-de-Dôme (il ne parviendra pas à briguer la mairie de Clermont-Ferrand). Européen convaincu, il intègre les institutions de Bruxelles (il est député européen entre 1989 et 1993) et il est désigné président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, qui, à partir de mars 2002, réfléchit à l’architecture d’une Europe élargie. Néanmoins, le traité établissant une constitution pour l’Europe (TCE) qu’il présente sera rejeté après les référendums français et néerlandais de 2005.

    François MITTERRAND (1916-1996)

    MITTERRAND naît dans la ville charentaise de Jarnac au sein d’une famille bourgeoise, catholique et conservatrice. Dans les années 1930, monté à Paris, il entretient des relations étroites avec les milieux d’extrême-droite, anti-communistes et xénophobes, comme les Volontaires nationaux du colonel DE LA ROCQUE. En septembre 1939, lors de l’engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale et terminant ses études d’avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot. Capturé, il s’enfuit en 1942 et finit par occuper un poste au sein du régime de Vichy (il est chargé de la réinsertion des prisonniers) ; le Maréchal PETAIN lui remet même l’insigne du régime, la Francisque. Il entre dans la Résistance en 1943 et s’y distingue tellement qu’il devient ministre des Anciens combattants à la Libération. Il sera 11 fois ministre (ou secrétaire d’Etat) sous la IVe République, aux premières loges de la guerre d’Algérie par ailleurs (c’est lui qui organise la répression au début du conflit). Principal adversaire de DE GAULLE sous la Ve République, il fonde, le 12 juin 1971, un nouveau parti socialiste sur les ruines de l’ancienne SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), discréditée par son engagement dans les guerres coloniales. Ce « Parti socialiste » l’accompagnera jusqu’à l’Elysée où il régnera 14 ans.

    Michel ROCARD (1930-2016)

    Michel ROCARD est né en août 1930 à Courbevoie (Seine) d’une mère institutrice et d’un père, Yves ROCARD, qui fut l’un des plus grands physiciens français de sa génération. C’est contre l’avis de ce dernier qu’il renonce à une carrière scientifique pour entrer en 1947 à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, où il rencontre Jacques CHIRAC), avant de choisir la voie des carrières publiques en intégrant l’École nationale d’administration (ENA) en 1956. Il en sortira en 1958 et rejoindra le corps de l’Inspection générale des finances. Son entrée en politique tient à son soutien au projet européen (il milite en ce sens dès 1949 au sein des Étudiants socialistes SFIO) et à son opposition à la guerre d’Algérie (il rédigera pour la SFIO un rapport accablant dénonçant les camps de regroupement, allant même jusqu’à assimiler le ministre de la Justice de l’époque, François MITTERRAND, d’« assassin »). Comme d’autres militants ulcérés par la politique algérienne de Guy MOLLET (SFIO), il entre en dissidence et adhère au Parti socialiste autonome (PSA) fondé par Alain SAVARY en 1958 et ensuite intégré dans le Parti socialiste unifié (PSU) en 1960. Après la défaite du général DE GAULLE lors du référendum du 27 avril 1969, Michel ROCARD en appelle à « un pouvoir de transition vers le socialisme ». Hostile aux communistes, favorable à la décentralisation, à l’autogestion et au réformisme économique d’inspiration libérale, il quitte le PSU pour le néo-Parti socialiste (PS) en décembre 1974 où il devient le fer de lance d’une « deuxième gauche ». Après la victoire de François MITTERRAND en 1981, il devient ministre d’État, ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire dans les deux premiers gouvernements dirigés par Pierre MAUROY en dépit de son hostilité aux politiques de nationalisation. Il est nommé ministre de l’Agriculture en 1983, mais il démissionne en avril 1985 pour manifester son opposition à l’instauration du mode de scrutin proportionnel pour les élections législatives de 1986, lequel aurait favorisé l’accession de partis extrémistes, comme le Front national, à l’Assemblée. Malgré leurs nombreuses divergences, François MITTERRAND, réélu pour un second septennat en 1988, choisit Michel ROCARD comme Premier ministre. À la tête du gouvernement, ce dernier signe les accords de Matignon qui mettent fin aux violences en Nouvelle-Calédonie et met en œuvre (en ayant souvent recours à l’article 49-3 de la Constitution, faute d’une majorité suffisante) des mesures qui feront date comme l’instauration du revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988 et de la contribution sociale généralisée (CSG) deux ans plus tard. Congédié en mai 1991, il devient premier secrétaire du PS mais finit par être évincé de la direction à l’issue de mauvais résultats aux élections législatives et européennes. La perspective d’une candidature à l’élection présidentielle de 1995 s’éloigne alors et Michel ROCARD se consacre alors à ses mandats moins exposés (maire de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, sénateur et député européen), tout en conseillant (il préconise une taxe carbone à Nicolas SARKOZY) et critiquant (en particulier François HOLLANDE) le monde politique français.

    Edouard BALLADUR (né en 1929)

    Edouard BALLADUR naît à Smyrne dans une famille de négociants installés depuis trois siècles dans l’Empire ottoman. Quelques années après la dislocation de celui-ci, ses parents s’installent à Marseille. Il s’installe à Paris en 1946 et étudie le droit public à l’Institut d’études politiques (IEP), puis intègre l’ENA (1955). Il choisit alors d’intégrer le Conseil d’État, aux sections Contentieux et Travaux publics. Toutefois, en 1963, il est recruté pour entrer au cabinet du Premier ministre Georges POMPIDOU pour lequel il sera chargé de mission et conseiller, constituant, avec Jacques CHIRAC, la garde rapprochée du futur président – BALLADUR sera nommé au poste prestigieux de secrétaire général de l’Elysée en 1973. A l’arrivée de Valéry GISCARD D’ESTAING à la présidence de la République, il refuse un poste d’ambassadeur (au Vatican) et se tourne vers le secteur privé où il dirigera des entreprises de services informatiques, ainsi que la Société française pour la construction et l’exploitation du tunnel sous le Mont-Blanc. En 1980, il se rapproche de Jacques CHIRAC et contribue aux succès électoraux du nouveau parti gaulliste, le RPR ; il est élu député de Paris en 1986 et devient le ministre de l’Economie et des Finances du premier gouvernement de cohabitation. Les tensions au sein du parti l’éloignent quelque peu de Jacques CHIRAC et ce dernier concède à Edouard BALLADUR le poste de Premier ministre après la victoire de la droite aux élections législatives de 1993. Cependant, alors que les deux hommes s’étaient accordés pour laisser CHIRAC se présenter à l’élection présidentielle de 1995, Edouard BALLADUR, porté par les sondages et le ralliement des centristes (UDF) ainsi que d’une partie du RPR (Charles PASQUA et Nicolas SARKOZY en tête), se lance tout de même dans la campagne mais n’arrivera qu’en troisième position, derrière Jacques CHIRAC en faveur duquel il se désiste immédiatement. Réélu dès septembre 1995 député de Paris, il échouera ensuite à briguer un poste prestigieux (présidence du conseil régional d’Île-de-France, mairie de Paris, présidence de l’Assemblée nationale). Proche de Nicolas SARKOZY, il dirige pour lui un comité pour la réforme des collectivités territoriales ; en 2010, il décline l’offre du président de devenir membre du Conseil constitutionnel et se retire de la vie publique.

    Jacques CHIRAC (né en 1932)

    Fils d’un dirigeant de société aéronautique, Jacques CHIRAC est né à Paris en 1932, mais ses racines sont corréziennes par ses grands-pères tous deux instituteurs. C’est d’ailleurs en Corrèze qu’il passe la guerre, et c’est là qu’il débutera en politique. Envisageant une carrière administrative, il intègre, en septembre 1951, l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, où il rencontre sa future femme, Bernadette CHODRON DE COURCEL), milite quelques temps dans la mouvance communiste et parcourt les Etats-Unis au cours d’une année sabbatique. Après avoir accompli son service militaire en Algérie durant le conflit, il envisage un temps une carrière militaire mais choisit tout de même d’intégrer l’ENA. Gaulliste depuis 1958 selon ses mots, il entre l’année suivante à la Cour des comptes, puis rejoint en 1962 le cabinet du Premier ministre Georges POMPIDOU (lequel le surnomme « mon bulldozer » pour signifier son efficacité). Comme d’autres « jeunes loups » pompidoliens, il se lance dans l’arène politique en devenant conseiller municipal à Sainte-Féréole (berceau de la famille CHIRAC en Corrèze) puis député corrézien (1967). Il ne siège que deux mois à l’Assemblée nationale car commence pour lui, à 35 ans, une longue carrière ministérielle : secrétaire d’État aux Affaires sociales (il participe à la création de l’ANPE), secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances (1968-1971), ministre de l’Agriculture et du développement rural (1972-1974). Il favorise l’accession à la présidence de la République de Valéry GISCARD D’ESTAING – pourtant non-gaulliste – qui le nomme Premier ministre en retour. Reprenant en main le parti gaulliste, renommé Rassemblement pour la République (RPR) en décembre 1976), CHIRAC voit sa relation avec le président s’envenimer autour de questions politiques (il demande la tenue d’élections législatives anticipées pour relancer la droite) et économiques (difficile gestion de la crise économique). Il est le premier chef de gouvernement à remettre sa démission sous la Ve République (été 1976) et devient un adversaire de Valéry GISCARD D’ESTAING (CHIRAC remporte la mairie de Paris contre le candidat présidentiel en 1977). Battu par MITTERRAND aux élections présidentielles de 1981, il revient tout de même à Matignon grâce à la victoire de la droite aux élections législatives de 1986. La cohabitation, difficile, avec le président socialiste ne lui permet pas de briguer l’Elysée et, en 1993, il laissera Edouard BALLADUR devenir Premier ministre. Jacques CHIRAC parvient à maintenir l’unité du parti face à la fronde des rénovateurs (1989), puis celle de Charles PASQUA et de Philippe SEGUIN (1990), plus encore durant la campagne pour le traité de Maastricht auquel il était favorable contrairement à la majorité du RPR. Trahi par E. BALLADUR, son « ami de trente ans », il parvient tout de même à remporter l’élection présidentielle de 1995 au terme d’une campagne impressionnante (menée sur le thème de la réduction de la « fracture sociale »). Atteint dès l’automne de 1995 par l’impopularité du Premier ministre Alain JUPPE (promoteur d’une réforme des retraites très critiquée) qu’il soutient sans réserve, il tente et perd, au printemps de 1997, le pari risqué de relancer la majorité en provoquant des élections législatives anticipées. Deux ans après son entrée à l’Élysée, il doit donc charger son rival socialiste, Lionel JOSPIN, de former le gouvernement et entamer avec lui la troisième cohabitation de la Ve République. Fort d’une popularité constante en dépit des différentes « affaires » où son nom est cité (les emplois fictifs de la ville de Paris par exemple), Jacques CHIRAC est réélu en 2002 (82 % des voix au second tour), dans un contexte particulier, celui de l’accession du Front national au second tour de l’élection présidentielle. Ce second mandat est marqué par d’importantes difficultés (chômage, émeutes de 2005) et un certain désaveu des Français (« non » au référendum constitutionnel européen, manifestations anti-CPE en 2006) malgré un certain prestige à l’international (refus de participer à la guerre en Irak).

    Jean-Marie LE PEN (né en 1928)

    Fils unique né dans une famille modeste du Morbihan, Jean-Marie LE PEN perd son père, pêcheur, durant la Seconde Guerre mondiale (il est tué par une mine remontée sur son chalut) et devient pupille de la nation. Intégrant la faculté de droit de la capitale, il s’investit dans la vie étudiante où il exerce déjà ses talents d’orateurs, tout en militant dans les mouvements d’extrême-droite (Action française par exemple). Il s’engage dans la guerre d’Indochine (conflit durant lequel il se lie d’amitié avec l’acteur Alain DELON) et, à son retour, intégrant le mouvement poujadiste (il devient délégué national de l’Union de défense des commerçants et artisans et animateur de sa branche de jeunesse), il devient en 1956 l’un des plus jeunes députés de France (il accole d’ailleurs durant la campagne son troisième prénom, « Marie », à son premier pour séduire l’électorat catholique). Quelques mois plus tard, il s’engage à nouveau dans l’armée et participe à la guerre d’Algérie pour laquelle on l’accusera d’avoir pratiqué la torture. En conflit avec Pierre POUJADE, il revient siéger à l’Assemblée nationale mais sans étiquette. Battu en 1962, il commence à diriger dès l’année suivante la campagne présidentielle de Jean-Louis TIXIER-VIGNANCOUR (avocat, militant d’extrême-droite et ancien fonctionnaire de Vichy) qui obtiendra 5 % des voix en 1965 – Jean-Marie LE PEN déclare d’ailleurs dans ses Mémoires qu’il a perdu l’usage de son œil gauche par un banal accident lors d’un meeting de cette campagne. Alors qu’il fonde une entreprise d’édition phonographique spécialisée dans l’édition de disques de musique militaire, d’histoire et de discours historiques (ceux de PETAIN, LAVAL, MUSSOLINI ou encore HITLER), LE PEN est approché par les responsables du mouvement néofasciste « Ordre nouveau » pour fonder une structure rassemblant diverses tendances de l’extrême-droite. Né en 1972, le Front national (FN) prétend incarner la « droite sociale, populaire et nationale » mais n’obtient que de piètres scores. En 1976, le testament d’Hubert LAMBERT, ancien militant nationaliste, lui transmet un très confortable héritage, en particulier l’hôtel particulier au parc de Montretout à Saint-Cloud. Bénéficiant d’un écho médiatique (poussé par MITTERRAND qui cherche à diviser la droite), LE PEN et le FN remportent des succès électoraux aux municipales de 1983, puis aux législatives de 1986 grâce à l’introduction de la proportionnelle (35 députés). Miné par des dérapages publics (minimisation de la Shoah) et par des conflits internes (scission du FN en 1998 après l’éviction de l’ambitieux Bruno MEGRET), LE PEN connaît une relative traversée du désert dans les années 1990. Alors qu’il avait presque disparu de la scène politique, il crée la surprise en se hissant au second tour de l’élection présidentielle, le 21 avril 2002. Rassemblant le vote protestataire, LE PEN et le FN ne parviennent pas à élargir leur base électorale, siphonnée par Nicolas SARKOZY (UMP) en 2007. Son déclin politique s’annonce alors et il passe la barre du parti à sa fille, Marine, en 2011. Hostile à la politique de dédiabolisation qu’elle mène, accumulant les frasques médiatiques, Jean-Marie LE PEN, pourtant président d’honneur, est exclu du FN après moults démêlés judiciaires.

    Nicolas SARKOZY (né en 1955)

    Fils d’un immigré hongrois, Nicolas SARKOZY est l’un des rares chefs de l’Etat à ne pas être passé par l’ENA. Après son baccalauréat (obtenu au rattrapage), il suit des études de droit, passe par Sciences Po’ (sans en être diplômé) et devient avocat (il prête serment en 1981). Il participe au congrès de Nice du parti gaulliste en 1975 et prononce un discours remarqué par Jacques CHIRAC. Délégué national des jeunes du RPR (1978-1979), président du comité national des jeunes en soutien à CHIRAC pendant la campagne présidentielle de 1981, il entre au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine (l’une des communes les plus aisées de la banlieue parisienne) en 1977. Six ans plus tard, il s’empare du fauteuil de maire aux dépens de Charles PASQUA dont il pilotait la campagne ! Élu député des Hauts-de-Seine en 1988, il devient secrétaire général adjoint du RPR deux ans plus tard. Pourtant proche de CHIRAC, il opte pour le candidat malheureux Edouard BALLADUR aux élections présidentielles de 1995 (ce dernier lui avait confié deux ans plus tôt le ministère du Budget et le poste de porte-parole du gouvernement). Aux yeux d’une bonne partie des militants du RPR et des plus fidèles soutiens du nouveau président, il est devenu « le traître » et entame une « traversée du désert » jusqu’à la campagne présidentielle de 2002 à laquelle il participe activement en faveur de Jacques CHIRAC. Celui-ci le nommera ministre de l’Intérieur (et non Premier ministre malgré les ambitions de « Sarko »), poste pour lequel il démontre une certaine suractivité et une forte exposition médiatique qui lui permet de préparer sa campagne de 2007. Il prend la tête de l’UMP (successeur du RPR) en 2004 et s’empare ensuite de l’Elysée, prenant les atours d’un « hyperprésident » (considérant son seul Premier ministre du quinquennat, François FILLON, comme un « collaborateur ») au style décomplexé (déclarant par exemple « Casse-toi, pauv’ con ! » à un agriculteur en 2008) et engageant des réformes impopulaires (retraites, mise en place d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale). Battu par François HOLLANDE en 2012, il se retire un temps du jeu pour revenir finalement à la tête de l’UMP en 2014 (le parti sera renommé « Les Républicains »). Cependant, dépassé par François FILLON et Alain JUPPE à la primaire de la droite en 2017, Nicolas SARKOZY amorce un retrait politique depuis ; entré au conseil d’administration du groupe Accor, il est visé par de nombreux démêlés judiciaires.

    François HOLLANDE (né en 1954)

    Né le 12 août 1954 dans une famille conservatrice catholique de la bourgeoisie rouennaise (son père, médecin ORL, partisan de l’Algérie française, a eu une expérience politique à l’extrême-droite ; sa mère, assistante sociale, s’est engagée sur le tard avec le Parti socialiste), François HOLLANDE s’engage très rapidement à gauche. Responsable de l’UNEF à Sciences Po, il intègre HEC où il préside le comité de soutien à François MITTERRAND en 1974, puis entre à l’ENA (la fameuse promotion Voltaire dans laquelle il rencontre la mère de ses quatre enfants, Ségolène ROYAL) où il crée un comité d’action pour la réforme de l’école. A la sortie de l’institution, et alors que son classement (8e) lui permet de viser l’Inspection des finances, il opte pour la Cour des comptes, occupant un poste de conseiller qui lui permet de s’engager activement en politique. C’est ainsi que, après avoir rédigé des notes économiques pour François MITTERRAND durant la campagne présidentielle de 1981, il est recruté à l’Élysée par Jacques ATTALI et, en 1983, promu directeur de cabinet du porte-parole du gouvernement. Son premier mandat électif est plus tardif : il devient député en 1988 dans la circonscription corrézienne de Tulle (qu’il perdra en 1995, pour la regagner ensuite). Partisan, comme Jacques DELORS, d’un certain réformisme de la gauche (social-démocrate, voire social-libéral), il incarne l’aile « droite » du PS et se hisse progressivement, malgré la méfiance, voire l’hostilité, des « éléphants » du parti (Lionel JOSPIN), à la tête de celui-ci (1997). Il restera premier secrétaire du PS jusque 2008, réélu mais mis en difficulté par les tensions internes minant son autorité. Candidat à l’élection présidentielle de 2012, il bat Nicolas SARKOZY et incarne un espoir pour une partie de la gauche, séduite par ses propositions (dont le mariage pour tous). Sa côte de popularité ne fera toutefois que chuter au cours de son mandat, en dépit d’un regain de confiance lié aux opérations au Mali ou à la gestion de la menace terroriste. N’ayant pu accomplir sa promesse de faire reculer le chômage, conspué par les « frondeurs » de son parti pour son inclinaison social-libérale (pacte de responsabilité négocié avec le MEDEF, Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), il est le premier président de la Ve République à ne pas se présenter pour un second mandat.

  • Continuités et ruptures des portraits présidentiels

    Source principale : Gabriel COUTAGNE, « Les portraits présidentiels, une histoire de (fausses) ruptures », Le Monde.fr, 30 juin 2017. La juxtaposition des portraits officiels des présidents français depuis la Libération laisse entrapercevoir ...
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    2009-2019 : la crise de la confiance politique

    Madani CHEURFA, Flora CHANVRIL, 2009-2019 : la crise de la confiance politique, rapport du CEVIPOF (Sciences Po), janvier 2019. Le Centre d’étude de la vie politique (CEVIPOF) mesure depuis 2009 ...
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  • "A l’avant-garde des pays européens pour établir le suffrage universel masculin en 1848, la France fut un des derniers pays à reconnaître leurs droits politiques aux femmes, en avril 1944 ...
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    "En décidant que le chef de l'État sera élu au suffrage universel [...] ; en approuvant après quatre ans d'expérience, la façon dont sont exercées les attributions du Président de ...
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    "Tentaculaire et en même temps inefficace : voilà, nous le savons tous, ce qu'est en passe de devenir l'État, et cela en dépit de l'existence d'un corps de fonctionnaires, très ...
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    Le RPR, parti gaulliste, a remporté les élections législatives de 1986. Jacques CHIRAC, issu du RPR, est alors nommé premier ministre par le président François MITTERRAND. "Depuis des décennies – ...
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    Dans ses mémoires, Charles DE GAULLE rappelle quelques grands traits du gouvernement de la France après la Seconde Guerre mondiale. "On peut dire qu’un trait essentiel de la résistance française ...
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    Avec la mort, hier, de Paul DELOUVRIER, c'est l'un des derniers grands serviteurs de l’État du temps du général DE GAULLE qui vient de disparaître. Inspecteur des finances, il participa ...
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  • TOUT VOIR

    Jean MONNET et le Commissariat au Plan (1949)


    Jean MONNET, Commissaire général au Plan, pose devant la carte des réalisations de la planification, Paris, 1949. Traduction de haut en bas et de gauche à droite : marine marchande, charbon, pétrole et carburant, voitures/camions, acier, tracteurs, blé, chemins de fer, lait, viande, énergie électrique, engrais, ciment. En marge à gauche : balance commerciale.

    AFFICHES

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    ŒUVRES

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    PHOTOGRAPHIES

    Jean MONNET et le Commissariat au Plan (1949)


    Jean MONNET, Commissaire général au Plan, pose devant la carte des réalisations de la planification, Paris, 1949. Traduction de haut en bas et de gauche à droite : marine marchande, charbon, pétrole et carburant, voitures/camions, acier, tracteurs, blé, chemins de fer, lait, viande, énergie électrique, engrais, ciment. En marge à gauche : balance commerciale.

    PRESSE

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    SCHÉMAS & INFOGRAPHIES

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  • TOUT VOIR

    Jacques CHIRAC annonce la professionnalisation des armées (1996)

    Journal télévisé de France 2, 22 février 1996

    L’État instaure le revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988

    Journal télévisé de France 3 (Soir 3), 4 octobre 1988

    Les nationalisations de 1982 et leurs antécédents

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 13 février 1982

    Les conséquences de la décentralisation pour les petites communes (1981)

    Journal télévisé d’Antenne 2, 27 juillet 1981

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    ARCHIVES

    DE GAULLE se défend d’exercer un pouvoir personnel et autoritaire (1965)

    Entretien réalisé à l’occasion de la campagne télévisée officielle pour le second tour de l’élection présidentielle de 1965 (ORTF, 15 décembre 1965)

    Le nouveau franc succède en 1960 au franc Bonaparte

    Actualités filmées, 6 janvier 1960

    Jean MONNET annonce les objectifs du premier plan (1946)

    Actualités filmées, 5 décembre 1946

    Une présentation de l’ENA (1946)

    Actualités filmées, 4 janvier 1946

    L’État nationalise les houillères en mars 1945

    Actualités filmées, 30 mars 1945

    DISCOURS

    L’État, un acteur culturel (1965)

    Extrait d’un discours du général DE GAULLE au cours de sa visite de la maison de la culture de Bourges le 4 mai 1965 (ORTF, 14 mai 1965)

    DOCUMENTAIRES

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    EXTRAITS DE FILM

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    INTERVIEWS

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    PRODUCTION WEB

    REPORTAGES TV

    Jacques CHIRAC annonce la professionnalisation des armées (1996)

    Journal télévisé de France 2, 22 février 1996

    L’État instaure le revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988

    Journal télévisé de France 3 (Soir 3), 4 octobre 1988

    Les nationalisations de 1982 et leurs antécédents

    Journal télévisé de 20h, Antenne 2, 13 février 1982

    Les conséquences de la décentralisation pour les petites communes (1981)

    Journal télévisé d’Antenne 2, 27 juillet 1981

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  • CINEMA

    • Le président (1961). Drame politique d’Henri VERNEUIL avec Jean GABIN, Bernard BLIER, Renée FAURE.
      Un classique du cinéma français, souvent diffusé en marge des élections présidentielles. Or, le « président » en question, Émile BEAUFORT (joué par Jean GABIN) est un (ancien) président… du Conseil (des ministres). Le scénario, signé Michel AUDIARD, s’intéresse à un scandale financier opposant deux générations d’hommes politiques en France.
    • Le promeneur du Champ-de-Mars (2005). Film historique de Robert GUEDIGUIAN avec Michel BOUQUET, Jalil LESPERT, Philippe FRETUN.
      Les dernières semaines de la vie de François MITTERRAND (même si son nom n’est pas énoncé) qui avait l’habitude dese promener dans le Champ-de-Mars (Paris). Ses sorties sont accompagnées par un jeune journaliste à la recherche de leçons de vie et de révélations politiques.
    • Président (2006). Thriller politique de Lionel DELPLANQUE avec Albert DUPONTEL, Jérémie RENIER, Claude RICH.
      Lorgnant sur les thrillers politiques américains, le film tente (mal) de montrer au spectateur les coulisses du pouvoir (à travers les élections présidentielles) et le caractère humain des hommes politiques.
    • L’exercice de l’État (2011). Drame de Pierre SCHOELLER avec Olivier GOURMET, Michel BLANC, Zabou BREITMAN.
      Prix de la critique internationale de la section « Un Certain Regard » du Festival de Cannes 2011, le film confronte le spectateur à la réalité de l’exercice politique. Le ministre des Transports doit faire face à un accident de car ; cet événement fait rejaillir des tensions internes remettant en question son engagement pour l’État.
    • La conquête (2011). Biopic de Xavier DURRINGER avec Denis PODALYDES, Florence PERNEL, Bernard LE COQ.
      Retour sur les cinq années (2002-2007) menant Nicolas SARKOZY à la « conquête » du mandat présidentiel. Passée l’adaptation plus ou moins difficile aux acteurs jouant des personnages très contemporains, le film intéresse pour l’hypermédiatisation de la vie politique qu’il révèle et les débats/tensions internes qui fleurissent durant les campagnes présidentielles.
    • Pater (2011). Comédie dramatique d’Alain CAVALIER avec Vincent LINDON, Alain CAVALIER, Bernard BUREAU.
      Un film complexe, possédant plusieurs niveaux de lecture, sur la relation (et les dialogues, improvisés) entre un Président de la République et son Premier Ministre.
    • Quai d’Orsay (2013). Comédie de Bertrand TAVERNIER avec Thierry LHERMITTE, Raphaël PERSONNAZ, Niels ARESTRUP.
      Adapté de la bande dessinée éponyme de Christophe BLAIN et Abel LANZAC (Dargaud), le film est une plongée cynique et ironique dans les arcanes du Quai d’Orsay, siège du Ministère des Affaires étrangères. Le personnage principal, Arthur VLAMINCK, jeune diplômé de l’ENA aux convictions socialistes, est engagé pour écrire les discours du ministre (de droite) largement inspiré par Dominique DE VILLEPIN (ministre sous la présidence de J. CHIRAC).

    TÉLÉVISION

    • L’école du pouvoir (2009). Mini-série en 2 parties (Canal Plus) créée par Raoul PECK avec Robinson STEVENIN, Élodie NAVARRE, Céline SALLETTE.
      La série suit cinq élèves de la fameuse promotion Voltaire (celle-là même dont sont issus François HOLLANDE ou Ségolène ROYAL) de l’École nationale d’administration (ENA). Désirant changer le système dans les hautes sphères de l’État, ils sont rapidement confrontés à la réalité des affaires à l’heure où un premier président de gauche, François MITTERRAND, arrive au pouvoir.
    • Baron noir (2016-). Série en cours (Saison 1 en 8 épisodes commencée en 2016 – Canal Plus) créée par Eric BENZEKRI et Jean-Baptiste DELAFON avec Kad MERAD, Niels ARESTRUP, Anna MOUGLALIS.
      Une série sous influence américaine (House of Cards entre autres) qui dépeint la difficile reconquête du pouvoir d’un député du Nord (la série a été en partie tournée à Dunkerque) trahi par un ancien mentor.

    MUSIQUE

    A venir

    LITTÉRATURE

    A venir

    BANDE DESSINÉE

    A venir

  • DOC. PHOTO ET TDC

    • « Voter en France de 1789 à nos jours » (Mathilde LARRERE), Documentation photographique, n°8122, mars-avril 2018.
    • « La société française de 1945 à nos jours » (Ludivine BANTIGNY, Jenny RAFLIK, Jean VIGREUX), Documentation photographique, n°8107, septembre-octobre 2015.
    • « Histoire culturelle de la France au XXe siècle » (Pascale GOETSCHEL), Documentation photographique, n°8077, septembre-octobre 2010.
    • « France : aménager et développer les territoires » (Nacima BARON-YELLES), Documentation photographique, n°8067, janvier-février 2009.

    OUTILS DE TRAVAIL

    • Déborah COHEN, Antoine DESTEMBERG, Aurélia DUSSERRE, Arnaud HOUTE, Nouvel atlas de l’histoire de France, Autrement, 2016, 191 p.
    • Aurélia DUSSERRE, Arnaud-Dominique HOUTE, Atlas de la France au XXe siècle, Autrement, 2018, 96 p.
    • Michel FOUCHER (dir.), Atlas de l’influence française au XXIe siècle, Robert Laffont, 2013, 180 p.
    • Bernard PHAN, Chronologie de la France au XXe siècle, Seuil, coll. « Points », 2009, 214 p.
    • Jean-François SIRINELLI (dir.), Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PUF, 1 152 p.

    LA FRANCE DEPUIS 1945 : OUVRAGES GENERAUX

    • Ludivine BANTIGNY, La France à l’heure du monde de 1981 à nos jours, Seuil, coll. « Univers historique », 2013, 528 p.
    • Jean-Jacques BECKER, Pascal ORY, Crises et alternances (1974-2000), Seuil, coll. « Points Histoire », 2002, 800 p.
    • Jean-Jacques BECKER, Histoire politique de la France depuis 1945, Armand Colin, 2015 (11e édition), 288 p.
    • Serge BERSTEIN, Jean-Pierre RIOUX, La France de l’expansion, 2 tomes, Seuil, coll. « Points Histoire », 1989 et 1995, 375 et 332 p.
    • Georgette ELGEY, Histoire de la IVe République, Fayard, 6 tomes entre 1965 et 2012.
    • Jean GARRIGUES, La République incarnée, de Léon Gambetta à Emmanuel Macron, Perrin, 2019, 464 p.
    • Jean GARRIGUES, Sylvie GUILLAUME, Jean-François SIRINELLI (dir.), Comprendre la Ve République, PUF, 2010, 544 p.
    • Jean GARRIGUES (dir.), La France de la Ve République (1958-2008), Armand Colin, 2008, 628 p.
    • Pascale GOETSCHEL, Bénédicte TOUCHEBOEUF, La IVe République. La France de la Libération à 1958, Le Livre de poche, 2004, 576 p.
    • Gérard NOIRIEL, Une histoire populaire de la France, de la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, 2018, 830 p.
    • Jean-Pierre RIOUX, La France de la IVe République. 1. L’ardeur et la nécessité (1944-1952), Seuil, coll. « Points Histoire », 1983, 336 p.
    • Jean-Pierre RIOUX, La France de la IVe République. 2. L’expansion et l’impuissance (1952-1958), Seuil, coll. « Points Histoire », 1983, 382 p.
    • Arnaud TEYSSIER, Histoire politique de la Ve République, Perrin, coll. « Tempus », 2011, 840 p.
    • Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Christian DELACROIX, La France du temps présent (1945-2005), Belin, 2014, 653 p.

    ETAT, POUVOIR ET ADMINISTRATION EN FRANCE

    • Philippe BEZES, Réinventer l’Etat. Les réformes de l’administration française (1962-2008), PUF, 2009, 544 p.
    • François BURDEAU, Histoire de l’administration française du XVIIIe au XXe siècle, Montchrestien, 1994 (2e édition), 377 p.
    • Dominique CHAGNOLLAUD, Le premier des ordres. Les hauts-fonctionnaires (XVIIIe-XXe siècle), Fayard, 1991, 398 p.
    • Jean-Michel EYMERI, Xavier BIOY, Stéphane MOUTON (dir.), Le règne des entourages. Cabinets et conseillers de l’exécutif, Presses de Sciences Po, 2015, 876 p.
    • Michel MARGAIRAZ, Danielle TARTAKOWSKY, L’Etat détricoté, de la Résistance à la République en marche, Détour, 2018, 222 p.
    • Pierre ROSANVALLON, L’Etat en France de 1789 à nos jours, Seuil, 1993, 369 p.
    • Nicolas ROUSSELLIER, La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France (XIXe-XXIe siècles), Gallimard, 2015, 848 p.
    • Pierre VILLARD, Louis-Augustin BARRIERE, Histoire des institutions publiques de la France de 1789 à nos jours, Dalloz, 2013 (10e édition), 254 p.

    LA VIE POLITIQUE EN FRANCE

    • Éric AGRIKOLIANSKY, Les partis politiques en France, Armand Colin, 2016 (3e édition), 128 p.
    • Dominique CHAGNOLLAUD, La vie politique en France, Seuil, coll. « Points Essais », 1993, 480 p.
    • Jean-Jacques BECKER, Gilles CANDAR (dir.), Histoire des gauches en France. Volume 2 : XXe siècle, à l’épreuve de l’histoire, La Découverte, 2005, 588 p.
    • Christophe BOURSEILLER, A gauche, toute ! Trotskistes, néo-staliniens, libertaires, « ultra-gauche », situationnistes, altermondialistes…, CNRS Editions, 2009, 214 p.
    • Jacques JULLIARD, Les gauches françaises. 1762-2012 : histoire, politique et imaginaire, Flammarion, 2012, 904 p.
    • René REMOND, Les droites en France, Aubier, 1982, 544 p.
    • Gilles RICHARD, Histoire des droites en France (1815-2017), Perrin, 2017, 592 p.
    • Jean-François SIRINELLI (dir.), Histoire des droites en France, 3 tomes, Gallimard, 2006, 868, 798 et 980 p.
    • Sylvie GUILLAUME (dir.), Le centrisme en France aux XIXe et XXe siècles : un échec ?, MSH, 2005, 182 p.
    • Jean-Pierre RIOUX, Les centristes, de Mirabeau à Bayrou, Fayard, 2011, 320 p.
    • Valérie IGOUNET, Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, Seuil, 2014, 495 p.
    • Michel WINOCK (dir.), Histoire de l’extrême droite en France, Seuil, coll. « Points Histoire », 2015, 336 p.

    LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LA FRANCE

    • Alain BINET, La France dans le monde depuis 1945, Ellipses, 2005, 143 p.
    • Frédéric BOZO, La politique étrangère de la France depuis 1945, Flammarion, coll. « Champs Histoire », 2012, 310 p.
    • André CORVISIER (dir.), Histoire militaire de la France. Tome 4 : de 1940 à nos jours, PUF, 1997, 704 p.
    • Jacques DALLOZ, La France et le monde depuis 1945, Armand Colin, 2014 (2e édition), 240 p.
    • Jean DOISE, Maurice VAÏSSE, Diplomatie et outil militaire. Politique étrangère de la France (1871-2015), Seuil, coll. « Points Histoire », 2015, 768 p.
    • Sylvie LE CLECH, Michel HASTINGS, La France en guerre froide. Nouvelles questions, Editions universitaires de Dijon (EUD), 2015, 256 p.
    • Maurice VAÏSSE, La puissance ou l’influence ? La France dans le monde depuis 1958, Fayard, 649 p.